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Lille tombe dans les griffes allemandes : petite Histoire en images de la reddition de Lille

Lille tombe dans les griffes allemandes : petite Histoire en images de la reddition de Lille

Le 2 août 1914, devant la gare, les réservistes se pressent pour rejoindre leur régiment, collection, Philippe Leroux.

Christian Brackers d’Hugo, journaliste honoraire, est le petit-fils de René-Hubert Brackers d’Hugo, avocat, premier-adjoint du maire de Lille qui, lors de la prise de Lille en 1914 par l’armée allemande fut l’un des premiers otages désignés par l’Occupant. Il a bien voulu nous confier quelques documents inédits de son grand-père.

Le 1er août 1914, restera une date mémorable.

Ce jour-là, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie. C’est aussi ce même jour que la Place de Lille est déclassée, autorisant la démolition de ses remparts. Le 2 août, les casernes lilloises se vident de leurs régiments. Pour la plupart, ils rejoignent les frontières de l’Est. Le 3 août, l’Allemagne qui a déjà préventivement envahi la Belgique, déclare la guerre à la France. De plus en plus de réfugiés, venus de l’autre côté de la frontière, affluent à Lille. Ils apportent dans leurs bagages des récits terribles. Le maire et son conseil municipal militent pour que Lille soit déclarée « Ville ouverte » … c’est-à-dire, qu’elle ne soit pas défendue. Ils espèrent ainsi la soustraire aux exactions et aux destructions en tous genres pratiquées par l’Envahisseur.

Le maire, Charles Delesalle, dépêche auprès de Viviani, le président du Conseil, une délégation de son Conseil municipal. Elle est dirigée par son premier adjoint, René-Hubert Brackers d’Hugo.  La requête de la Ville est approuvée par Viviani le 24 août. Aussitôt, dans le plus grand désordre, la garnison et son chef, le général Herment, évacuent la ville. Le préfet Trépont s’installe à Dunkerque avec ses 3 000 fonctionnaires. Les casernes, les dépôts d’armes de vivres et de matériels ainsi que les archives militaires sont laissés à l’abandon. L’arsenal, la citadelle et les magasins sont pillés par des éléments non contrôlés de la troupe qui battent en retraite en direction d’Arras. Seul, le maire, Charles Delesalle, est resté à Lille. René-Hubert Brackers d’Hugo a gardé dans ses archives ce courrier manuscrit d’époque, d’un rédacteur désormais inconnu :

« Le jour de l’évacuation de Lille, le Préfet a téléphoné au Maire en lui disant à peu près ce qui suit : « Je pars à Dunkerque. Je vous donne tous les pouvoirs. Faites ce que vous voulez ! » Les magasins à vivres étaient abandonnés, ouverts et les habitants commençaient le pillage. Le magasin au fourrage abandonné à la garde d’un officier d’administration en retraite qui avait comme consigne d’y mettre le feu. »

Ce sont le maire, les conseillers municipaux et leurs connaissances, qui vont sauver du désastre les documents militaires intéressant la Défense nationale et les stocks de vivres, armes et munitions laissés à l’abandon : « Dans les grands magasins généraux militaires, rue Royale, on ramassa 8 900 kilos de sucre cassé, 900 kilos de sucre cristallisé, 136 sacs de café à brûler, 198 sacs de sel, 241 caisses de boîtes de conserve… 50 fûts de saindoux. À la caserne Saint Ruth, on découvrit 600 chevaux et plus loin, dans les pâturages voisins, 132 bœufs et 1 200 moutons appartenant à l’autorité militaire. Enfin on avait pu sauver du désastre 37 000 fusils Lebel, 16 000 fusils transformés, 1 million de cartouches, 400 000 kg de poudre, de nombreux obus, des caisses à munitions et des canons, 5 000 équipements militaires, etc. », écrit Jean Loredan, un témoin de cette époque.  Averti de sa bévue, le ministère de la Guerre renvoie le général Herment dans le Nord avec des éléments de la 81e et 82e division territoriale pour sauver tout ce qui peut l’être ou détruire ce qu’on n’est pas en mesure de transporter.  Herment s’occupe de sa tâche avec célérité mais ne s’embarrasse pas des détails comme en témoigne la mitrailleuse lourde française Hotchkiss de 37 mm, dite « canon-revolver », qui, durant toute la durée de l’Occupation, a menacé les passants de la Grand-Place. 

