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Le parcours du combattant et le coup de colère de Jean-Marie

Jean-Marie Watteau est un ancien cadre de la fonction publique territoriale.

Depuis qu’il est à la retraite il est surtout réputé pour son flegme et ses performances de guitariste, notamment lorsqu’il se produit dans les divers centres sociaux ou foyers de la commune. Mais, ce dimanche 6 mai au matin, jour d’élection, il ne décolérait pas !

Jean-Marie est en colère
Jean-Marie entre les deux candidats

Son beau-père, Jacques Brunet, 84 ans, qui a fait une carrière dans la métallurgie est, depuis deux ans, pensionnaires du foyer des Cèdres. Son état de santé (insuffisance respiratoire) demande un suivi médical permanent. Cela n’a nullement empêché Jacques, d’aller voter à pied, le 22 avril dernier. De toute sa vie, il n’a jamais raté une élection pour quelque motif que ce soit. Malheureusement, il faisait un peu froid et il à contracté une bronchite ce qui, dans son cas, est une maladie sérieuse.

Le 25 avril, on doit appeler le SAMU et placer Jacques en soins intensifs. Depuis, les choses vont un peu mieux mais, pour autant, pas question de quitter l’hôpital ! C’est pourquoi Jacques convoque son beau-fils, Jean-Marie, pour lui signer une procuration. Le papier, de sa belle écriture, n’est pas suffisant. Il y a une procédure légale qui doit être respectée. C’est là que les ennuis commencent !

« Je me suis rendu au commissariat de Mons, dès le 26 avril », se souvient Jean-Marie. « On m’a dit : « Pas de soucis ! Tout va bien ! J’enregistre votre demande mais comme votre beau-père est hospitalisé dans la commune de Lille, nous transmettons son dossier au Commissariat central ».

Le 3 mai, Jacques demande des nouvelles de sa procuration. Jean-Marie, de retour de l’hôpital   fait un crochet par le bureau des Ordres du commissariat central : « pas de problème », le rassure-t-on, «nous avons votre demande en bonne et due forme. Quelqu’un va venir à l’hôpital, faire signer le dossier à votre beau-père, aujourd’hui ou demain».

Mais le samedi 5 mai, toujours rien ! Le bureau des Ordres est fermé. « Nous avons un problème d’effectifs » s’excuse un des policiers présents. Jean-Marie se rend immédiatement au bureau d’astreinte des élections de la préfecture, muni d’un certificat médical, précisant l’état de son beau-père mais, renseignements pris, il apprend que toutes les listes sont bouclées et que Jacques ne pourra pas voter.

Le 6 mai, matin  des élections il vient déposer plainte à la permanence du Tribunal d’instance, place du Concert, à Lille. « Je vais transmettre votre plainte au procureur car vous êtes loin d’être le seul dans ce cas-là », lui assure la secrétaire de service.

Jean-Marie se démène ! Il a prévenu Rudy Elegeest, le maire de la commune, Franck Hanson, le correspondant de RTL (qui  habite pas très loin de chez lui) et même France 3. « Lundi », tempête-il « je ne me rendrai au commissariat central pour porter plainte contre eux. Je connais pas mal de policiers. Ils vont bien rigoler. Mais je le ferai quand même, c’est une question de principe ». Sur ce, Jean-Marie a tourné les talons pour aller voter au bureau situé à quelques mètres. Nul ne sait pour qui Jean-Marie a voté et qui aurait bénéficié du suffrage de son beau-père si ce dernier avait pu s’exprimer !

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