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Pierre Pottier, vers un siècle de vie dans le Vieux-Mons

Pierre Pottier est né en 1933 dans le Vieux-Mons dans une maison proche de l’église Saint-Pierre. Il y a passé toute son existence. Il est désormais l’un des plus vieux Monsois. 

Pierre Pottier dans sa maison de la rue Rollin, à laquelle sont attachés beaucoup de souvenirs.

Le père et le grand-père de Pierre s’appelaient Pierre.

C’est aussi le prénom de son fils et de son petit-fils. La seconde Guerre Mondiale a marqué l’enfance du Monsois. En 1939, Pierre, le père, est mobilisé pour défendre les frontières. Il est fait prisonnier par les allemands. Il va passer cinq ans dans un stalag d’Outre-Rhin et ne rentrera qu’en 1945. Pierre Pottier a gardé une photo de cette époque : un repas au café de la Mairie qui se trouve à deux pas, organisé en l’honneur du retour des prisonniers de la commune. 

Au Café de la Mairie, en 1945, on fête le retour des prisonniers. Pierre, table de gauche, a bien changé.

A Mons, aussi, la guerre s’est invitée.

Fin mai 1940, les allemands occupent la commune. On les voit dans les champs et dans les parcs où ils creusent des tranchées. Ils ont entrepris le siège de la ville voisine de Lille. Des bombardement aveugles s’abattent sur ce quartier du Vieux-Mons. Les habitants s’organisent. « Dans la grande maison voisine, monsieur Gras, le propriétaire, avait aménagé le sous-sol avec des lits séparés par des rideaux. Cela permettait à plusieurs familles de la rue Rollin de venir s’y abriter », raconte PierreMais, le 28 mai 1940, lors d’un bombardement qui va détruire plusieurs pâtés de maisons de l’actuelle rue du général-de-Gaulle, le jeune Pierre avait échappé à la vigilance de sa mère. Il était au deuxième étage de la grande maison, dans la salle de bains. Penché à la fenêtre il observait le ballet des avions et l’impact des bombes, sans conscience du danger.

En 1947, Pierre rejoint l’imprimerie de son père au 153 rue du général-de-Gaulle (actuellement, le Crédit Mutuel).

Sous sa direction, il apprend la typographie : disposer ligne par ligne des caractères de plomb en relief qui servent à imprimer le texte. Mais, il est aussi l’homme à tout faire de la petite entreprise. Avec son vélo, il fait le lien avec les clients de l’imprimerie : « On imprimait beaucoup de menus travaux : cartes de visites, faire-part, papiers à en-tête pour le compte des librairies lilloises du centre et du Vieux-Lille. C’est moi et mon vélo qui allaient livrer les travaux fraîchement imprimés », explique Pierre.

Le vélo l’a accompagné tout au long de son existence. Chaque week-end, il se lançait dans des périples de plusieurs dizaines de kilomètres et, la retraite arrivée, ces longues chevauchées deviennent quotidiennes. Il y a dix ans, en vacances en montagne il effectuait encore un parcours de cinquante kilomètres avec au programme le franchissement de plusieurs cols. « Le vélo a toujours été ma passion. J’ai fait deux fois le Paris-Roubaix en amateur. Je n’ai raccroché ma monture qu’en janvier dernier. Je suis encore capable de rouler mais enfourcher le cadre commençait à devenir un problème. »

Pierre a toujours été sportif. Le jour de ses 80 ans, il effectue un baptème de l’air en aile volante.

Dans les années 1950 Pierre rejoint l’imprimerie de Nord-Matin

« Elle était située dans le quartier Saint-Sauveur, dans une petite rue qui donnait dans la rue de Paris », précise Pierre. « C’était une ancienne église reconvertie avec des plafonds de pierre, voutés, très hauts et des vitraux colorés en guise de fenêtres. Il y avait des possibilités de stages de perfectionnement. J’ai appris à me servir de la « linotype ». Elle a permis un grand gain de temps par rapport à la typographie »

Puis l’imprimeur rejoint le grand journal régional La Voix du Nord où il va rester vingt ans jusqu’à sa retraite. Là, il va connaître une nouvelle technique, l’offset et passer maître dans l’art de développer des films et de les monter sur une table lumineuse avant que tout cela ne soit balayé par l’arrivée de l’informatique ». « Finalement, dans mes différents emplois d’imprimeur, j’aurai accompagné toutes les révolutions du métier », philosophe-t-il. 

A Mons, Pierre a beaucoup de souvenirs.

En tant qu’ancien combattant d’Algérie, Il n’a jamais raté une cérémonie au monument aux morts qui se trouve à quelques mètres de chez lui. Il a été  en tant que clarinettiste, un pilier de l’Harmonie municipale qui participait à divers évènements en France et à l’étranger et répétait au café « Le Drapeau », situé à quelques mètres de son domicile. Pendant toutes ces années, il a accompagné son quartier qui a beaucoup changé. « Avant, ici et sur la place de l’église c’était la fête foraine. La rue était noire de monde et la sono des manèges infernale. On allait passer nos week-ends sur la côte pour fuir les nuisances. » Aujourd’hui, tout est calme dans la petite rue Rollin.

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