Envoyé Spécial : « Les Antennes de la colère » provoquent le courroux des victimes des ondes électromagnétiques.
Envoyé Spécial, l’émission d’investigation journalistique de France 2 vient de diffuser, « Les Antennes de la colère », un sujet sur les antennes-relais. Sur la Toile, les réactions des victimes des ondes et des associations de défense contre les pollutions électromagnétiques, oscillent entre incrédulité, accablement et colère.

Envoyé Spécial a la réputation de développer un esprit indépendant au service de la réalité des faits. Son statut de service public le lui permet encore plus ou moins. On imagine mal, les journalistes du groupe TF1-Bouyghes, ou de ceux de RMC-BFM, surtout quand ces médias étaient encore la propriété de Patrick Drahi ( SFR et Numéricable), ainsi tous les autres médias privés, mettre sur le grill les opérateurs et industriels des ondes qui les financent directement ou indirectement. On ne mord pas la main qui vous nourrit !
L’émission avait été annoncée comme un phare, destiné à éclairer ce sujet sensible. L’attente était importante. Le journal Le Monde consacrait un article complet pour annoncer l’évènement : « témoignages sur les pylônes, parfois de la hauteur de la tour Montparnasse, qui se multiplient en France en raison de rivalités entre opérateurs et géants des télécoms »
C’est Elise Lucet, la journaliste-vedette de l’Emission, qui présente la séquence introductive. Filmée sur les toits de Paris elle démontre – palette graphique en soutien – que des antennes, dans la ville, il y en a partout et que cela va sans doute empirer.
A la séquence suivante, nous voici dans le Tarn, en pleine campagne. On y installe un pylône de « 42 m de haut pour accueillir une antenne 5G face à une dizaine de maisons ». Cela n’est guère du goût des riverains.
C’est moche et ça leur bouche la vue !
Ils se demandent à quoi tout cela peut-il servir. A ras du pylône, pas encore actif, un signal 5G très fonctionnel peut être mesuré ! Mais, il s’agit de celui d’un concurrent.
Le nouveau pylône est destiné à SFR (en phase de rachat par ses concurrents Bouygues et Orange, qui disposent déjà d’antennes à proximité). « Pourquoi multiplier les mâts », au lieu de mutualiser les antennes ? Voilà la police qui s’en mêle ! C’est mal barré pour les riverains et les journalistes ! C’est ce qu’on appelle « une étude de cas ». On regarde ce qui se passe dans un endroit pour en tirer des conclusions pertinentes. Sauf qu’ici, tout s’embrouille ! Pourquoi l’avis des riverains n’est-il pas pris en compte ? Pourquoi multiplie t’on les antennes dans un lieu déjà desservi ? Mystère et boule de gomme !
« La France compte 72 000 antennes relais, le double d’il y a 15 ans »
, nous informe-t-on-t-on ! Pourquoi ? « C’est un marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros .» La concurrence fait rage !
Puis, on assiste à une opération de maintenance sur l’un de ces pylônes dédiés à la téléphonie sans fil. Cela ressemble à une ascension en montagne. Les émetteurs délivrant un signal de 41 V / m ou de 61 V / m – souvent les deux – le signal a–t-il été coupé pendant l’ascension des techniciens et des journalistes ? En tous cas, pour une fois, le pylone abrite les quatre opérateurs (SFR, Bouygues, Orange et Free avec des émetteurs 3G, 4G et 5G). Cela fait 12 signaux ! Est-ce raisonnable ? Quel niveau pour les riverains les plus proches ?

Nous voici transportés dans le Perche, au cœur de son Parc régional. On projette d’y installer un pylône de 212 m ! Plus haut que la tour Montparnasse le plus haut gratte-ciel de Paris (209 m) ! Là où le bât blesse, c’est qu’elle va être construite à côté d’une autre tour identique, « pour faire exactement la même chose », précise le commentaire.
Sur le marché du coin, les riverains signent une pétition pour protester.