Devant la Grand-Garde, sur la place du centre de Lille, un escadron de soldats allemands garde le lieu. La mitrailleuse est de fabrication française. Elle servait aux tirs de flanquement dans les forts d’arrêt du Camp retranché de Lille. Collection Alain Cadet

Puis, il s’en retourne dans son ministère laissant le Camp retranché lillois vide. Mais la guerre dédaigne Lille et sa région, devenue une sorte de no man’s land militaire. En ville, il reste encore beaucoup d’hommes en âge d’être appelés sous les drapeaux. Le préfet Trépont revient à Lille le 27, repart à Dunkerque le 28, puis, le 30, s’installe de façon plus durable dans sa préfecture afin « d’organiser le départ dans une ville qui est réintégrée dans la zone des armées ». C’est dans ce flou des derniers jours d’août que l’on voit apparaître, en ville, les premiers éléments de l’armée ennemie.

Le 31 août 1914, débarque à Lille le lieutenant von Oppel.

Il était bien connu du monde du commerce comme fondé de pouvoir parisien de la société des lampes Osram. A la tête d’une vingtaine de hussards du 12e régiment prussien, il sillonne le Nord et le Pas-de-Calais. Dans un hôtel de Lens, il réquisitionne l’automobile d’un commis voyageur luxembourgeois et, dans ce bel équipage, entend d’emparer de la ville de Lille. Il fait savoir au maire qu’il se charge lui-même d’assurer l’occupation de la Place et de ses forts d’arrêt. Puis, von Oppel file vers Roubaix au moyen de sa puissante automobile. Il s’empare du maire, Jean-Baptiste Lebas et de quelques-uns de ses conseillers. Il les ramène à la mairie de Lille, devenue son QG. Mais le préfet Trépont, bien qu’il n’ait reçu aucun ordre de l’autorité supérieure, a pris dans l’intervalle l’initiative personnelle d’évacuer tous les hommes mobilisables vers Dunkerque. Von Oppel est furieux. Il exprime son intention de fusiller le préfet. Il est à deux doigts de le faire. Finalement, in-extremis, il renonce. Le 5 septembre, pour une raison inconnue, von Oppel quitte la ville. Il laisse un courrier au maire Charles Delessalle : « Je crois que je serai de retour demain… »  Mais, le lieutenant von Oppel n’est jamais revenu à Lille !

Dessin daté du 2 septembre 1914 et signé d’un certain G. Duc… © Christian Brackers d’Hugo

La date ne laisse guère de doute sur la nature de la scène représentée par ce dessin. Le dessinateur est probablement Georges-Casimir Ducastel, 1855-1829, conseiller municipal à Lille. Mais, la fin du nom, coupée sur l’image, laisse subsister un doute. Nous sommes au moment où von Oppel et sa troupe ramènent Jean-Baptiste Lebas, le maire de Roubaix à l’Hôtel de Ville de Lille. Le décor est celui de l’ancienne mairie de la place Rihour, détruite par l’incendie de 1916. Les élus, pris en otage, sont entourés de soldats allemands en armes. Un des conseillers, plus âgé, appuyé sur une canne, est assis dans un fauteuil.

Georges Ducastel

On suppose que l’officier allemand armé de son revolver est le lieutenant von Oppel.

Il est possible que ce dessin corresponde à un moment particulier très précis mais il est envisageable que différents moments de la journée du 2 septembre 1914 aient été résumés sur un seul document comme c’était l’usage dans certains dessins d’illustration ou dans les bas-reliefs d’Inde ou d’Egypte.

Il va s’ensuivre une période de grande confusion. Vers le 10 septembre, deux officiers allemands viennent en automobile depuis Maubeuge. Ils s’installent tranquillement sur une terrasse d’un café de la Grand-PlaceLeur choppe bue, ils repartent comme ils étaient venus. Le 18, on voit réapparaître quelques centaines de fantassins français qui s’installent à la gare. Ils en repartent le 3 octobre. Le lendemain, pour la première fois, la ville est attaquée. Les Allemands arrivent à la fois par la route de Bruxelles et à bord d’un train blindé. Il est bloqué en gare de Fives. Les uhlans pénètrent dans la ville par l’une des trouées des remparts. D’autres soldats franchissent la porte de Tournai. Ils atteignent quasiment la gare. Mais, un détachement de chasseurs à pied de la Territoriale qu’on avait ramené en toute hâte d’Armentières leur fait face, bientôt aidé par une unité de mitrailleurs anglais. Les assaillants doivent se retirer laissant beaucoup de morts sur le terrain.

