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L’explosion des Dix-huit-Ponts du 11 janvier 1916 : un bilan très lourd et deux enterrements.
Le 11 janvier 1916, dans les premières heures du matin, l’explosion d’un dépôt de munitions allemand, situé dans la périphérie de Lille va souffler une partie du quartier Moulins. Il en résultera un lourd bilan humain pour la population lilloise. La garnison allemande qui gardait les lieux a été entièrement anéantie.

En cette nuit du début de l‘année 1916, tout est calme dans la ville.
Il fait un petit froid sec. Cela fait plus d’un an que Lille est occupée. Les bombardements de la mi-octobre 1914 ont détruit le centre-ville. Ils ont aussi laissé des traces profondes dans ce quartier Moulins qui abrite le dépôt de munitions de fortune des armées allemandes. Beaucoup d’usines modernes, fleurons de l’Industrie française y avaient été construites avant-Guerre. Pour l’armée allemande, l’opportunité de détruire cette économie concurrente était trop belle. Toutes les manufactures de cette zone industrielle sont désormais hors-service. Dans ce quartier Moulins, jadis si florissant, il n’existe plus aucune activité sinon celle de la batterie 250, un élément de l’enceinte militaire de la ville. Dans ce quartier, les bâtiments et les rues avaient d’abord été désignés par un numéro.
Mais, les riverains surnomment le bâtiment les « Dix-huit-Ponts », à cause de son architecture à deux étages de neuf arches. Dès le début de l’Occupation la batterie a été reconvertie sauvagement par l’Armée bavaroise en vaste dépôt de munitions.

Il alimente un segment du front–Ouest qui va d’Arras à Douai. Sa situation géographique est très favorable. Il existe un petit train de ceinture qui dessert « les Dix-huit-Ponts » depuis la gare Saint-Sauveur où arrive le matériel militaire allemand. A quelques mètres, la porte de Douai assure une liaison routière avec les lieux de combat
Dans le quartier Moulins, cette nuit fatidique, les rues sont vides.
Les fenêtres de ces maisons privées de charbon sont calfeutrées pour se protéger du froid. Soudain, à trois-heure-trente, on se croirait en plein jour et un vacarme épouvantable retentit. En quelques secondes, « là, où se dressait la veille la masse des Dix-huit Ponts, il n’y avait plus qu’un trou béant de 40 mètres de profondeur sur 150 mètres de long, un vrai cratère de volcan, avec, tout autour, le rempart », écrit un témoin de l’époque. Le bilan est effrayant : 738 maisons soufflées comme des châteaux de cartes, 21 usines rasées, plus d’une centaine de morts chez les civils.
Du côté de la garnison allemande, personne n’a survécu. Les soldats de garde sont tous morts, cette nuit-là.

Ce bilan a été controversé pendant un siècle jusqu’à des travaux récents.
Le Bulletin de Lille du 27 janvier 1916 (le seul journal autorisé à paraître durant l’Occupation) fait état de 104 décès parmi la population de Moulins. Mais, parmi les blessés qui ne sont pas loin d’un demi-millier, de nombreuses personnes vont décéder à leur tour des suites de leurs blessures. La victime collatérale la plus connue de la catastrophe des « Dix-huit-Ponts », est sans doute Jules Gosselet, professeur de l’Université des Sciences. Il est mort d’une pneumonie en tentant de sauver sa prestigieuse collection de géologie, mise à mal par l’explosion de la verrière du bâtiment universitaire. Il est sans doute arrivé que certains habitants du quartier ont été enterrés dans les communes voisines ayant pu ainsi échapper au recensement de la Ville. Mais, aucune polémique ne s’est développée à propos des victimes civiles de la catastrophe.
En revanche, les spéculations ont été bon train, pendant presque un siècle sur le nombre de morts dans les rangs allemands. Côté français, l’opinion dominante laissait croire que l’armée allemande avait sous-estimé le nombre de victimes dans un but de propagande.
Eugène Martin-Mamy, journaliste lillois et témoin de l’évènement écrit : « Le nombre de leurs hommes ensevelis sous les décombres n’est pas exactement connu. Il ne le sera jamais. L’autorité militaire ne voudra pas atténuer notre tristesse en nous faisant savoir le nombre de ses morts. » L’abbé Demarchelier, le curé de la paroisse écrit pour sa part, le 11 janvier 1916 : « Un des vicaires de Moulins que j’ai rencontré me dit que lorsqu’il a entendu le coup, il s’est rendu sur les lieux de la catastrophe. Il est allé vers l’arsenal qui était tout en feu. En une heure, tout était calciné. Il a vu une cinquantaine de cadavres d’Allemands alignés et carbonisés ; mais il est probable qu’il y en a davantage qui ont trouvé la mort ».
Cette vérité historique provisoire est démentie par les Archives de l’Armée bavaroise où l’on trouve une liste de 23 noms et par le carré militaire allemand du cimetière du Sud où l’on dénombre 22 tombes. A partir de quelques documents découverts récemment on peut avancer sans trop de risque d’erreur, 23 militaires décédés dans l’explosion, dont 22 ont été enterrés à Lille.