Ils « défendent leur paysage ». Le maire du village n’est pas d’accord, non plus. Il a ouvert un très gros dossier ! Pour lui, cela ne sert à rien car l’antenne existante produit d’excellents résultats ! Il refuse même de signer le permis de construire ! Mais il est mis en défaut par le Tribunal administratif : « Il n’est pas démontré que le projet est susceptible d’affecter de manière significative les sites Natura 2000 situés à proximité », disent les juges.
Bonne affaire pour l’opérateur qui va pouvoir concurrencer la tour voisine. Il ne lui reste plus qu’à trouver un terrain ! Il démarche un agriculteur du village et lui propose 40 000 euros. Ce dernier refuse, mais, son voisin accepte. On va déraciner une centaine d’arbres de son verger bio. Beaucoup de d’interrogations découlent de cette nouvelle étude de cas. Comment se fait-il que l’avis des riverains qui sont les premiers concernés ne soit pas pris en compte.
Pourquoi l’avis du maire qui refuse le permis de conduire est-il désavoué par le tribunal administratif ? A quoi sert, en France, un dépôt d’un permis de construire ? Qu’est-ce qui fonde la compétence du Tribunal administratif en matière d’analyse des paysages ? Comment se fait-il que la notion de concurrence l’emporte sur l’aménagement rationnel du territoire ? Est-il raisonnable que les loyers perçus pour implanter une antenne relais soient plus rémunérateurs que le travail des champs effectués pendant plusieurs années sur toute la surface d’une exploitation agricole ? Beaucoup de questions qui restent sans réponses !
C’est le bon moment pour retourner à Paris afin d’y voir plus clair.
On questionne l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse). C’est le directeur en personne qui répond : « Il n’y a pas de contraintes juridiques à la construction de plusieurs pylônes dans une même zone. » Ah bon ! Pourquoi ? A quoi sert l’ARCEP ? Le mystère s’épaissit !
Retour en province, en Alsace, dans une zone privée momentanément de réseau. Le système de téléalarme ne fonctionne plus. Pas pratique, non plus, pour appeler les secours, même si le téléphone fixe qu’on utilisait de manière courante il y a 20 ans existe encore. C’est compliqué ces problèmes d’antennes-relais. Quand elles manquent les gens ne sont pas contents ! En creusant, on s’aperçoit que ce black-out des ondes est le résultat de conflits commerciaux entre opérateurs.
Le maire de la commune avait cru faire une bonne affaire en confiant sa parcelle communale abritant l’antenne de TDF à un nouvel opérateur qui lui proposait 35 000 euros / an pendant 12 ans ! Ah, la concurrence ! Les 4 opérateurs en contrat avec TDF ont remballé leurs émetteurs. C’est ça le commerce ! TDF doit maintenant retrouver un terrain.
Il va jusqu’à proposer 200 000 euros aux riverains du coin.
Juteux, l’industrie des ondes ! Au bout de deux ans, bingo ! Un nouvel emplacement est trouvé ! La commune possède désormais deux pylônes. L’un avec ses 4 antennes relais, l’autre, vide ! On apprend que cette situation n’est pas unique mais très répandue sur le territoire français, où la concurrence entre opérateurs pour bénéficier du pactole des ondes est féroce.
Dans la région de Bordeaux, une nouvelle antenne 5G de 30 mètres abîme la vue des propriétaires d’un pavillon. Elle abaisse de 20% la valeur de leur bien. Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, une seconde tour, copie conforme de la première, d’un opérateur concurrent va être érigée à 16 mètres de leur porte d’entrée.
Le voisinage est inquiet.
Quand on demande des explications la réponse est « Toutes les autorisations nécessaires et réglementaires ont été obtenues ». Circulez, il n’y a rien à voir ! La plupart des riverains souhaitent vendre leur maison. Mais quand les gens les visitent, ils voient l’antenne et passent à autre chose : 25 visites par mois, en moyenne, pour 0 offre ! Au fait, cette pollution électromagnétique serait-elle dangereuse pour la santé ?