L’Etat-Major français vient de s’apercevoir que Lille est une plaque tournante ferroviaire, très utile pour acheminer les troupes ennemies dans les régions d’Arras et de Dunkerque, où de violents combats opposent les deux armées. La mission des territoriaux est de tenir la gare et de retarder la progression ennemie tant que la ville n’est pas encerclée. Le 9, elle est sur le point de l’être. Les territoriaux quittent Lille en direction de Dunkerque. Dans la nuit ils reçoivent un contrordre et ont pour mission de retourner à Lille. Le 10 octobre au matin, tandis que le détachement est en marche en direction de Lille, les Allemands sont déjà en ville. Deux uhlans à cheval attachent leurs bêtes sous le porche de la Grand-Garde et demandent à parler au maire. Ils lui annoncent leur arrivée en force dans la journée. « L’après-midi, sur la Grand-Place, des uhlans viennent d’apparaître suivis d’une cinquantaine de fantassins », raconte Eugène Martin-Mamy, un journaliste lillois. « Une fusillade crépite au coin de la rue Esquermoise. Deux uhlans tombent. » Les territoriaux et les goumiers – en tout, moins de 4 000 hommes – sont de retour en ville. Le détachement allemand se replie vers la mairie, s’empare du maire, de quelques-uns de ses conseillers et, s’en servant comme d’un bouclier humain, se dirige vers la citadelle.

Cette prise d’otages n’est pas du goût du préfet, Félix Trépont, qui dépêche sur les lieux un bataillon de chasseurs. En infériorité numérique, les allemands consentent à rendre les otages, saufs et ravis, en échange de leur retraite en toute sécurité. Pas un coup de feu n’est tiré. 

Dessin daté du 10 octobre 1914 et signé G. D. © Christian Brackers d’Hugo

Ce dessin représente le moment où le détachement de ulhans, poursuivi par la garnison française se rend à l’hôtel de Ville pour prendre le maire et son conseil municipal en otages. Visiblement l’opération n’a pas été aussi lisse que le récit qu’en font les livres d’Histoire. « On a tiré sur nous », écrit Georges-Casimir Ducastel, l’auteur présumé du dessin. On suppose que les tirs étaient plus destinés à impressionner qu’à tuer. Mais on est très proche de ce pléonasme qui fleurit aujourd’hui dans les journaux, gazettes et chaînes d’Info : « le crime de Guerre ». Tirer sur des civils désarmés est en effet moralement répréhensible. On remarquera qu’il y a certaines similitudes avec l’épisode von Oppel. Mettre en joue les civils, particulièrement les élus, et les désigner comme otages à tout bout de champ sont des figures récurrentes de la panoplie des officiers de l’Armée allemande. Pour le maire et son Conseil municipal, ces épisodes violents à répétition devaient être une source de profonde angoisse.

A partir de cette date, la ville isolée et assiégée va soutenir un bombardement intense.

Les défenseurs (environ 3 000 soldats de réserve et un régiment d’élite de cavaliers venus d’Afrique du Nord d’environ 500 hommes) vont résister vaillamment. Les tentatives d’incursions par les portes de la ville vont se solder par autant d’échecs sanglants. Avec seulement quelques pièces de 75, il est impossible de résister à l’armée allemande de 40 000 hommes et à sa puissante artillerie. Elle cible le centre de la ville et les usines de la périphérie. L’objectif est double : détruire l’outil industriel et terroriser la population.  Une pluie d’obus et de bombes incendiaires s’abat sur la ville. On compte jusqu’à 21 coups par minute. Dans l’après-midi du 12, plus un seul canon de 75 n’est en état de fonctionner. Il n’y a plus une seule balle à mettre dans les fusils Lebel. À 4h35 de l’après-midi, tandis que les Allemands pénètrent dans la ville par la porte d’Arras, le commandant de Pardieu fait hisser le drapeau blanc au sommet du clocher de l’église du Sacré-Cœur. Lille est allemande ! « Le général allemand, qui croyait trouver dans Lille des forces considérables, ne trouva au plus que 1 500 territoriaux d’infanterie, 500 cavaliers et trois canons inutilisables », devait noter dans son journal l’un ces territoriaux, évadé. 

