Les cloches de l’église Saint-Pierre et leur Histoire écrite – ou photographiée – par les Monsois

Les deux cloches de Saint-Pierre viennent d’avoir cent ans : l’occasion était belle de produire un article sur l’évènement. Des lecteurs du Blog en ont profité pour compléter…

Les cloches de l’église Saint-Pierre et leur Histoire écrite – ou photographiée – par les Monsois

La Victoire et la Paix les deux coches de l’église Saint Pierre, photos, Roger Palavit

A propos de l’agrandissement de l’église et des nouvelles cloches

(texte manuscrit d’Albert Lebon)

Albert Lebon était passionné par l’histoire locale, particulièrement celle de sa paroisse.  Cet élu de la commune ( 1959, 1977),  conseiller municipal, puis adjoint aux finances, curieux de tout et amoureux de sa ville, peignait et photographiait les lieux qui avaient vocation à disparaître.  Grand familier des archives de la Mairie et de la Paroisse, il en écrivait la synthèse.  Il est en quelque sorte le grand-père du groupe « Mémoire et Patrimoine », animé par Brigitte Séverin qui prépare l’exposition pour le centenaire des cloches de l’église Saint-Pierre. Il décrit l’installation des nouvelles cloches de 1921 remplaçant celles confisquées en 1917 et les travaux de consolidation et d’agrandissement de l’édifice. Le vieux bâtiment construit en 1844 était venu vétuste. Défaut de construction, selon certains, dommages collatéraux de l’Explosion de Dix-huit-Ponts (un dépôt de munitions allemand), selon d’autres, comme beaucoup de bâtiments du secteur ébranlés par cette catastrophe, survenue en 1916.

L’intérieur : disposition des lieux

L’agrandissement de l’église : seulement en longueur, plus de 18 mètres.

Toujours trois nefs :

  • La grande nef est large de 8, 85m
  • Les petites de 4,10m 
  • Elles sont séparées par des pilierss séparés de 4,40 m en pierre bleue de Soignies (Belgique).

 Trois travées ont été ajoutés en 1931–1932. Il y a aussi six piliers au lieu de trois de chaque côté. Le banc de communion a été reporté à hauteur des sixièmes piliers. On voit son ancien emplacement à la différence entre les carrelages anciens ( plus grands et plus usés) et les nouveaux.

Les Chœurs :

 Le chœur a été reculé de 18 m. Autrefois, d’illimité par cinq pans de murs droits, et maintenant arrondis, sous l’extrémité en cul-de-four, de la voute.

 Les chapelles latérales du Sacré-Cœur et de la Sainte-Vierge ont été déplacées d’autant. Il avait été projeté d’ajouter deux autres chapelles latérales il se seraient fait face, à hauteur de la sixième travée. Mais, ceci n’a pas été réalisé, peut-être à cause des complications qui auraient suscitées celles du côté Nord, quant à son emprise.

Les Cloches

Le 18 décembre 1921, nouvelles cloches :

  • Cloche de la Victoire, 860 kg, Fa naturel.  Parrain et Marraine, Georges Maquet, Madame Charles Pottier.
  • Cloche de la Paix, 365 kg, La dièse. Parrain et Marraine, deux orphelins de guerre, jean Hoet, , 9 rue Spriet-Tellier dont le père est décédé de ses blessures le 25 mai 1914 à Troyes et Raymonde Demay,  cinq pavillon Bon-Air rue du Quesnelet) dont le père est mort en captivité en Westphalie le 7 décembre 1917.  Les cloches sont payés par indemnisation des dommages de guerre dans la limite du poids de celles enlevées et par la souscription pour le métal ajouté, soit 197 kg sur les 1225. »

Bulletin paroissial d’octobre 1921

A propos des cloches :

« C’est la maison Wauthy, de Douai, qui est chargée de la fonte de nos cloches qui seront entièrement payées par la reconstitution jusqu’à concurrence du poids des anciennes cloches, c’est-à-dire pour 1028 kilos.

On sait que les cloches, qui ont été enlevée par le Allemands le 22 mars 1917, s’appelaient Henriette et Pierre. Elles avaient été consacrées en 1885 et avaient eu pour parrain, François Andriés et pour marraine Mme Céline Cuvelier. Elles ont coûté 3 000 francs et furent payées par des souscriptions recueillies dans la paroisse, sauf un don de 600 francs offert par le Conseil municipal. 

D’après les conseils des maîtres en la matière, il serait bon de profiter des circonstances pour ajouter un certain nombre de kilos de métal à la petite cloche qui ne pèse que 219 kilos. Il y aurait ainsi plus d’équilibre entre les deux cloches et une sonorité plus harmonisée

Nous pensons que les paroissiens ne refuseront pas de fournir environ 150 kilos de métal pour rendre la sonnerie plus harmonieuse et lus impressionnante. Ne trouverait-on pas à Mons-en-Barœul   sur 1 500 familles, 150 qui seraient disposées  à  payer un  kilo  de métal,  soit 12 fr.50.

Cette modique somme demandée à quelques familles ne nuira pas, nous en avons la confiance, à la souscription organisée en ce moment pour le Monument des soldats. Les catholiques, qui sont tous de bons patriotes, seront les premiers à souscrire pour élever à nos soldats un monument digne de leur héroïque dévouement. Ainsi deux choses excellentes seront achevées par les soins de la Municipalité et de tous les habitants qui aiment l’embellissement de leur petite patrie. »

Le Baptême 

« C’est donc le 18 décembre, aux vêpres à 3 heures, que nos cloches de la Victoire et de la Paix seront consacrées par Mgr Margerin, au nom de Mgr l’Evêque de Lille.

Le parrain et la marraine de la Victoire seront M. Georges Maquet-Delcourt et Mme Charles Pottier-Menet.

Le parrain et la marraine de la cloche de la Paix ont été choisis, nous l’avons dit, parmi les orphelins de la guerre : Jean Hoët, 10 ans, demeurant rue Spriet-Tellier,  9, dont le père, maréchal-des-logis au 8echasseurs, est décédé à Troyes, des suites de ses blessures le 25 août 1914, et Raymonde Demay, 10 ans, demeurant rue du Quesnelet, pavillon Bon-Air,  5,  dont le père, prisonnier de Maubeuge, est décédé des suites des mauvais traitements à Openwche, en Westphanie, le 7 décembre 1917.

Et maintenant qu’on veuille bien se hâter de souscrire pour couvrir les frais du supplément de 200 kilos qu’on se propose d’ajouter aux cloches. Jusqu’ici, il n’y a que 79 familles qui ont apporté leur participation et nous sommes encore loin de la somme totale.

Pour permettre aux familles ouvrières de posséder le souvenir du baptême des cloches que tous les souscripteurs recevront à domicile, il a été décidé que toute famille qui participerait au moins pour la modique somme de 3 francs (soit une demi-livre de métal) recevrait le souvenir du baptême.

Ainsi, toutes les familles de la paroisse, de quelque condition qu’elle soit pourront conserver dans leur maison un joli souvenir du baptême des deux cloches de la paroisse. »

On comprendra le sacrifice que nous faisons par cette mesure dans le but de rendre la fête plus populaire. Aussi, prions-nous les familles aisées de bien vouloir se presser d’apporter une offrande généreuse pour que la somme de 2500 francs soit bientôt couverte.

Merci à tous les donateurs, petits et grands, passés et futurs !

Une belle documentation qui sera utile à celles et à ceux qui voudront écrire des articles ou préparer une conférence sur cette Histoire des deux cloches de Saint-Pierre, La Victoire et La Paix…

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Alain Cadet, journaliste
Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !
Publications: 205

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