C’est l’occasion de se plonger dans les textes officiels traitant de la question « Une référence fait consensus, la norme de 61 V / m ne doit pas être dépassée » (source ICNIRP, dit le reportage), « norme adoptée en France, par décret, en 2002 ». 61 V / m, je le note ! « Au-delà, les tissus pourraient être échauffés ». Comme dans le four à micro-ondes qui utilise la même technologie ? Intéressant ! « Des études sur les effets des ondes coordonnées par l’OMS et l’ANSES sont toujours en cours ». Voilà qui est rassurant ! « A ce jour, aucun lien avéré entre l’exposition aux champs magnétiques et certaines pathologies ».
Tout est sous contrôle !
« L’Agence Nationale des Fréquences fixe un seuil beaucoup plus bas : 9V / m » Là, Envoyé Spécial, patauge carrément. Il confond la puissance d’émission des antennes et les points atypiques, c’est-à-dire les endroits où les logements proches sont directement impactés par les antennes. Jusqu’à il y a quelques mois, la limite de ces points atypiques était de 6V / m.
La Ville a signé un accord pour que la norme locale pour les points atypiques soit seulement de 5V / m, à une unité près, la norme, d’avant la manip de l’ANFR. Comme la particularité de Paris est que ses antennes sont hébergées sur les toits des immeubles et que la construction de tours soulève des objections liées au patrimoine, ce n’est pas un si grand cadeau.
Mais avec l’avènement de la 5 G, cela devenait compliqué pour les opérateurs qui dépassaient désormais cette norme de 6V / m. Pour rester dans les clous, il aurait fallu revoir le maillage de certaines zones, ce qui était onéreux. C’est alors que l’ANFR a eu cette idée lumineuse : faire passer la norme de 6 V /m à 9 V / m ! Génial ! Non ? A Paris, les habitants sont des petits vernis !
Cela ne rassure pas un propriétaire parisien qui a trois antennes face à son appartement. Il veut rester anonyme car il a l’intention de déménager et ne veut pas effrayer les éventuels acheteurs. L’ANFR est venue mesurer les niveaux. En 2021. Elle a trouvé 7,98 V / m, c’est-à-dire un chiffre supérieur aux 6V / m de la norme d’alors. Que s’est-il passé ? Rien ! L’ANFR questionnée à propos de cette anomalie répond que « les opérateurs doivent étudier des modifications mais seulement si cela ne compromet pas la couverture et la qualité de leur service ». A quoi sert l’ANFR ? A quoi sert la charte de la ville de Paris ?
Encore de nouvelles questions sans réponse !
A côté, un projet de 6 nouvelles antennes doit être installé dans la cour d’une crèche de la Ville de Paris. Est-ce raisonnable ? Cela mobilise les riverains. Ils notent que les autres antennes sont installées sur de logements sociaux de type HLM. Pour l’instant ils sont exposés à moins de 2V / m. Qu’en sera–t–il avec les nouvelles antennes ? On ne sait pas !

Retour dans le Perche !
Si les ondes sont inoffensives pour les humains selon l’aéropage des industriels des ondes et des agences de l’Etat, elles pourraient nuire aux chauves-souris ? Elles n’arrivent plus à s’orienter lorsqu’elles sont impactées par les ondes ! Tiens donc ! Pourquoi ? Avec un drôle de capteur, un militant écolo repère toute une colonie de chauves-souris. La petite bestiole peut-elle faire dérailler le projet de l’antenne de 212 m devant un tribunal ? Ce n’est pas gagné !
Commentaires :
Tout n’est pas à jeter dans ce reportage. On apprend, qu’en ville, il y a des antennes partout, principalement implantées dans les logements sociaux, parfois dans les crèches. Que bien souvent les normes d’émission fixées de manière élastique par l’ANFR sont dépassées mais que tout le monde s’en fiche !
Que, depuis l’avènement de la 5G, le nombre de ces antennes a été multipliée par des deux. Que les habitats impactés perdent 20% de leur valeur. Que les propriétaires cherchent à vendre et à déménager mais que la vente de leur bien ne va pas de soi. Que la multiplication des antennes n’est pas toujours une question de couverture des zones habitées mais un problème de concurrence sauvage entre les opérateurs de la téléphonie et ceux de la construction des pylônes.
