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Interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans et le Smartphone au collège et au lycée ? Y-a-plus qu’à !

Le début de l’année est le moment idéal des bonnes résolutions.  Le gouvernement a l’intention d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans et de prohiber l’usage du Smartphone au collège, et même au lycée ! Sa nouvelle loi vient tout juste d’être promulguée.  Ce n’est pas la première fois !  Cette promesse, abondamment relayée par la presse, enchante tous ceux qui sont persuadés qu’elle sera tenue. 

Smartphone et réseaux sociaux, le plus gros poste de l’emploi du temps des adolescents.

Même si, il n’y a pas de réel consensus chez les élus, la tendance du moment est de restreindre par divers moyens l’accès des plus jeunes aux plateformes telles qu’Instagram, Snapchat ou TikTok… En cause, les contenus toxiques, les algorithmes qui amplifient les tendances suicidaires des adolescents, le cyberharcèlement de masse qui trouve dans les réseaux sociaux et Internet les outils adéquats pour développer ses pratiques coupables. Les dangers des réseaux sociaux, de l’Internet et de ses vecteurs – particulièrement le Smartphone – sont bien documentés par les neurologues ou pédopsychiatres qui s’attellent à corriger les dégâts produits chez les adolescents de leur patientèle. Le texte devrait entrer en vigueur à la rentrée prochaine. 

Un énième texte de loi va-t-il résoudre cette situation de plus en plus problématique qui n’a fait qu’empirer au fil des ans ? Beaucoup l’espèrent, mais les épisodes passés incitent à la prudence ! En 2017, le candidat Macron Emmanuel avait inscrit dans son programme l’interdiction des téléphones portables au collège pour, disait-il, « protéger nos élèves de la dispersion ». 

Une fois élu le président Emmanuel Macron informe par le truchement de son ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, que « L’usage des téléphones portables est interdit en classe » et promet de « faire respecter les valeurs de la République ». Ainsi nait la loi du 3 août 2018 qui affiche sa volonté d’encadrer l’usage du Smartphone au sein des établissements scolaires. Elle ne prévoit pas pour autant d’en interdire la possession. Détricotée sous la pression des lobbies des ondes et de la presse elle ne connaît que des applications sporadiques à mettre surtout au crédit des Chefs d’établissement et des professeurs militants et intrépides.

Les programmes toxiques et les objets connectés continuent à occuper un nombre impressionnant d’heures dans l’emploi du temps des élèves. En témoigne ce tableau désabusé brossé par Michel Desmurget, chercheur en sciences de l’éducation au CNRS, docteur en neurosciences et auteur de « La Fabrique du Crétin digital » : « Si on avait un virus qui s’attaquait à tous les modes de développement de l’enfant tel que le font les écrans – le sommeil, le développement intellectuel, les résultats scolaires, l’obésité, la sédentarité, l’espérance de vie –, il y aurait une armée de chercheurs pour essayer d’éradiquer ce virus. Or, là, tout le monde s’en fout. C’est un peu comme tous les problèmes de santé publique, on commence par dire que c’est des conneries. Ça a été le cas avec le tabac, les pesticides, l’amiante, le réchauffement climatique. Et puis tout le monde finit par reconnaître qu’il y a quelque chose, et certains continuent à dire que ce n’est pas si grave ! ». 

Le Smartphone comme un organe greffé pour les jeunes.

La lutte contre le développement sans frein des réseaux sociaux et de l’Internet ne va pas de soi. Elle est même considérée comme liberticide par beaucoup des spécialistes estampillés par des institutions sérieuses. « Bannir les réseaux c’est aussi retirer à ces adolescentes et adolescents des espaces de découverte, d’information, de culture, de lien social », estime Anne Cordier, Professeure des universités en sciences de l’information et de la communication. « Interdire en bloc, c’est faire croire qu’on peut régler une question de société par décret. C’est refuser d’affronter la richesse des pratiques numériques. C’est renoncer à éduquer. » D’autres, sont persuadés que ce texte sera facilement contourné et que pour changer la situation engager la responsabilité des plateformes quant aux contenus qu’elles diffusent est indispensable.Pour l’instant, tout va bien. Mais en septembre il faudra se heurter aux embuches de l’application de cette loi qui n’obtient pas un consensus total. Le texte, en bien des points, contredit le droit européen. Les industriels des ondes, des médias leurs relais scientifiques et politiques n’y adhéreront jamais. Les ados chercheront à le contourner.

Les adolescents passent en moyenne plus de sept heures par jour devant leur Smartphone.

Cela ressemble à une addiction. Mais, les véritables addicts, c’est plus : de sept heures du matin à minuit, ils restent rivés à leur écran ! En général c’est l’antichambre avant la case « psy ».  On pourrait aussi parler des cancers du cerveau, associés à l’usage immodéré du smartphone, même si la science, sensible à l’argumentaire des industriels des ondes récuse tout rapport de causalité. Pour la première fois dans l’histoire, on a vu apparaître un nombre significatif de cas d’Alzheimer aux Etats-Unis chez les patients de 30 à 40 ans. En France, ce sont quelques adolescents de 13 à 15 ans atteints par cette pathologie qui interrogent. Du jamais vu ! L’humanité est confrontée à un problème nouveau et inconnu. Si ce texte était suivi d’effets concrets, ce serait un progrès pour la santé publique en France … une chance pour le futur des jeunes générations et un modèle pour les autres pays de la planète…  

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