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Les belles noces de diamant du bon vieux temps

Les noces d’or où de diamant – ce qui est plus rare – n’ont plus guère les honneurs de la presse de nos jours. C’était différent il y a quelques années et encore plus avant la seconde Guerre mondiale.

Un article typique de la presse locale des années 1930

Cette photo des époux Delporte-Helin date d’avril 1937. C’était il y a 69 ans. Ils célèbrent leurs noces de diamant (60 ans de mariage), « le 18 avril prochain », On peut toujours faire plus fort comme, par exemple, les noces de palissandre (65 ans) ou d’Albâtre (75 ans). Mais, mieux vaut tenir que courir car rien n’est jamais absolument certain. Les deux « jubilaires » ont chacun 87 ans, ce qui, en 1937, est déjà un bel âge.  C’est pourquoi les noces de diamant, dans cette décennie d’avant-Guerre sont un évènement. On revit symboliquement le mariage initial avec une cérémonie à la mairie, puis à l’église : l’occasion pour la famille (les époux ont eu deux garçons et deux filles) de réunir toutes les générations, des grands-parents aux petits enfants. 

Pour donner plus de visibilité à l’évènement le must est de faire appel à la presse locale.

Tous les voisins et relations seront ainsi informés de ce petit évènement qui se passe à deux pas de leur domicile.  Alors, qu’au début du siècle, ces articles sont tout petits, entourés d’un liseré noir comme un faire-part de deuil, en 1937, on peut obtenir un bel article avec la photo d’un reporter professionnel. C’est un privilège de riche ! En 1937, il n’y a guère que « Le Grand Echo du Nord de la France » (1890-1944) et ses éditions locales qui puissent se permettre un tel luxe. Le photographe lillois, dépêché à Mons, connaît son affaire. Il fait poser les époux Delporte-Herlin dans le jardin. Avec la lumière abondante du soleil, c’est plus facile de réussir ce cliché pris avec les émulsions peu sensibles de l’époque. Le maire de Mons de l’article, Emile de Goëdt (1925-1944), va, dix ans plus tard, se faire photographier dans son jardin, dans de mêmes circonstances, par le correspondant du journal local, Henri Prévost. Cette photo est un grand classique de la presse de proximité des années 1930-1940.

Les noces d’or et de diamant, avec d’autres petits riens comme les mariages, les enterrements, les évènements associatifs, remplissaient les colonnes des éditions locales de l’époque. Ces touts petits évènements avaient un public très nombreux. Ils étaient un moteur du développement de la presse quotidienne régionale. Cette situation a perduré jusqu’à il y a quelques années. Aujourd’hui, ce n’est plus la mode !

Sujet voisin

Henri Prévost, correspondant de presse et photographe, 1923-2007

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