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L’amour du vin est plus fort que la mort, 59370

L’amour du vin est plus fort que la mort, 59370

Albert et Paulette ont vécu ensemble presque toute leur vie. Désormais, les voilà réunis pour l’éternité dans un caveau du cimetière communal. 

Pour accéder au cimetière, on doit suivre une grande allée qui mène au « Carré des Maires ». Là sont réunis tous les édiles qui se sont succédé. Les tombes, ici, sont monumentales, comme celle d’Alexandre Delemar, charron de son état, maire de la commune de 1862 à 1896.  Une grande croix, surmontant le monument, domine tout le cimetière. Puis, à travers de petites allées qui quadrillent les sépultures, on peut accéder à l’une ou l’autre tombe de tous ceux pour qui l’endroit est devenu un lieu de repos éternel… À l’extrémité de l’une de ces allées, on découvre la tombe d’Albert et Paulette. Albert est parti le premier en 1986.  C’était une tradition pour les hommes de cette époque où le travail était rude, de partir en premier.  Paulette l’a suivi, en 2006. La tombe est coquette, bien entretenue. Si l’on en juge par les fleurs et les nombreuses plaques qui recouvrent la dalle funéraire, Albert et Paulette ont dû avoir beaucoup d’enfants et de petits-enfants… des amis aussi.  

La mort n’a pas éteint leur souvenir dans le cœur de leurs proches.  

À travers tous ces témoignages, déposés sur le marbre de la pierre tombale, on sent beaucoup d’amour. L’un de ces objets honorant la mémoire du défunt est très particulier. Il s’agit d’une bouteille de « Montagne Saint-Émilion » de 2019 ! D’après les habitués du lieu, elle a été déposée là, il y a un mois environ.  Personne, n’a eu l’idée sacrilège de l’emporter ! Les fleurs « c’est périssable », tandis que les bouteilles de vin, « c’est plus présentable », jusqu’à un certain point.  Confronté à ce soleil de juin, avec la chaleur, avec la lumière, ce vin de Bordeaux ne doit plus être ce qu’il fut ! Ce présent s’adresse-t-il à Paulette ? À Albert ? Aux deux ? En tout cas, au moins l’un d’entre-eux, devait être amateur de bon vin.  Quelqu’un qui le connaissait bien à eu l’idée de ce témoignage baroque d’affection. C’est une attention délicate !  Si Dieu existe et qu’Albert et Paulette sont au Paradis, ils ont sûrement été très touchés ! 


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Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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