Voiture électrique: des coupures dans l’alimentation
La voiture électrique est la dernière révolution de la traction automobile. Certains effets collatéraux avaient été anticipés. Mais, des évènements inattendus viennent ternir le tableau.

Le Monde vit la révolution électrique.
Il vient de s’apercevoir que les hydrocarbures polluent et qu’ils vont finir par manquer pour alimenter les véhicules routiers, de plus en plus nombreux. Ainsi, la Chine et les Etats-Unis, bientôt suivis par l’Europe, ont-ils opté pour le véhicule électrique. Les ingénieurs du XXIe siècle ont planché sérieusement afin d’améliorer le bon vieux moteur à induction de 1887, inventé Nikola Tesla, et les batteries qui vont avec.
La voiture électrique demande une métamorphose radicale du réseau routier. Fini, l’essence, le gasoil et même le GNL et… place aux bornes rechargement de plus en plus performantes. Pour que le système fonctionne, il faut qu’il y en ait partout, en ville et sur les routes. Les fournisseurs d’énergie, les Grandes Surfaces, l’Etat, les collectivités locales et territoriales s’attachent à multiplier les bornes disponibles pour l’usager. L’idée est de les disposer en maillage pour qu’un point de distribution soit accessible depuis n’importe quel endroit du territoire.
Un grand journal régional titre récemment « Explosion des vols de câbles de bornes de voiture ». Il développe : « C’est un véritable fléau, qui touche toute la France. Le vol de câble des bornes de recharge automobile frappe particulièrement le Nord, département le plus touché avec la Seine-et-Marne ». Pour l’instant, le phénomène n’empêche pas le système de fonctionner. 42 bornes sur 179, (soit environ 24%) dans la Métropole lilloise ont reçu la visite des vandales. Le hic, c’est que cela concerne (pour des raisons technologiques) les bornes à recharge rapide, au câble externe, qui sont l’avenir du système.
Cette information n’est pas une bonne publicité pour la Révolution électrique. Une recherche Internet montre la grande discrétion des médias nationaux sur ce sujet brûlant. Si cela fonctionne pour les propriétaires de véhicules thermiques qui envisagent l’achat d’un nouveau véhicule à la mode, pour les utilisateurs de véhicules électriques, c’est trop tard ! Ils sont déjà au courant : « C’est une raison de plus pour moi de retourner au thermique », témoigne l’un d’eux. « La recharge est un stress. Je préfère payer le carburant à 2 euros le litre plutôt que de chercher des bornes fonctionnelles sur 20 ou 30 km, à chaque fois ».
Cette histoire de vol de câble est une absurdité.
Chaque câble revendu sera fondu pour récupérer le cuivre dont le prix flambe (12 000 dollars la tonne). Pour un câble, cela représente 50 € de gain pour le voleur, mais 10 000 € de préjudice pour le Distributeur électrique… assorti d’une perte d’exploitation d’un mois, le délai pour que le remplacement du câble soit effectif.
On peut s’étonner que ces câbles tout à fait reconnaissables puissent-être revendus avec autant de facilité, mais les voleurs de câble en fournissent la preuve. Pour contrer le phénomène les acteurs de la filière envisagent la mise en œuvre de systèmes coûteux : balise GPS, gravure d’un code sur les gaines, matières plastiques identifiables, produit bleu indélébile résistant plusieurs jours sur les mains des voleurs, Mais, pas sûr que cela ne fonctionne, face au gain facile.
La voiture électrique pour tous n’a pas que des supporters.
Certains lui reprochent son poids excessif qui délite les pneus en microparticules toxiques, son manque de fiabilité, son emploi immodéré de métaux rares extraits dans des conditions moyenâgeuses, ses émissions d’ondes électromagnétiques toxiques pour les êtres vivants, ses besoins énormes en électricité dans une planète où sa production est de plus en plus problématique. Ces histoires de câbles volés, c’est anecdotique, mais ça fait mauvais genre !