Le 13 octobre, 1914, dans Lille dévastée, rue du Molinel, le reste de la garnison qui a défendu la ville est conduit à la citadelle, pour y être enfermée. Collection Philippe Leroux

Dès le 13 octobre 1914, le général major Wahnschaffe, commandant des troupes se rend à l’hôtel de ville pour fixer ses conditions. On apprend que le maire devra lui remettre, dès le lendemain, la somme de cinq millions de francs au titre des frais d’occupation. Presque chaque jour, les murs de Lille sont recouverts de proclamations qui sont autant d’atteintes aux libertés des Lillois.

Ainsi, le 14 octobre, le colonel Schmidhuber, qui a la responsabilité provisoire de la ville, informe les Lillois que « toutes les armes et munitions sont à déposer de suite à la mairie. Celui qui retient chez lui de tels objets sera fusillé. Toutes les automobiles devront être remises à la citadelle. Celui qui loge chez lui sans autorisation des personnes appartenant à l’armée française sera fusillé. Il est défendu, sous peine de mort, de lancer des dirigeables, de lâcher des pigeons voyageurs, d’installer des appareils radiotélégraphiques, de faire des signaux optiques ou de faire sonner les cloches. » Le communiqué affiché le 18 octobre précise que « les ouvriers de la compagnie d’éclairage devront porter un brassard blanc avec leur numéro d’inscription timbré par Monsieur le Colonel… Toutes les horloges doivent indiquer l’heure allemande qui est en avance d’une heure sur la française ».

Document non daté et non signé © Christian Brackers d’Hugo

Même si ce dessin ne comporte pas de signature, il est de facture identique aux précédents et ne laisse aucun doute sur l’identité de son auteur. La scène se déroule le 13 octobre 1914. Nous sommes dans la salle du Conseil de l’ancien Hôtel de ville. Un lustre remarquable et un portrait accroché au mur identifient le lieu. Sur un côté de la table, sur deux rangs, sont assis le maire et son conseil municipal. En face, seulement trois officiers allemands. Ils sont tous trois de hauts gradés. L’officier de gauche, debout est probablement le général major Wahnschaffe, tandis que parmi les deux officiers assis on trouve le colonel Schmidhuber. Les rapports sont beaucoup plus calmes que lors des scènes précédentes. L’Occupant, sûr de lui, dicte sa loi. 

 La première proclamation que fait placarder dans Lille l’autorité allemande fixe les mesures d’urgence mais elle contient la liste des otages : une pratique récurrente pendant toute la guerre et même pendant la suivante. Cette première liste regroupe l’élite de la ville. On y trouve monseigneur Charost, l’évêque de Lille ; Félix Trépont, le préfet ; Charles Delesalle, le maire ; Gustave Delory, son prédécesseur et Henri Gesquière, député du Nord. De nombreuses autres listes d’otages seront publiées suivant toutes les occasions et tous les prétextes.

Document daté du 19 octobre et non signé © Christian Brackers d’Hugo

Le dessin est de même facture que les précédents. La scène se déroule le 19 octobre 1914. Les talents de dessinateur de Georges-Casimir Ducastel sont plutôt bien venus. Désormais, il est interdit par l’autorité allemande de posséder un appareil de prise de vue et a fortiori de prendre des photographies. Nous sommes rue Nationale avec la Vieille-Bourse en arrière-plan. C’est le trajet pour aller à pied de la mairie, située place Rihour, à la citadelle. Les otages lillois sont escortés d’un escadron à cheval de militaires allemands. Si les dessins précédents n’ont eu qu’une diffusion très confidentielle, celui-ci a fait l’objet d’une édition, après-guerre et peut-être retrouvé chez les collectionneurs. 

La citadelle de Lille devient la plus importante prison de la ville.

