La Noble-Tour, dernier vestige du rempart du Moyen-Age

La Noble-Tour est le dernier témoin de l’enceinte fortifiée, initiée par Philippe le Hardi. Classée monument historique depuis 1922, la Noble-Tour devrait perdurer encore de nombreux siècles.

La Noble-Tour, de nos jours accueille les touristes ou les parcours pédagogiques.

La Noble-Tour fait partie de l’identité lilloise.

C’est un monument qui témoigne de l’Histoire moyenâgeuse compliquée de la ville. En 1402, elle est commandée à Jehan Sceutre, par Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne et Comte de Flandre (1342-1404). Les travaux, considérables pour l’époque, durèrent 20 ans. Aujourd’hui, c’est un lieu de mémoire, dédié à la Résistance pendant la seconde Guerre mondiale.

C’est aussi un lieu du tourisme lillois.

Ce qui est donné à voir au visiteur, c’est le deuxième étage du bâtiment des origines. Le niveau du sol s’est considérablement élevé depuis le Moyen-Age. Ainsi, pour visiter le rez-de-chaussée du XVe siècle, doit-on en prendre les escaliers qui mènent au sous-sol ! Quant aux étages supérieurs, ils ont disparu. Dès la fin du XVe siècle, puis au XVIe, l’artillerie fait des progrès considérables. Les canons sont désormais coulés en bronze et des boulets en fer. A la fin du XVIe siècle la vitesse des projectiles a triplé. La portée utile de ces canons modernes, atteint le kilomètre !

Ainsi, la Noble-Tour, fleuron de l’enceinte lilloise et de ses soixante-cinq tours est-elle à revoir. Sa hauteur qui était un avantage du temps des arcs et des arbalètes est devenue un handicap à l’époque des lourds canons et des couleuvrines. C’est pourquoi, elle sera considérablement abaissée. Lors du siège de Lille par Louis XIV, en août 1667, la tour sera abîmée, mais reconstruite, abaissée encore et modifiée suivant les plans de Vauban.

Dans la décennie 1860, le rempart du moyen-âge, restructuré au XVIIe siècle est globalement démoli lors du programme d’agrandissement de la ville.

L’utilisation de son emprise et du glacis qui l’entoure vont permettre de fructueuses opérations immobilières et une modernisation du tissu urbain. Mais, ce symbole du moyen- âge et de la puissance des ducs de Bourgogne est épargné. 

La Tour dont le toit s’est enflammé à cause de l’incendie de l’église Saint-Sauveur, dans la nuit du 28 au 29 mars 1896.

En 1896 l’incendie de l’église Saint-Sauveur, proche provoque un incendie qui viendra à bout du toit du bâtiment et endommagera sérieusement l’un des murs. Au début des année 1920, cette zone du quartier est revue pour construire le nouvel Hôtel-de-Ville. Les arbres du square Ruault sont abattus et des maisons des alentours, démolies…. mais, pas la Tour, qui dans cette période où la préservation du patrimoine est quasiment absente de l’esprit des élus, semble avoir conquis chez les Lillois ses lettres de noblesse.

Dans les années 1960, le quartier est entièrement restructuré et bien des bâtiments remarquables comme l’Hôpital Saint-Sauveur, tout proche, sont mis à bas. Mais, la tour est épargnée. En 1959, le général de Gaulle, en personne, vient la consacrer comme symbole de la mémoire de la Résistance de la Seconde Guerre mondiale

Cérémonie patriotique à la Noble-Tour

Ainsi cette tour qui, depuis les années 1400, a connu de nombreux sièges, subi des bombardements et des incendies ; connu la restructuration des remparts selon Vauban qui a vu la disparition de la porte Saint-Sauveur, toute-proche ; traversé des opérations immobilières qui ont modifié de fond en comble le secteur, est-elle toujours debout. Elle est devenue l’un des symboles de l’identité lilloise, de la permanence de la ville et de son Histoire séculaire

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