La liste des victimes de l’explosion civiles et militaires (Bulletin de Lille et Archives bavaroises
Le maire de Lille, Charles Delesalle, a fixé le jour et l’heure des obsèques des victimes civiles au samedi 15 janvier à 11h30. Devant l’église, attendent quatre-vingt-neuf cercueils. Certaines familles ont choisi d’autre communes pour accompagner leur défunt. ll était prévu que la cérémonie se déroule à l’église Saint-Vincent-de-Paul. Celle-ci étant trop petite pour contenir l’immense foule qui avait convergé vers Moulins, c’est sur le parvis, place Déliot, que sera dite la messe. A l’issue de la procession du convoi vers le cimetière Sud, on parvient à l’endroit où avaient été creusées deux longues fosses. Les autorités allemandes étant présentes, côté français on avait décidé de ne prononcer aucun discours. Ce fut une cérémonie réduite à sa plus simple expression mais empreinte d’une grande émotion.

L’enterrement des soldats allemands aura lieu trois jours plus tard, le 18 janvier 1916.
Le convoi démarre de l’hôpital Saint-Sauveur, le plus proche des lieux de la catastrophe où les corps des victimes ont été entreposés. Après une cérémonie militaire en l’honneur des défunts, le convoi s’ébranle en direction du même cimetière Sud où sont enterrés les victimes civiles. Il est interdit à la population de se masser le long du parcours et encore plus de photographier la cérémonie. La grande majorité des soldats ensevelis, si loin de leur patrie, appartient au 19e régiment du train bavarois, celui-là même qui gérait l’entrepôt. Tous les officiers de hauts rangs, en poste à Lille, assistent à ce dernier hommage.

Cette catastrophe des « Dix-huit-Ponts », va marquer la mémoire de tous les lillois, qui, de 1914 à 1918, enfermés dans leur ville comme dans une prison, ont connu les rigueurs de l’Occupation. À l’inverse, dans les zones sous l’influence des armées alliées, on n’a guère évoqué cet épisode sanglant de l’explosion du dépôt de munitions de l’armée bavaroise. On peut s’en étonner ! La catastrophe d’AZF, à Toulouse, en bien des points comparable à celle de Lille, dont le bilan – 31 morts – est beaucoup moins lourd, a défrayé la chronique des journaux pendant des mois, voire des années. Mais, dans cet océan de barbarie qu’a été la guerre de 1914-1918, avec ses 15 millions de morts – dont 1million cinq-cents-mille militaires français – l’explosion du 11 janvier 1916, n’a pas marqué l’époque. Il y a eu une cérémonie pour le cinquantenaire et une autre pour le centenaire mais l’évènement n’occupe qu’une place modeste dans la mémoire collective de la ville de Lille.
La version de ChatGPT :
Le texte ci-dessus a été écrit à la main… à l’ancienne. On trouvera ci-dessous la version de ChatGPT (décembre 2025).

