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Dick Annegarn`

A l’occasion d’un concert à la salle Allende de Mons-en-Baroeul, le public de la métropole lilloise a pu découvrir ou redécouvrir Dick Annegarn en concert : à la fois vieux pote et bête de scène…

« Il y a longtemps que vous le suivez ? »

m’a demandé ma voisine au concert de Dick Annegarn. « Depuis le début des années 1970 », je lui ai répondu ! Je n’aurais jamais dû dire ça ! Du coup, je suis sûr qu’elle m’a pris pour un vieux. Des autres, de cette génération, il y en avait quelques-uns, mais pas beaucoup. La plupart ont sûrement découvert le chanteur dans les années 1990. Ça commence à faire un bail, quand même, mais ils sont restés très présentables. Il y avait même quelques jeunes, égarés. Avec tout ça, la salle était pleine. Il a commencé par dire qu’il connaissait cette commune, avant ! Du temps où il habitait à Lille, ça existait déjà : mais c’était un endroit boueux avec des chemins défoncés. Bien entendu, ça a fait gondoler le public et il se l’est mis dans sa poche. 

Les concerts de Dick Annegarn

c’est moitié chansons insolites, moitié causerie au coin du feu. D’ailleurs le chanteur a un peu regretté que la salle soit si grande. Cela n’a pas gêné la communication et le public était suspendu à ses lèvres. Quand il raconte ses anecdotes, il n’arrête pas de gratter sur sa guitare en palissandre qui produit des sons ronds avec de puissantes harmoniques. Son style est inimitable. Il mêle le folk, le rock, le toucher des joueurs d’Oud d’Orient ou d’Afrique du Nord. Impossible de l’imiter ! Et lui, tranquille, continue ses récits, ni vu ni connu, comme si ce n’était pas lui le musicien ! A mon avis, ses doigts doivent marcher tout seuls et ne s’occupent pas de leur propriétaire.

Mais ce qu’attend surtout le public, ce sont ses chansons… et si possible ses chansons cultes qui ont été un repère d’un moment de leur existence. « Bruxelles », « Lille-Colombophile », Nogent-sur-Marne », souvenirs d’une itinérance du Nord au Sud, de La Haye, au Pays-Bas, au pied des Pyrénées, le Pays des Troubadours. Après cinquante ans de carrière, dont vingt ans de galère, où il n’avait rien d’autre à faire que d’écrire des chansons, il n’avait que l’embarras du choix. Son dernier album s’appelle « Söl », ce qui évoque la solitude en allemand. Mais ses dernières chansons – et les autres – c’est surtout l’occasion de partager des émotions à travers les notes et les mots. Au fait, je ne vous l’avais pas dit : ce Hollandais chantant s’exprime en français et porte aux sommets les couleurs de la Francophonie.

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