Que d’une façon générale les riverains essaient de lutter contre ces nouvelles implantations, parfois appuyés par leurs élus, mais que tout le monde s’en moque. Qu’au fond, toutes les institutions qui sont censées encadrer l’activité des ondes sont défaillantes et qu’elle se développe suivant sa propre logique.
Tout cela n’est guère positif ! Pourtant les personnes impactées par les ondes, les associations impliquées dans la lutte contre les pollutions électromagnétiques, les scientifiques lanceurs d’alerte sont unanimement déçus par l’émission. La raison en est sans doute qu’elle prend pur argent comptant la thèse officielle selon laquelle les pollutions électromagnétiques sont sans danger pour les êtres vivants. Pour y voir plus clair un petit historique n’est pas inutile.
L’électrosensibilité est un phénomène récent.
Avant la seconde Guerre mondiale, il ne touchait, que quelques individus, sans que leurs symptômes puissent être reliés à une cause connue. A partir de 1945, dans des lieux circonscrits, le problème devient visible. Il s’agit surtout de militaires ou d’employés des aéroports en contact avec du matériel basé sur des technologies des champs électromagnétiques.
Au Danemark, on l’appelle « la Maladie des radars ».
C’est en apprenant que les habitants des zones urbaines des Etats Unis, où des radars sont implantés, entendent des bourdonnements que, Alan H. Frey, un biophysicien de Cornell University (New-York) lance une étude au début des années 1960. Il s’aperçoit que les fréquences comprises entre 1 et 5 G Hz provoquent, au bout d’un certain temps des acouphènes chez les personnes exposées. Cette information n’a guère été du goût de l’Armée américaine et des fabricants de radar.
Quelques années plus tard, il aggrave son cas (The Scientist, 1975) Sa nouvelle étude met en évidence l’ouverture de la barrière hématoencéphalique sous l’effet des ondes du commerce de faible puissance. Cela signifie que des substances toxiques présentes dans le sang peuvent pénétrer le cerveau de manière ordinaire provoquant des ennuis tels que des cancers ou la maladie d’Alzheimer.
Cette fois, les industriels pollueurs se mobilisent pour marginaliser l’impertinent scientifique étatsunien. Il sera qualifié de « sulfureux » par la cellule dédiée du New-York Times financée par l’Industrie des Ondes. Elle reçoit, pour l’occasion, le renfort précieux d’un universitaire de haut rang, prix Nobel de Physique. Du point de vue de la Physique, la distinction entre les rayonnements ionisants (rayons X, Gamma etc.) et les rayonnements non-ionisants (Wifi, 4G, 5G, Bluetooth etc.) est déterminante. Seules les ondes ionisantes ont une énergie suffisante pour arracher un électron de la matière vivante et provoquer des lésions.
Au début des années 1980 le docteur Olle Johansson, chercheur à l’Institut Karolinska de Stockholm, s’intéresse aux symptômes incapacitants qui touchent des personnes travaillant sur ordinateur. Il suspecte les écrans de travail d’être l’origine du problème. A cette époque, ces écrans sont des des tubes cathodiques, une technologie, génératrice d’ondes électromagnétiques.
L’expérience qu’il met en place est très simple.
Pendant huit heures, un public composé de personnes présentant des symptômes et d’étudiants en pleine santé est convié à visionner un programme de télévision. A l’issue de la séance, un prélèvement de peau met en évidence la présence chez les participants de grosses cellules, les mastocytes, caractéristiques des phénomènes allergiques.
On pourrait, instruits par cette expérience, avancer que 100 % des humains sont électrosensibles ! Le lendemain matin, après une nuit de sommeil, on procède à un nouveau prélèvement. Chez les étudiants en bonne santé, tout est redevenu normal, tandis que chez les personnes souffrant de divers symptômes qu’ils attribuent à leur lieu de travail, les mastocytes sont toujours présents. l’Institut Karolinska a eu le plus grand mal à publier cette étude dans une revue scientifique.
