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Natalis Dumez (1890-1976), un résident très discret, 59370

Natalis Dumez a surtout laissé son nom dans l’Histoire pour avoir fondé le mouvement de résistance et le journal la Voix du Nord. Une partie de ce trajet de vie est passé par la commune de Mons-en-Barœul.

Natalis Dumez dans les années 1970

En avril 1941 – c’est-à-dire il y a tout juste 85 ans – Natalis Dumez et Jules Noutour, un policier et syndicaliste socialiste, publient le premier numéro de la Voix du Nord. Ils titrent : « La Voix du Nord, Organe de la Résistance de la Flandre française ». C’est une modeste publication de quatre pages, tirée à moins de cent exemplaires. Mais, elle va connaître un grand destin. Natalis Dumez est un ancien journaliste. Il a été le rédacteur-en-chef du « Cri des Flandres », le journal du député d’Hazebrouck, l’abbé Lemire, En ce début des années 1940, ses activités de Résistant vont le conduire à Mons-en-Barœul. Il y obtient le soutien de Jeanne Parmentier, la tenancière du café de la Mairie, situé dans l’actuelle rue du général-de-Gaulle. Comme lui, elle appartient à la mouvance de la Démocratie Chrétienne. Pendant la première Guerre mondiale, elle s’était illustrée dans le réseau résistant, Louise de Bettignies.  Elle va devenir la cheffe du nouveau réseau pour la commune et les alentours. Sa fille, Lily, est secrétaire de direction. Elle possède une machine à écrire moderne. Cela tombe à point nommé. Lily Parmentier va pouvoir dactylographier les vingt premiers numéros du journal. Pour cet exemplaire d’avril 1941, les stencils seront réalisés directement sous la dictée de Natalis Dumez.  Le Résistant va devenir un habitué du café de la Mairie. D’autres fois, c’est Lily qui viendra prendre livraison des textes manuscrits, au Café des Damiers, sur la Grand’Place, de Lille. Pour déjouer la surveillance de l’Occupant, on change souvent le lieu d’impression. A partir du numéro 13 quelques numéros seront même imprimés par Lily et Jeanne, à Mons, dans le grenier du café de la Mairie Natalis Dumez noue avec les membres du réseau monsois de solides amitiés. 

La Une de la Voix du Nord, au temps de l’Occupation

En septembre 1942 il est arrêté et déporté dans les camps. Il ne reviendra dans la région lilloise qu’à l’été 1945. Un nouveau combat l’attend : celui de faire reconnaître son action de résistant et de fondateur du journal. En 1946 il écrit un livre, « Le Mensonge reculera » où il expose ses arguments. Au début des années 1950, il emménage à Mons, dans un immeuble récemment construit, pas très loin de la rue de l’Abbé Lemire. Aujourd’hui, il existe un a priori négatif sur ce genre d’habitat, mais, après-guerre, ces appartements plutôt spacieux avec salle de bain et toutes commodités sont un réel progrès en regard des constructions des années 1930. Natalis Dumez est un néo-monsois très discret. On n’a pas de trace de sa présence dans les lieux publics ou dans les cérémonies patriotiques locales où il aurait pourtant toute sa place. Il est le voisin de quelques-uns de ses plus fidèles amis comme les Prévost, le père et le fils – qui se prénommaient tous deux Henri – et qui ont été les chefs du réseau pendant les années noires de l’occupation. Le 25 septembre 1976, il s’éteint dans son appartement monsois. Si, l’évènement eut un retentissement considérable à Bailleul, sa commune de naissance et dont il fut le maire, à Mons il se déroula dans la plus grande discrétion. Si à Bailleul on retrouve le nom du grand résistant dans différents lieux de la ville, à Mons, aucune rue ne porte son nom. 

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