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Electrosensibilité : C’est le plus grand désordre dans l’Ordre des médecins
L’inspection générale des Finances vient d’épingler l’Ordre des médecins pour sa gestion calamiteuse pour ne pas dire illicite de ses finances et pour ses nombreuses négligences dans l’accomplissement des tâches qui lui sont dévolues.

L’Ordre des médecins a été fondé en octobre 1940 par le régime du maréchal Pétain.
Ainsi, pendant la Guerre, instaure-t-il un numérus clausus pour les médecins juifs. Leur mise en fiche va être un outil utile à l’Occupant pour les envoyer – ainsi que leur famille – en camp de concentration. Naturellement, après 1944, on va tourner la page. Mais il va rester un peu de cet esprit fondateur. L’exercice illégal de la médecine doit être contrôlé par des instances compétentes, mais ce rôle de répression de l’Ordre est parfois contestable et contesté. Les personnes électro-sensibles sont aux premières loges pour en témoigner. Ainsi, le professeur Belpomme, cancérologue réputé, est-il, en 2018, dans le collimateur de l’Ordre des médecins. On lui reproche ses appréciations négatives sur la dangerosité des champs électromagnétiques de haute et de basse fréquence. Il a été dénoncé à l’Ordre par le médecin d’EDF, c’est-à-dire quelqu’un de parfaitement neutre et indépendant. Dominique Belpomme a diagnostiqué pour certains de ses patients un syndrome d’électrohypersensibilité.
Il accompagne ce verdict de certificats médicaux
mentionnant un « syndrome d’intolérance aux champsélectromagnétiques (une cinquantaine parmi une patientèle de plusieurs milliers de personnes). La motivation de cette plainte d’EDF a pour origine l’utilisation de ces certificats devant les tribunaux afin que l’opérateur d’énergie retire son compteur Linky. Selon les requérants, ils seraient à l’origine de leurs ennuis de santé. Il n’est pas certain que ces certificats médicaux aient eu un rôle déterminant. L’aspect de ces patients, atteints le plus souvent de cancers, avec leurs têtes de morts-vivants, a sans doute motivé, plus que le reste la compassion des juges. Pour le Conseil de l’Ordre, ces certificats médicaux « sont abusifs ». Il relève des « similitudes » dans leur rédaction. Ainsi, le Conseil, outre ses compétences en matière de médecine institutionnelle est-il aussi l’arbitre des bonnes mœurs de la littérature. Il a infligé un blâme au professeur Dominique Belpomme, ce qui, dans l’échelle des sanctions est tout à fait modeste. Une attitude plus rigoriste contre ce grand médecin, auteur de livres reconnus et de nombreuses études scientifiques publiées dans les meilleures revues internationales, aurait pu être contreproductive pour ses procureurs.

Cette condamnation a cependant permis d’affubler Dominique Belpomme de l’adjectif « controversé » et de le dénigrer dans les médias. Là aussi, la sanction n’est pas la plus sévère. Il existe aussi « sulfureux » et le summum, « complotiste ». Quand une information gêne les intérêts des puissants, la presse qui les défend n’essaie jamais de contre-argumenter. Elle s’attaque ad-hominem au messager, jetant sur lui le discrédit en l’affublant de divers noms d’oiseaux. Ensuite, on pilonne l’élément de langage choisi, sans relâche, et, à force de le répéter en boucle, cela devient une vérité alternative. Les médias souffrent de « psittacisme » encore appelé « syndrome du perroquet » qui frappe des individus qui répètent des formules de manière compulsive sans forcément en saisir vraiment la signification. C’est une maladie relativement grave sur laquelle les psychiatres ont peu de prise. Pour donner une caution scientifique à ces campagnes d’influence, le rôle de l’Ordre est des plus utiles.
Un autre cas dans lequel l’Ordre s’est particulièrement illustré est celui du docteur Dieuzaide.
Gérard Dieuzaide est chirurgien-dentiste et posturologue.
Il exerce à Toulouse mais sa renommée est telle qu’il reçoit des patient(e)s de toutes les régions de France et de l’étranger. Ainsi une dame de la région bordelaise vient le consulter pour lui faire part de symptômes handicapants d’électrosensibilité. Selon le praticien, la cause principale de ses problèmes est à rechercher dans le type de résine de l’appareil dentaire de la patiente. Il écrit une lettre pour sa confrère, afin qu’elle procède à un changement de la prothèse. Mais cette dernière ne l’entend pas de cette oreille. Pas question de se laisser impressionner par cet avis de charlatan venu d’ailleurs. La patiente – qui souffre – obtient que le travail puisse être fait par un autre dentiste de la ville de Bordeaux. Quelques jours après l’intervention, elle revit et se porte comme un charme. L’histoire aurait pu s’arrêter-là. Mais la dentiste, auteure du premier travail, traduit Gérard Dieuzaide devant le Conseil de l’Ordre. La situation frise le ridicule. Des voix s’élèvent pour protester. Devant le buzz qui enfle, la dentiste bordelaise retire sa plainte. Une association bienveillante qui regroupe pour l’essentiel des médecins et des membres des professions médicales écrit : « Le docteur Dieuzaide est accusé par l’Ordre d’avoir guéri une patiente ». « Exercice illégal de la guérison » ,renchérit le bon docteur Dieuzaide. Malgré le ridicule de la situation, l’Ordre persiste et signe. A l’issue d’une bataille juridique épique, il condamne le « docteur Dieuzaide à l’interdiction temporaire d’exercer pour une durée de six mois, dont quatre avec sursis, assorti d’une amende de 1 500 € ». Le docteur Dieuzaide essaie de partager son combat sur les réseaux sociaux et dans les médias où il n’est pas le bienvenu.

