Luchin, une ferme remarquable du XIXe siècle, devenue le temple du football du XXIe siècle, 59780

Luchin, une ferme remarquable du XIXe siècle, devenue le temple du football du XXIsiècle, 59780

Le domaine de Luchin et sa ferme ont accompagné l’Histoire. Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vocation agricole du domaine a contribué à sa prospérité. Mais, durant ces dernières décennies, le lieu a bien failli disparaître…

Le domaine de Luchin existerait – dit-on – depuis l’époque de Charlemagne. Au gré des ventes il va passer de mains en mains : familles nobles, grands bourgeois, industriels. Au début du XVIIIe siècle, on y construit un château qui, totalement délabré, sera rasé dans les années 1950. Quant à la ferme, elle va perdurer encore quelques décennies. 

La ferme de Luchin a été entièrement reconstruite en 1851. C’est, à l’époque, un édifice moderne et fonctionnel. Il s’organise sur un quadrilatère de 88 m le long sur 65 m de large : quatre bâtiments – dont l’habitation du fermier – bâtis autour de la vaste cour. On y pénètre par un porche monumental surmonté d’un pigeonnier à toit pyramidal. Il est étudié pour le passage des charrettes et des convois agricoles. On sent la volonté du maître-maçon qui a dessiné la ferme d’en faire un bâtiment impressionnant qui marque les esprits du voisinage. A cause de ses dimensions, certains y voient l’influence des bâtiments agricoles de la plaine du Pô, en Lombardie. 

Pourtant cette ferme en quadrilatère est construite sur le modèle flamand de la hostfède. On peut la comparer à la célèbre « ferme de Louis XIV », rue de Lannoy, à Fives, construite en 1661 et rasée il y a un siècle. A la fin du XXsiècle l’activité agricole de la ferme de Luchin s’interrompt. Elle est la proie du vandalisme. Les fenêtres sont brisées tandis que le toit dégradé laisse pénétrer la pluie. Dans les années 2003 et 2004, on envisage de faire de l’endroit un lotissement tandis que le LOSC, l’équipe fanion de Lille manifeste son intérêt pour le rachat du domaine, Quatre mystérieux incendies se déclenchent à la ferme de Luchin. Le dernier sera le bon. Il détruira la toiture et le corps de ferme.

Cela ne mettra nullement en péril la motivation du club de football qui, appuyé par les collectivités locales, va pousser résolument son projet. Les activités du LOSC étaient éclatées en différents lieux. Les regrouper était un gage d’efficacité, une nécessité du football moderne. Le site de Luchin était aussi très proche de Villeneuve d’Ascq, l’un des seuls endroits possibles pour y implanter un grand stade. Décidément Luchin était le lieu idéal pour concrétiser le projet du LOSC. C’est ainsi que la décision d’acquérir ce domaine de 46 hectares est actée en 2003. L’équipement sera inauguré en septembre 2007. Bien entendu le nouveau domaine correspond aux standards d’un grand club de football professionnel, très différents des besoins de ceux des fermes du XIXe siècle. De nouveaux bâtiments, en harmonie avec les anciens, ont été créés.  Mais, l’architecte a préservé tout ce qui pouvait être sauvé, de telle sorte que ce temple du football du XXIe siècle reste aussi un témoignage de l’architecture rurale du XIXe siècle. Le nouveau centre regroupe le siège du club et ses activités administratives, le centre de formation avec son amphithéâtre et ses trois terrains de football, le pôle des professionnels avec deux terrains et les installations annexes (musculation, sauna, bains de récupération, etc.), des locaux d’enseignement, un internat et un lieu de restauration collective. Bref, ce centre de Luchin du LOSC est une véritable petite ville à la campagne. C’est un atout important pour ce club qui doit faire face à la rude concurrence d’équipes possédant des moyens financiers considérables.

Histoire d’une autre ferme de la Métropole :

La ferme de Louis XIV, un morceau de l’Histoire de la France, aujourd’hui disparu, Fives, 59000

Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

Publications: 302

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