De « Marcel et son Orchestre » à « Lénine-Renaud », de Boulogne-sur-Mer à Mons-en-Barœul : Franck Vandecasteele, auteur, compositeur et chanteur.

De « Marcel et son Orchestre » à « Lénine-Renaud », de Boulogne-sur-Mer à Mons-en-Barœul : Franck Vandecasteele, auteur, compositeur et chanteur.

Franck Vandecasteele dans sa maison de Mons-en-Baroeul.

Pour se rendre à son prochain concert, salle Allende, Franck Vandecasteele, chanteur et compositeur du groupe « Lénine-Renaud » n’a guère eu de difficulté. Il réside à deux-cents mètres de l’endroit. Cela fait désormais presque vingt ans qu’il habite la commune. 

L’histoire débute dans les années 1980, du côté de Boulogne-sur-Mer. Franck habite alors au « Chemin-Vert ». C’est un grand ensemble de l’époque des ZUP, situé sur les hauteurs de la ville. Son père est le coiffeur du quartier. Au lycée Mariette, l’incontournable établissement scolaire de la ville, il fonde avec quelques autres potaches un orchestre qui fait beaucoup de bruit. « On a cherché le nom le plus ringard possible. On a choisi « Marcel et son Orchestre ». En guise de costumes de scène, on avait récupéré de vieilles frusques au « Secours Populaire », raconte Franck. « A cette époque, on connaissait tout juste trois accords. On était surtout remontés contre la réforme Devaquet et c’était un bon moyen de le faire connaître ! » En face du lycée Mariette, il y avait un bistrot tout pourri, le Manhattan. Les «Marcels» proposent à Francis, le patron, de dynamiser son affaire en animant ses soirées. « Bientôt, Le Manhattan est devenu l’endroit où il fallait absolument aller à Boulogne », se souvient Frank. En 1986, le groupe donne son premier concert et en 1989 il est sélectionné au « Printemps de Bourges. » « On a côtoyé tout un tas de gens du monde musical et du spectacle. On avait beaucoup à apprendre. On ne savait pas ce qu’est la SACEM. On a essayé de vivre de notre travail. On a aussi bossé la musique et on s’est ouvert à d’autres influences jusqu’à devenir de bons musiciens. On a enregistré un grand nombre d’albums en trente ans. Cinq d’entre nous faisaient partie de la formation du tout début sur les sept membres du groupe qui ont enregistré tous les disques. » 

Les « Marcels » rencontrent un grand succès, en France et à l’étranger. Ils sont les invités de tous les festivals. Dans la région du Nord, ils sont incontournables. « On est devenu une référence du monde musical », poursuit Franck. « On assurait plus de 100 dates par an, c’est-à-dire plus de 200 jours à l’extérieur, avec la route, le matériel qu’on charge et qu’on décharge. On en avait assez de cette vie. On ne s’est pas fâché mais on a tout arrêté pendant cinq ans. » Depuis quelques temps les « Marcel et son Orchestre » ont repris leurs tournées. Mais ils limitent leur planning à une vingtaine de dates par an… quitte à perdre de l’argent ! 

Les « Marcels », à gauche et les « Lénine-Renaud », à droite.

Entre-temps, Franck Vandecasteele s’est rapproché de Cyril Delmotte l’ancien chanteur et guitariste du groupe VRP. Ensemble, ils ont commencé à écrire des chansons et fondé un groupe de six musiciens, « Lénine-Renaud ». C’était en 2011. « Lénine », c’est très différent des « Marcels », explique Franck. « Marcel et son orchestre » reprend les codes du Carnaval dunkerquois mais avec des thèmes qui sont très différents. On fait une musique très pulsionnelle qui se rapproche du Rock’n’roll. Par contre, les chansons que j’écris avec Cyril pour « Lénine-Renaud » racontent des histoires. Elles sont de l’ordre de la narration avec une approche artistique. »

Pour faire ce métier, Boulogne était un lieu compliqué. Les artistes de « Marcel et son Orchestre » et de « Lénine-Renaud » vivent pour la plupart dans la métropole lilloise. Il y a des salles de spectacle, un studio d’enregistrement, une gare et un aéroport. On est près de partout. Franck Vandecasteele ne regrette pas d‘avoir choisi Mons-en-Barœul dans la banlieue lilloise : « Ici, la commune est à taille humaine. C’est une sorte de village dans la ville. On peut prendre le métro et en trois stations on est au centre de la ville… de l’autre côté on est à la campagne. Il n’y a qu’une seule chose qui manque ici et que je regrette : la mer ! »

Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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