Elle sentait le souffre !
Il lui a fallu trois ans ! Mais, quand elle est parue, elle a fait le plus grand bruit. Le premier téléphone mobile grand public est lancé en 1983 et on prédit un avenir commercial considérable au secteur de la téléphonie utilisant les technologies sans fil des ondes électromagnétiques. Des experts sont mandatés pour évaluer les risques liés à ce nouveau marché.
Leur avis est réservé.
Ces ondes du commerce utilisent des fréquences abandonnées par les militaires à cause de leur toxicité. Les politiques – dont l’Europe – décident de passer outre ! On ne peut rater le pactole d’une technologie promise au plus grand avenir. Selon les milieux dirigeants mondiaux dont l’Europe, la révolution des ondes électromagnétiques qui promet le « Marché du siècle » ne doit pas être entravée par les expertises scientifiques. Les compagnies d’assurance sont plus réservées.
Elles décident d’exclure de leurs garanties les dommages causés par les ondes électromagnétiques. « Les Assurances ont pour vocation à couvrir les risques imprévisibles », expliquent-elles, « les risques prévisibles sont un domaine qui dépend exclusivement de la responsabilité du Politique ». Le problème de la toxicité des ondes reste alors mineur car les effets pervers des champs électromagnétiques ne peuvent être observés que sur quelques centaines de cas en France et quelques milliers en Europe.
On pressent que le développement des réseaux de la téléphonie sans fil et de l’Internet, puisse, dans un avenir proche, devenir un problème. C’est ainsi, qu’en 1992, l’Industrie des ondes finance la mise en place de l’ICNIRP (International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection ; Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants). Cette ONG, malgré sa filiation évidente avec les industriels du secteur se prétend un organisme scientifique indépendant.
Elle se propose d’édicter ce qu’est « la Science »
et d’établir des normes en matière d’émission de radiations électromagnétiques. Elle va s’imposer au forceps dans les agences scientifiques et dans les médias. C’est ainsi que la théorie des Physiciens sur ondes non-ionisantes qui seraient sans effet sur les êtres vivants va s’imposer dans les médias et les agences gouvernementales.
Elle va aussi populariser un curieux concept issu des champs de bataille « l’effet Nocebo », selon lequel les effets handicapants observés sur les victimes des ondes seraient purement psychologiques. Ils relèveraient d’une forme d’appréhension voisine du dérangement mental. l’ICNIRP va aussi mettre en place des normes censées assurer les conditions sécuritaires des effets thermiques des champs électromagnétiques.
On peut citer le D A S ( Débit d’Absorption Spécifique ) qui régule le niveau d’émission maximale des téléphones mobiles (2 Watts par kilogramme) ainsi que la puissance d’émission des antennes relais (41 V /m à 61 V / m, selon les fréquences). C’est précisément ces normes de l’ICNIRP qui vont être adoptées en France par un décret datant de 2002. Certains pays vont se montrer plus raisonnables : 6V/m, en Italie, en Pologne au Luxembourg en Chine et en Russie. De fait, ce sont des normes stratosphériques destinées surtout à couvrir les opérateurs des ondes en cas de procès mais loin de préoccupations garantissant la santé du public.
Au début tout se passe bien… ou quasiment !
Avant 2005, on ne répertorie en France, suivant la phraséologie des amis des ondes que quelques centaines de cas de « personnes qui se disent éléctrosensibles ». Mais, leur nombre va croître de manière exponentielle avec le développement du Smartphone et des autres technologies sans fil.
Pendant très longtemps, l’ANSES va tenir la tranchée limitant à 2% le chiffre des personnes impactées par les ondes sur le territoire français. Mais, sous la pression, en 2018, elle concède le chiffre de 5%, que certains trouvent encore sous-évalué mais qui représente quand même trois millions d’individus. Quelques études partielles plus récentes indiquent une tendance haussière : 7,5 % en Suisse ; 9,5 % en Allemagne (2024). Plus récemment (2026), une nouvelle étude venue d’Outre-Atlantique propose 7.5% au Canada, 12.8% aux États-Unis et 17.4% en Australie.
