Frédérique Delbarre, fille et petite fille de l’Art, n’en fait qu’à sa tête.

Frédérique Delbarre, alias Frédé est la fille de Raoul, dit Raoul de Godewarsvelde.

Le  célèbre chanteur, emblématique de la région Nord-Pas-de-Calais, a vécu surtout de la vente de ses clichés. «Mon père était la deuxième génération d’une famille de photographes », explique Frédé. « Mon grand-père, Francis Albert Victor Delbarre, avait ouvert sa première boutique, rue Saint-Sauveur, en 1912. Il avait fait écrire sur la devanture de son magasin : On opère par tous les temps… même  la nuit.  J’ai été élevée dans un milieu d’artistes. Il en venait beaucoup à la maison… particulièrement des peintres, Majhoud  Ben Bella, Arthur Van Hecke et surtout Roger Frezin, le meilleur ami de mon père. Ils se connaissaient depuis l’enfance ».

 En ce temps là, Frédérique dessine beaucoup… surtout des têtes de personnages qui viennent remplir la feuille. Après le bac, Frédérique rangera ses pinceaux et deviendra attachée de presse à Fréquence Nord, au Bateau Feu de Dunkerque puis à l’Aéronef. La peinture et les peintres se sont éloignés à une exception près. À la mort de Raoul, en 1977, c’est son ami Roger qui deviendra, pour son frère et elle, leur père adoptif. Ils resteront très proches, jusqu’au décès du peintre, l’an dernier.

Frédérique Delbarre
Frédérique Delbarre

Roger Frezin était monsois. Il possédait, rue Parmentier, un vaste atelier, hérité de son père, graveur réputé. En 2009, le peintre décide de vendre le local. A l’intérieur se trouve un immense bric-à-brac de chevalets, de toiles vierges ou ébauchées, de vieux pinceaux et peintures. Avec quelques fidèles, Frédé est chargée de faire place nette. « Il s’est passé quelque chose de très bizarre», confesse-t-elle. « J’ai eu l’impression de sortir d’une période d’amnésie de presque 30 ans. Il y avait parmi un amoncellement de toiles,  un immense portrait de mon père peint je ne sais quand. J’ai récupéré plusieurs objets : des tables et des chaises maculées de peinture, du petit matériel et un lot de toiles vierges. En rentrant à la maison, immédiatement, je me suis remise à peindre ». Frédé a repris la peinture à l’endroit exact où elle l’avait  laissée. Elle accumule ses têtes de personnages sur les supports les plus divers : «J’utilise souvent des objets de récupération », explique-t-elle. « De vieux mannequins, des tubes en carton, de vieilles poupées. J’essaie de travailler sur le volume. Ce qui caractérise mon travail, c’est aussi son côté multiple. Mes « têtes » se répètent à la manière d’un papier peint même si, depuis quelque temps, on voit apparaître, ici ou là, quelques éléments de décor. Je peins ce qui me plaît… selon ma fantaisie. »

 Frédé a acheté une maison, rue des Prévoyants, pas très loin de l’atelier de la rue Parmentier, sur le trajet précis qu’empruntait Roger, lorsqu’il était enfant, pour venir glaner dans les champs. Elle se revendique comme peintre monsois. Depuis 2010, elle expose au Fort mais aussi dans les galeries du vieux Lille et du Touquet… à l’hôtel L’Hermitage Gantois de Lille.

On les trouvera les curieuses têtes de Frédé, du 4 au 12 janvier à l’exposition Assemblages, qu’organise Eugénies dans la grande salle du Fort.

Alain Cadet

Illustration : Frédé pose devant l’une de ses œuvres, avec une veste Hollington, qui a appartenu à Roger Frezin.

 Contact : f.delbarre@wanadoo.fr /  Tel: 03 20 33 07 99

Auteur : CLP

Enseignant une quinzaine d’années et se réoriente vers la photographie puis la réalisation de films documentaires. Ayant connu toutes les évolutions techniques de la profession du cinéma 16 mm juste qu’à la vidéo haute définition, Alain Cadet finit par faire valoir ses droits à la retraite en tant que salarié. C’est un retraité très actif puisqu’il continue à faire des films dans le secteur privé. Il écrit aussi désormais beaucoup pour des journaux locaux et surtout sa collaboration avec la presse écrite lui a permis de renouer avec la passion de sa jeunesse : la photographie !

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