Views: 95
Charles Pottier (1863-1955), retour vers la terre natale
Au début du XXe siècle Charles Pottier, prospère industriel lillois, fait construire sa nouvelle demeure, route de Roubaix, un lieu très prisé de la bourgeoisie de la « Belle-Epoque », A la différence de ses voisins, Charles était né dans la commune.

Quelques années avant la première Guerre mondiale, Charles Pottier, acquiert une vaste parcelle, au n° 178 de la route de Roubaix (actuellement rue du général-de-Gaulle). Il a le projet d’y faire construire sa maison.
L’architecte qu’il a choisi est un futur voisin. Il s’appelle Gabriel Pagnerre.
Son tempérament exubérant correspond aux goûts de la clientèle fortunée de l’agglomération lilloise d’alors. Ce quartier en construction, au parfum de discrète bourgeoisie, est très prisé des riches négociants et industriels du secteur. Cet endroit de la route de Roubaix est à deux pas de tout, avec une ligne de tramway très récemment électrifiée. On vient aussi de prolonger la canalisation qui amène le gaz. Il est produit à Wazemmes, un quartier lillois très pollué, Ainsi, tout en habitant la campagne, peut-on bénéficier des commodités de la ville, telles que le chauffage et l’éclairage permises par le gaz urbain. Charles, issu d’une famille modeste, est le troisième d’une fratrie de sept enfants.
En 1850, Le père, Auguste, était venu s’établir dans la paroisse Saint-Pierre, comme bedeau. Il était l’assistant du curé et s’occupait des jeunes du patronage. Si tous les enfants d’Auguste ont fait une belle carrière, Charles est celui dont l’ascension sociale a été la plus éclatante. Il trouve un emploi de cadre bien rémunéré dans la société Agache qui possède plusieurs filatures de lin. Au cœur du système, il a accès à des informations très confidentielles. En 1899, il a vent d’une filature lilloise de lin, la Linière Saint-Sauveur, qui cherche un repreneur. Il fait le tour de la famille pour emprunter de l’argent et trouve deux associés. Cela lui permet de fonder son entreprise en 1901.

Charles, va orienter la production vers les secteurs les plus rentables et rationaliser la Société. En 1909, il fait construire une nouvelle usine en béton armé – une technique très innovante pour l’époque –. Il va pouvoir y regrouper sa production de 10 000 broches. Les affaires de Charles sont florissantes. Sa maison de Mons est emblématique de sa réussite financière. Charles, pendant presque 30 ans, est le trésorier du Syndicat des Filateurs de Lin de la région du Nord.
A Mons, aussi, il est très influent.
Il est l’un des piliers de la société des « Habitations Bon Marché », le lointain ancêtre de nos sociétés d’HLM. Il exerce aussi des responsabilités dans nombre d’associations locales. Il est le président-bienfaiteur de l’Harmonie Municipale. Comme trois de ses frères il y sera aussi musicien. Il jouera du tuba jusqu’au début des années 1950. Charles est un excellent orateur. A l’Harmonie comme à l’église ses discours sont très attendus. Ainsi, au jubilé d’Auguste, en 1907, c’est lui qui, à l’église Saint-Pierre, prononcera le discours en l’honneur de son père. Charles était un membre très important de la communauté catholique de la paroisse Saint-Pierre.
En 1905 lorsqu’est adopté la loi de séparation des Églises et de l’État et que des agents de l’administration des domaines vont procéder à l’inventaire des biens des églises, les choses ne se sont pas très bien passées dans la paroisse, au point que le préfet avait réquisitionné la force publique. Pendant tout le temps de présence des agents de l’Etat, les paroissiens, regroupés dans leur église ont entonné des chants religieux. Il fait peu de doute que Charles participait à cette assemblée. L’épisode ne manque pas de sel. En 1901, Victor Lelièvre, le seul maire communiste de l’histoire de la commune est élu. Il sera régulièrement réélu jusqu’à la fin de la première Guerre mondiale. L’une des premières décisions du nouveau maire fut d’interdire toute procession religieuse dans l’enceinte de sa commune. Victor, brasseur et cabaretier, était établi au n° 177 de la route de Roubaix. L’ambiance devait être charmante dans ce quartier résidentiel, à la « Belle Epoque ». Charles, jusqu’à sa mort en 1955, vivra avec ses deux filles dans la grande maison de Mons.








