Le monde de la photographe Ellen Kooï, humain et fantastique

Avec « Sables Mouvants », Le monde d’Ellen Kooï, humain et fantastique, s’empare du Fort Macdonald.

Ellen Kooï devant un agrandissement géant d’une photo réalisée rue des Trois Couronne, à Lille
Ellen Kooï devant un agrandissement géant d’une photo réalisée rue des Trois Couronne, à Lille

  En octobre et novembre 2012, dans le cadre de Lille Fantastic, la salle d’exposition du Fort de Mons-en-Baroeul (dans la banlieue lilloise) a accueilli une artiste hors du commun. Ellen Kooï, photographe néerlandaise vit à Harleem et expose partout dans le monde de Moscou à New York en passant par de nombreux pays européens. Elle a été citée l’an dernier parmi les 100 plus grands artistes contemporains du monde, toutes disciplines confondues. Elle est la preuve par l’action que la photographie est un art majeur. Son univers proche du conte et pourtant profondément ancré la réalité a d’emblée séduit les organisateurs de Lille Fantastic. « J’ai été invitée à venir ici il y a un peu plus de deux ans », raconte Ellen Kooï. «  On m’a fait visiter différents lieux de la ville, du centre historique de Lille à la banlieue industrielle. Ils étaient très différents, Ils constituaient un terrain d’action très riche me permettant de produire des images très variées et  correspondant à mon univers».

L’une des photographies de l’artiste : le lâché des « loups » - en réalité ce sont des Bergers suisses – devant l’opéra de Lille
L’une des photographies de l’artiste : le lâché des « loups » – en réalité ce sont des Bergers suisses – devant l’opéra de Lille

  Cette exposition  est la partie émergée d’un long travail de l’artiste, qui va la conduire de la rue des Trois Couronnes, à Lille, où elle lâche des « loups » blancs, à l’esplanade de la Citadelle où elle plante ses échelles, tendues vers le ciel  ou encore dans les petites rues obscures de Roubaix et Tourcoing. Il y a aussi beaucoup d’autres images venues d’ailleurs dans cette exposition. L’artiste travaille à l’ancienne avec un appareil argentique grand format. L’image est toujours très précise. Elle allie la magie du lieu à celle des corps. Ellen Kooï, passionnée de danse moderne et qui à été photographe de théâtre, s’intéresse à l’expression des visages… aux postures. Elle n’est pas rebutée un travail minutieux, patient,  avec ses modèles. Ses personnages, entre ciel et terre ou bien cernés par la ville se répètent comme dans un ballet ou, au contraire, s’opposent. Parfois la photo est une simple intuition. D’autres fois, composite, mélange d’instantané et de montage elle met en place un projet compliqué qui donne l’illusion du naturel et de la simplicité. « Je prends beaucoup de temps pour réaliser une seule photographie», précise-t-elle. « Je réfléchis beaucoup à mon projet avant la prise de vue. Parfois même, je dessine une sorte de story board. Il me faut plusieurs heures pour réaliser un cliché… parfois la journée entière. Je pars d’un paysage, d’un morceau de réalité et j’essaye de le repousser plus loin. J’y place mes personnages dans une situation inattendue.  C’est long et minutieux. C’est pour cela que j’aime beaucoup travailler avec les enfants. Ils sont très ouverts à mes propositions et se montrent toujours très patients.»

L’univers Ellen Kooï est-il réaliste ou fantastique ? « Les deux ! », répond-elle «Je pars d’un paysage qui reflète une ambiance. Il a très souvent de tonalités sombres et bleutées. J’essaie,  en y introduisant mes personnages, de le faire vivre, de l’amener plus loin tout en racontant l’histoire que je veux dire avec en plus, si c’est possible, une petite touche de magie. »

Alain Cadet