Ce bâtiment construit par Vauban pour empêcher l’ennemi d’y pénétrer est aussi très pratique pour empêcher les prisonniers français d’en sortir. La citadelle possède des casernements considérables. C’est le lieu idéal pour y enfermer soldats et otages. Avec les fossés qui font le tour, c’est aussi très pratique pour fusiller ceux qui sont soupçonnés d’espionnage comme Léon Trulin ou les membres du réseau Jacquet. Les défilés de prisonniers, de la mairie à la citadelle, de la citadelle à la gare, passage obligé pour la déportation, sont aussi un spectacle à la gloire de l’Allemagne et de son Empereur. Ils sont faits pour frapper l’imagination du peuple de Lille qui, devant ces marques de la supériorité de l’armée allemande, est censé se soumettre à l’Occupant.

Document de juillet 1915, non signé © Christian Brackers d’Hugo

Les otages à la citadelle sont soumis à un régime spartiate : un sommier de fer et un matelas pour passer la nuit.

C’est du mauvais casernement… des conditions très différentes pour cette élite lilloise de celles que leur permet leurs confortables appartements. Il est possible que ce soit la chapelle de la citadelle qui ait été réquisitionnée, mais c’est peut-être un lieu qui lui ressemble. En général le nombre d’otages lillois désignés était de 60. C’est à peu près ce que semble indiquer cette image. A chaque extrémité de la pièce, un soldat, en arme, garde les prisonniers. Il y a des tables qui permettent d’écrire ou de dessiner. Le croquis est daté sur la table du premier plan

La liste des otages du 19 octobre 1914, Archives Municipales de Lille

La liste des otages du 19 octobre 1914. On notera les noms de René-Hubert Brackers d’Hugo, premier adjoint au maire, Georges-Casimir Ducastel, conseiller municipal et probablement l’auteur de la série de dessins publiés dans cet article, Georges Lyon, le recteur de l’Académie de Lille, Eugéne Martin-Mamy, écrivain, journaliste, directeur et rédacteur en chef du Progrès du Nord, un proche de l’équipe municipale. Tous ses hommes sont des abonnés malgré eux de ces fournées d’otages avec Charles Delesalle, le maire, Gustave Delory, l’ancien maire, Monseigneur Charost, l’évêque, etc. Quand ils n’étaient pas otages à la citadelle ils pouvaient l’être à d’autres occasions comme pour le concert du 25 décembre 1915 en présence du généralissime von Falkenhayn. On avait convoqué ce jour- là à l’Opéra, une charrette d’otages de grand luxe pour dissuader d’éventuels attentats. 

Pendant toute la durée de l’Occupation, du 13 octobre 1914 au 17 octobre 1918, soit 1465 jours, les otages ont fréquenté les geôles de la citadelle. Cela devait être lourd à porter quand on pense qu’ils étaient les garants de la paix en ville et avaient vocation à être fusillés en cas d’attentat d’un réseau de résistants ou de saboteurs infiltrés.

Document de juillet 1915, signé G. D. © Christian Brackers d’Hugo

Il s’agit de la revue en l’honneur du commandant de la citadelle. Il pleut mais un soldat tient un parapluie pour protéger son chef. Les hommes, fusil sur l’épaule, défilent au pas, le visage tourné vers leur officier supérieur. Les Allemands raffolaient de ces spectacles militaires, symboles de l’Ordre et de la puissance de l’Empire. C’était aussi visiblement une distraction pour les otages qui rompait leur quotidien plutôt angoissant.

Cet article s’est efforcé de relier les évènements survenus à Lille au début de l’Occupation de la première Guerre mondiale et la relation imagée de Georges-Casimir DucastelQuand on déroule le fil de l’histoire, on s’aperçoit que l’auteur de ces dessins a choisi avec soin les scènes représentées, qui sont symboliques des moments clé de l’Occupation allemande. Cette série d’images est un témoignage précieux et oublié de ces moments tragiques de l’Histoire de la ville.

Remerciements à :

Georges-Casimir Ducastel pour ces dessins précieux.

René-Hubert Brackers d’Hugo qui les a soigneusement conservés et transmis.

Christian Brackers d’Hugo qui nous les a communiqués

Sujet voisin :

11 janvier 1916, quartier Moulins-Lille, L’explosion des Dix-huit-Ponts

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