Portraits croisés, le quartier « Lamartine – Languedoc » de Mons-en-Barœul, 59370

Au début des années 1960,

beaucoup de jeunes familles ont trouvé refuge dans ce qu’on appelait la ZUP de Mons. Ces tours, dont on aperçoit trois exemplaires – mais qui sont en réalité au nombre de quatre -, sont le plus souvent désignées par des noms de poètes mais comportent cent logements chacune. Au début des années 1960, ce nouveau quartier, « la ZUP de Mons » qui vient de sortir de terre est à lui seul, plus peuplé que la commune d’après-guerre (10 000 habitants contre 9 000 ). Dans les décennies 1950 – 1960, la demande de logement est très vive, d’autant plus que Lille, la métropole voisine, se lance dans de grands programmes de rénovation et d’extension. Au début des années 1960, dans ces immeubles monsois, arrivent en masse les familles exclues du centre-ville. Elles viennent pour la plupart s des quartiers jugés insalubres, comme ceux de Saint-Sauveur ou des Bois Blancs. Cette ZUP a été très décriée. Mais, à l’époque, avec leurs cuisines intégrées, leurs salles de bains rutilantes, leurs vastes pièces de séjour, ces logements représentent le paradis pour les nouveaux arrivants. L’aire de jeux est plutôt rustique : un petit mont en pierre en forme de toboggan avec dessous… un tunnel, petit bout d’aventure qu’il faut traverser. Ces enfants des années 1960, pour les plus chanceux d’entre eux, sont devenus des sexagénaires, à la retraite depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, l’aire de jeux est toujours là !

Elle est bordée par une pelouse : l’écologie et à la mode ! L’équipement central permet de se livrer à l’escalade. Il évoque un mobile de Calder – peut-être une allusion discrète à l’acte de naissance du quartier ? –. Il n’est guère sollicité. Les quelques passants ont surtout les yeux rivés sur leur téléphone portable. Les trois tours de la photo précédente existent toujours. Pourtant l’opération de rénovation « ANRU » est passée par là. Chacun de ces trois-cents appartement de ces tours a été rénové dans ce qu’on appelle une « opération-tiroir » : on va habiter quelques semaines dans un logement voisin puis on récupère son appartement, désiamanté, avec des sanitaires neufs, la cuisine refaite, un nouveau carrelage au sol, les murs repeints. À l’extérieur des bâtiments les murs des immeubles ont été rhabillés de nouveaux matériaux. Désormais, les appartements sont protégés par des doubles vitrages. Mais, cette opération de l’ ANRU a aussi été la Saint-Barthélemy des autres immeubles du secteur. À l’arrière de la photo, la barre de l’immeuble Rhin— Danube (cent-quarante logements et neuf étages) a été démolie pour laisser place un programme d’une trentaine de logements à un seul étage avec jardin privatif. À gauche, le grand bâtiment de l’avenue René Coty est le seul survivant des années 1960. Mais il se murmure qu’il pourrait bien disparaître avec le Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine (surnommé ANRU 2). Par rapport à ses origines, le secteur a été considérablement dédensifié. Mais, les nouvelles directives européennes recommandent à nouveau de densifier les villes pour préserver les campagnes. La politique de la ville est un chantier permanent.

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