A la fin il fera paraître sa version de cette ténébreuse affaire dans un livre, « L’Autorité de l’Ignorance » que l’on trouve désormais dans toutes les bonnes librairies au prix de 20 €. On y apprend –entre autre – que l’Ordre continue à soutenir l’usage du mercure dans les amalgames posés dans la bouche des patients contre l’avis documenté de milliers d’études scientifiques. Ces deux exemples sont particulièrement édifiants mais il en existe bien d’autres. L’Ordre, par son action, s’est construit une réputation de gardien de l’ordre établi en matière de bonnes pratiques du corps médical. Ainsi, est-il appelé à la rescousse par tous ceux, particuliers ou institution, qui partagent les mêmes valeurs.
Ainsi, la « Société Française de Santé au Travail », une association au financement essentiellement privé, qui mène grand train en organisant force colloques, congrès et rapports se penche sur le cas des personnes électrosensibles. Ce document d’une centaine de pages, rédigé à la manière d’une thèse médicale s’intitule « Personnes se déclarant électrohypersensibles » Ce titre résume le propos. Selon la SFST ces personnes prétendant être affectés par les effets de la pollution électromagnétique sont des simulateurs qui relèvent surtout de la psychiatrie. Pas question, par conséquent, de conseiller aux patients la sobriété en matière d’exposition aux champs électromagnétiques : « Dans l’état actuel de la science, les mesures d’évitement n’ont pas fait la preuve de leur efficacité et ne peuvent donc pas être recommandées en l’état actuel des connaissances »
C’est un peu comme obliger une personne alcoolique à consommer encore plus d’alcool !
Mais, si le patient est mal en point, aucune pitié ne sera tolérée : « Un certificat qui aurait été écrit sans examen clinique et paraclinique soigneux pourrait être considéré comme un certificat de complaisance selon l’article R4 1127 28 du code pénal. Le médecin pourra s’appuyer sur les conseils avisés de l’Ordre des médecins ». En d’autre termes, ce texte menace les médecins compatissants aux personnes malades des ondes des foudres du Conseil de l’Ordre. L’Ordre est à l’exercice de la médecine, en France, ce que la Cour suprême est à l’application des lois aux Etats-Unis. L’Ordre serait une sorte de conseil des sages, ultime recours pour résoudre las cas litigieux.

Mais voici que la réputation de l’institution vacille avec un rapport de l’Inspection générale des Finances. « Villas avec piscine, restos, taxis, champagne, l’IGF est très critique sur les dépenses de l’organisation », écrit le Canard Enchaîné (18/03/2026). On apprend que l’Ordre, grâce à la cotisation obligatoire de 335 euros par médecin dispose d’un pactole de 111 millions par an. Passons sur la longue liste des heureux bénéficiaires et les avantages en nature ou en argent sonnant et trébuchant détaillés par le Canard. Il y a plus gênant : l’inertie de l’Ordre face aux signalements pour agression sexuelle. Par exemple, le cas de Joël le Scouarnec condamné pour le viol de 299 victimes était connu depuis 2005. Le praticien n’a jamais été sanctionné. On peut parler, a minima, d’une forme de négligence. Ainsi, d’après le Volatile, l’Ordre qui s’investit dans les dossiers accessoires est aux abonnés absents pour s’attaquer à ceux qui sont essentiels. Du coup, la rigueur de l’Ordre, réputé au-dessus de la mêlée en prend un coup, surtout auprès des « Personnes se déclarant électrohypersensibles .»
Article voisin :
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