Un travail suédois pluridisciplinaire récent annonce 50 % de personnes électrosensibles à l’horizon 2050.
Nul ne peut dire si cette prédiction se réalisera mais chaque nouvelle étude indique une hausse continue des personnes impactées. Un institut suédois a calculé (2024) que, depuis 1950 jusqu’à la date de l’étude, les ondes électromagnétiques du quotidien ont été multipliées par un trillion de fois (1 000 000 000 000 000 000 de fois). Et encore cela n’inclut pas les effets de la 5G et de la voiture électrique !
Cette augmentation des personnes impactées dans le Monde (plusieurs centaines de millions) est soigneusement cachée ou démentie par les agences de santé françaises ou internationales. Le dogme, pour l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) comme pour la Commission des ondes de l’OMS est que les « personnes qui se disent électrosensibles » sont des simulateurs, voire des malades mentaux et que la courbe ascendante des cancers du cerveau – n’a aucun rapport avec la prolifération des ondes. Ces agences scientifiques, comme les médias, qui reproduisent à la virgule près les éléments de langage de l’ICNIRP ont pour but de laisser le public dans l’ignorance. Cela n’est pas sans inconvénient.
La pollution électromagnétique peut se développer encore et encore au détriment de la santé publique.
Cette anesthésie générale de l’opinion conduit à la situation actuelle où non seulement on n’enregistre aucun progrès dans les mesures de protection contre les pollutions des champs électromagnétiques mais on constate une indéniable régression. Un bel exemple est celui de l’influence du Smartphone sur le développement exponentiel des cancers du cerveau. Santé Publique France pointe qu’entre 2000 et 2020, parmi les jeunes (15-39 ans) le nombre de glioblastomes (espérance de vie = six mois) a augmenté de 6,11 % en moyenne chaque année.
Normalement, une statistique aussi alarmante devrait préoccuper les agences de santé mais il n’en est rien.
Alors qu’en 2011 en dépit du lobbying vigoureux de l’industrie des ondes et des scientifiques qui en reçoivent un financement l’ OMS avait classé comme « cancérogènes possibles » les champs électromagnétiques de radiofréquence des Smartphones, plus de dix ans plus tard alors que l’outil est dans toutes les poches, qu’il fait l’objet d’utilisations déraisonnables, la même OMS conclut à « l’absence de risques de cancers du cerveau liés à l’usage des téléphones portables »… un résultat tout à fait miraculeux !
Il a été rendu possible par le choix de Commission des ondes de l’OMS de ne retenir que 63 études sur les 5379 disponibles. Sur les vingt et un experts désignés par l’OMS, onze sont actuellement ou ont été affiliés à l’ICNIRP et les autres ont été cooptés. Parmi les auteurs principaux de l’étude, trois sont membres de l’ICNIRP. L’OMS financée par les industriels et/ou financiers privés a perdu les conditions de son indépendance.
Bien entendu l’ANSES – comme d’autres assemblées qui se revendiquent appartenir à la science – va s’aligner sur les conclusions de l’OMS provoquant à la marge quelques commentaires discordants. Selon le docteur Marc Arazzi, président de l’association Phonegate « les conclusions de l’ANSES sont le fruit d’une expertise compromise par des conflits d’intérêts structurels et une méthodologie biaisée en faveur de l’inaction et au seul profit des industriels de la téléphonie. » Il ajoute : »Il existe dans les médias une Omerta structurelle sur la question des nuisances des champs électromagnétiques sur les êtres vivants ».
Le reportage d’Envoyé Spécial se situe dans le nouveau contexte où la critique des effets pathogènes émissions de champs électromagnétiques est devenu impossible. On se souvient d’une précédente émission, « Mauvaises Ondes », France 3, 2011. Ce reportage donnait la parole aux scientifiques financés par l’industrie mais aussi à d’autres, lanceurs d’alerte… comme aux victimes directes ou indirectes des radiations.