Voici un aperçu de ce que l’on sait (et ce qui reste parfois incertain) à propos de la catastrophe de l’Explosion de la poudrière des 18 Ponts, survenue à Lille dans la nuit du 10 au 11 janvier 1916 — souvent appelée « la catastrophe des 18 Ponts » — ainsi que des mémoires associées :
Contexte : qu’était-ce que les « 18 Ponts »
- Les « 18 Ponts » désignaient un ancien bastion fortifié des remparts de Lille — un ensemble de 18 casemates voûtées sur deux niveaux, en pierre et brique, avec de profondes galeries souterraines. Wikipédia+2histoiresdunord3.blogspot.com+2
- Durant l’occupation allemande de la ville en 1914–1918, ce bastion avait été réquisitionné pour servir de dépôt de munitions et d’explosifs. Wikipédia+1
La nuit du drame — Explosion du 11 janvier 1916
- Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1916, vers 3 h 30 du matin, le dépôt des 18 Ponts explose. La cause reste incertaine : accident ou sabotage, rien n’a été établi de façon définitive. Geneanet+2WW1 World War One Ieper 1917+2
- Le souffle provoqué par la déflagration est gigantesque : il creuse un cratère d’environ 150 mètres de diamètreet 30 mètres de profondeur au bord du boulevard de Belfort. archives.lille.fr+2brandodean.over-blog.org+2
- L’explosion fut entendue jusqu’à plusieurs dizaines (voire centaines) de kilomètres — selon certains récits, jusque dans le centre des Pays-Bas. histoiresdunord3.blogspot.com+2WW1 World War One Ieper 1917+2
Dévastation matérielle et impact sur le quartier
- Le quartier touché était le quartier industriel et ouvrier de Moulins (Lille). histoiresdunord3.blogspot.com+2Wikipédia+2
- 21 usines et 738 maisons furent détruites ou gravement endommagées. Comme certaines sources le mentionnent, « plus de 700 maisons » sont anéanties ou soufflées. Office de Tourisme de Lille+2brandodean.over-blog.org+2
- De très nombreuses habitations secondaires voient leurs vitres brisées, toitures arrachées, toits troués — les dégâts vont au-delà de la destruction complète. Geneanet+2histoiresdunord3.blogspot.com+2
- Outre les destructions matérielles, les habitants — souvent ouvriers — se retrouvent sans toit, sans ressources, en plein hiver, dans une ville occupée. Wikipédia+2archives.lille.fr+2
Bilan humain et sanitaire
- Selon les sources les plus répandues, on recense 134 morts au total — dont 104 civils Office de Tourisme de Lille+2Office de Tourisme de Lille+2.
- D’autres recensements mentionnent ~104 civils + 30 soldats allemands morts, soit ~134, et environ 400 blessés, dont ~116 gravement. IGNrando+2WW1 World War One Ieper 1917+2
- L’explosion provoque un traumatisme collectif, non seulement matériel mais psychologique — destructions, deuils, hébergement d’urgence, pénurie, conditions de vie drastiques en pleine occupation. histoiresdunord3.blogspot.com+2Wikipédia+2
- Il est avancé que des retombées toxiques — notamment des vapeurs de mercure issues des amorces de munitions — pourraient avoir pollué la zone, aggravant l’impact sur la santé. Wikipédia+1
Mémoire, commémoration, conséquences
- Un monument commémoratif, le Monument aux Victimes de l’Explosion de la Poudrière des 18 Ponts, a été érigé rue de Maubeuge à Lille. Zoom Sur Lille+2Office de Tourisme de Lille+2
- Des lieux de mémoire subsistent : une « rue des 18 Ponts », un « jardin des Dix-huit Ponts » sur le boulevard de Belfort, un carré spécial au cimetière du Sud pour les victimes. Wikipédia+2Wikipédia+2
- L’événement a profondément marqué l’histoire locale, symbolisant les souffrances de la population civile lilloise sous l’occupation, et la fragilité des civils face à la guerre. Wikipedia+287dit.canalblog.com+2
Sur l’idée de « deux enterrements » — ce que disent les sources (ou pas)
Tu mentionnes « de nombreuses victimes, deux enterrements ». Dans les sources que j’ai consultées, je n’ai pas vu de mention explicite d’un schéma « deux enterrements » généralisé lié à la catastrophe (par exemple, un enterrement d’office puis un enterrement commémoratif, ou deux vagues de funérailles). Voici ce que j’ai relevé :
- Il est vrai qu’un carré spécifique au cimetière du Sud a été aménagé pour accueillir les victimes — ce pourrait être ce à quoi tu fais référence. Wikipédia+1
- Mais aucun article, publication historique ou document consulté ne parle d’un second enterrement collectif organisé ultérieurement ou d’une distinction « enterrement immédiat » vs « enterrement commémoratif » pour la catastrophe.
- Il n’y a donc pas de preuve qu’il y ait eu formellement « deux enterrements » structurés et documentés — ce pourrait être une interprétation locale, un souvenir familial, ou une confusion postérieure.
Si tu veux, je peux regarder dans des archives historiques contemporaines (journaux de 1916, recensements, archives municipales) pour vérifier s’il existe réellement une trace d’un « deuxième enterrement » après la catastrophe — ce serait intéressant, mais nécessairement plus long et technique. Veux-tu que je lance cette vérification ?
Sujet voisin :
http://blog.prophoto.fr/11-janvier-1916-quartier-moulins-lille-lexplosion-des-dix-huit-ponts/
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