Vendanges précoces sur les côteaux du Baroeul

A Mons en Baroeul, réchauffement climatique oblige, on vendange de plus en plus tôt. Deux Monsois, bloqués au Maroc à cause de l'épidémie, sont rentrés quelques jours avant les vendanges.

Joëlle et Christian Poinsot, retraités tous les deux, ne sont que des vignerons amateurs. De fait, ils ne possèdent qu’un seul pied de vigne mais, au cours des années, celui-ci s’est révélé particulièrement prolifique. Cette fois, ils ont bien failli rater les vendanges.

Joëlle et Christian, possesseurs d’un seul pied de vigne ont vendangé 50 kg de raisins

Avec le réchauffement climatique, le pays du Baroeul va pouvoir prétendre au statut de région viticole. Bien sûr, il n’y reste plus beaucoup de place pour planter la vigne mais lorsqu’on trouve, par hasard, un endroit pour y caser un pied, il a un rendement extraordinaire. Avec leur seul pied de vigne de raisin muscat, ramené d’Alsace il y a une dizaine d’années, Joëlle et Christian ont vendangé cette année, cinquante kilos de raisin : de quoi faire pas mal de jus et de gelée pour l’hiver. Vendanger fin août, à Mons-en-Barœul, c’est déjà bien tard ! « Il y avait une multitude d’abeilles qui butinaient sur la vigne », explique Joëlle. « On voyait même arriver quelques oiseaux. On a pris la décision de cueillir le raisin tout de suite avant qu’il ne reste plus rien ! »

Une belle récolte pour ce vignoble urbain

Joëlle et Christian ont bien failli passer à côté des vendanges 2020. Ils étaient partis en vacances au Maroc pour un mois et, finalement, à cause de la pandémie, ils y sont restés six ! À chaque fois qu’ils pensaient prendre un avion pour retrouver la France, le vol était annulé ou bien il n’y avait plus de place. Quand ils ont retrouvé leur maison et son jardin, c’était la forêt vierge ! « La vigne courait sur le toit avec des branches de près de trois mètres », raconte Christian. « Avec le confinement, la nature a repris ses droits. Il y avait des abeilles partout et des centaines d’escargots dans le jardin ! »

Joëlle et Christian ont failli se séparer de ce pied de vigne alsacien. Ils l’avaient d’abord planté le long du mur, à l’arrière de la propriété, mais la plante s’étiolait. Alors, Christian a eu l’idée lumineuse de la replanter de l’autre côté de la maison, côté rue, et la plante s’en est trouvée ragaillardie. Joëlle et Christian habitent une maison Pagnerre construite dans les années 1920 à la demande d’un négociant en vin. Le chais existe toujours même si, aujourd’hui, il abrite le cabinet d’un couple d’architectes. « Elle a peut-être été contente d’être délocalisée du côté de l’ancien marchand de vin ? Va savoir ! », avance Christian.

Le bâtiment de l’ancien marchand de vin, dans les années 1940. Un menuisier a pris sa place mais les fenêtres en demi-lunes pour préserver le vin d’une trop forte lumière sont toujours visibles.

L’hiver dernier, Joëlle et Christian ont ramené du Portugal un nouveau pied de vigne qui produit le raisin blanc à grosses grappes qui sert à élaborer le « Vino Verde ». Il ne donne pas encore de raisin mais il s’est développé de façon spectaculaire. « Il n’est là que depuis quelques mois et mesure déjà deux mètres. Il se plaît beaucoup ici !», constate Christian. Les vendanges 2021 seront peut-être encore plus belles que les vendanges 2020 !

La maison Pagnerre de Joëlle et Christian qui fut celle de l’ancien négociant en vin. Les fenêtres sont surmontées de demi-lunes qui rappellent l’architecture du bâtiment voisin, dédié au commerce du vin.

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Alain Cadet, journaliste
Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !
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