C’est le principe du contradictoire.
On ne l’a pas vu mis en œuvre dans l’émission de 2026. Il y a une sorte d’inversion des courbes entre la pollution électromagnétique en pleine expansion et sa trace dans les agences de santé et dans les médias. Le problème est invisibilisé. L’Omerta concernant des effets pervers des ondes électromagnétiques est une nécessité pour l’économie des ondes mais elle a un effet délétère sur la santé du monde vivant. Chaque année, on rajoute une nouvelle couche au mille-feuille des ondes (5G, compteurs dits intelligents, voiture électrique appareils connectés aux usages improbables …etc.).
L’accroissement des pollutions électromagnétiques est sans borne.
Dans un même élan les pollutions chimiques : glyphosates et autre pesticides, néonicotinoides, métaux lourds forment avec les ondes électromagnétiques un coktail délétère. Les organismes atteignent leur limite de résistance. Les Ondes agissent comme un formidable accélérateur des pollutions chimiques. Elles en décuplent les effets. On retrouve dans le cerveau de personnes malades, des traces de glyphosates, de neonicotinoides, de métaux lourds… y compris dans le cerveau des enfants.
On peut attribuer l’origine du problème à la rupture de la barrière hématoencéphalique constatée depuis 1975. Nous assistons à un véritable désastre sanitaire : effondrement de la fertilité, EHS, AVC, crises cardiaques, cancers, maladies neurodégénératives et peut-être maladies auto-immunes. Une étude récente dirigée par un Français, le docteur Jean-Marc Sabatier, directeur de recherches au CNRS, attribue ces ruptures de la barrière hématoencéphalique mais aussi les porosités du système intestinal au dérèglement du système rénine-angiotensine (SRA) provoqué par l’exposition aux champs électromagnétiques.
Ce système étant – comme nos organes – régi par des courants polarisés de faible intensité, il est logique que des champs électromagnétiques puissants, pulsés et polarisés de plusieurs voire de plusieurs milliards de Hertz puissent perturber son fonctionnement. Ainsi les dommages constatés dans la barrière hémato-encéphalique, la paroi intestinale ou l’ADN ne proviendraient pas d’un effet direct comme c’est le cas pour les ondes ionisantes mais d’un effet indirect par la mise en défaut du SRA.
Pendant que la maison brûle les médias spécialisés comme grand public dispensent un discours lénifiant.
Le monde politique, comme le monde médical, sous la pression des études de complaisance sont totalement anesthésiés. L’accroissement sans fin de la pollution des ondes a besoin de ce silence.
Si le public pouvait soupçonner un instant que les champs électromagnétiques générés par les outils de son quotidien pouvaient être préjudiciable à la santé, il risquerait de pratiquer une forme de frugalité, nuisible au commerce. L’important pour la science officielle n’est pas d’observer, d’expérimenter, de découvrir de nouveaux concepts mais de se conformer aux dogmes définis par les maîtres de l’économie.
La science n’est pas le seul domaine où cette emprise de l’argent sur l’esprit peut être observée. Dans les médias, l’édition, la culture, le cinéma, le même phénomène est en œuvre.
Ainsi, lorsque des professionnels du cinéma, réalisateurs, producteurs, techniciens, acteurs, signent une tribune pour protester sur la mainmise de l’Empire Bolloré sur le secteur, la réaction du milliardaire est d’inscrire les signataires sur une liste noire, les privant de travail. Un journaliste a interrogé le porte-parole d’un parti qui tient la tête dans les sondages. « C’est celui qui paie l’orchestre qui choisit la musique » a répondu l’éminent politique ! C’est une conception qui a le mérite de la franchise ! C’est une manière de voir le monde ! Tandis que l’orchestre joue inlassablement la musique choisie par le commanditaire, le Titanic vogue vers son destin.
L’émission Envoyé Spécial sur les antennes relais (disponible jusqu’en février 2027)
https://www.france.tv/france-2/envoye-special/8533754-5g-les-antennes-de-la-colere.html



