L’Association des Anciens Combattants tire le bilan de la situation et décide de la fin de son activité, 59370

Après plus d’un siècle consacré à la défense de la mémoire nationale et à la célébration des sacrifices de plusieurs générations pour la défense des Libertés et de l’identité française, l’Association des Anciens Combattants, confrontée à des difficultés insurmontables a décidé de sa dissolution.

Le dernier 11 novembre, en 2025.

Le 11 novembre 1921 – trois années tout pile après la signature de l’Armistice, qui marque la fin de la Grande Guerre, est créée à Mons, une section locale de l’Association des Anciens Combattants. La France vient de survivre à la première guerre industrielle de l’humanité, où vont succomber treize millions d’hommes dont un million quatre-cent-mille Français. La région du Nord, occupée par l’armée ennemie, a connu les spoliations, les mauvais traitements, les déportations et les exécutions. Ce qui domine ici, c’est le sentiment mélangé d’une profonde douleur et la fierté de la victoire sur un ennemi redoutable. Les millions de morts, civils et militaires, appellent un lieu symbolique qui rende hommage aux disparus, permette aux survivants de communier autour de leur mémoire… et perpétue pour des siècles le souvenir de cette époque barbare de sacrifices et de douleurs. C’est pourquoi l’une des premières tâches de l’Association consistera – comme pour les autres communes françaises – à ériger un Monument aux morts.  

Le 24 août 1924, devant une foule nombreuse, on inaugure le monument aux morts de la commune.

Devant plusieurs milliers de personnes, il fut inauguré le dimanche 24 août 1924.  « Toute la petite place, les rues avoisinantes, la rue Daubresse-Mauviez sont noires de monde. De véritables grappes humaines sont accrochées aux grilles des jardinets précédant les habitations », relatait le Grand Hebdomadaire illustré. Chaque 11 novembre, une foule nombreuse est venue se recueillir devant ce lieu symbolique en mémoire des disparus. Au fil des années, les rangs des anciens Poilus des batailles mémorables des années 1914–1918, se sont éclaircis. Mais ils furent remplacés par les témoins d’autres guerres :  celle de 1939–1945, du Vietnam, d’Afrique du Nord. Puis, à leur tour les soldats de ces batailles se sont fait plus rares sans que des membres de la société civile ne prennent le relais. Pourtant, les cérémonies du souvenir ont continué, dans cette commune attachée à la Mémoire nationale. Plusieurs centaines d’habitants venaient accompagner chacune des cérémonies. Celle du centenaire, le 11 novembre 2028 a même réuni plus de mille personnes. Mais les témoins des derniers conflits devenaient de moins en moins nombreux. Des 130 membres des années fastes il n’en reste plus qu’une vingtaine aujourd’hui. Ces derniers mois, le porte-drapeau et le secrétaire sont décédés. « Ce n’était plus possible de continuer » regrette Claude Géry, le président de l’Association des Ancien Combattants. « Nous ne sommes plus que deux à rester debout. Les autres ont besoin d’une canne et d’un fauteuil roulant ».  Le 11 octobre 2026 l’assemblée générale a acté la dissolution de l’association qui prendra effet à partir du 31 décembre.

Galerie :

24 août 1924.
La dernière sortie des Anciens Combattants, à Paris sur les Champs-Elysées et à l’Arc de Triomphe.

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