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Les politiques des technologies nouvelles appliquées aux domaines de l’Education sont-elles toxiques

Les politiques des technologies nouvelles appliquées aux domaines de l’Education sont-elles toxiques ?

Les politiques des technologies nouvelles appliquées aux domaines de l’Education sont-elles toxiques ?

Les politiques des technologies nouvelles appliquées aux domaines de l’Education sont-elles toxiques

L’émergence des technologies numériques et des transmissions par les ondes radio a modifié en profondeur le domaine de l’éducation. Il s’agit d’un « progrès » au sens que cette évolution conduit à une situation nouvelle. Mais, quid des performances des élèves ? Après des dizaines d’années de fuite en avant, sans aucune évaluation du bien-fondé de ces politiques, devant bien de symptômes inquiétants, de sérieux doutes commencent à poindre.

L’un des premiers pays à effectuer un réveil douloureux a été la Suède. Chaque année, 16 000 élèves quittent le collège sans pouvoir entrer au lycée. Le niveau des jeunes Suédois en lecture, mathématiques et sciences s’est effondré. La Suède qui, il y a quelques décennies, caracolait en tête pour l’excellence de son système éducatif, s’est installée dans le ventre mou de l’Europe. 

“ La Suède interroge son modèle éducatif 

Chaque année, son Ecole et le niveau de ses élèves, ne cessent de se dégrader. Il serait abusif d’en attribuer la cause à la seule utilisation abusive du numérique en classe. En 1991, un gouvernement libéral succède à plusieurs décennies d’emprise sociale-démocrate. Il développe les « friskolor » (écoles libres) au détriment de l’enseignement public. Il adopte un système promu par l’économiste américain Milton Friedman, chantre du Néolibéralisme.  Désormais une enveloppe, financée par les communes – et non plus par l’Etat – est attribuée à chaque élève. Avec cet argent, les établissements scolaires paient les enseignants, le personnel administratif et les frais de fonctionnement. En d’autres termes, le système scolaire suédois obéit désormais à la seule logique de marché.  Cette nouvelle donne a permis l’avènement de sociétés cotées en Bourse dont le seul objectif est de de réaliser des profits. Les établissements privés se doivent d’attirer le plus d’élèves possible, tout en réduisant les coûts. Le secteur public, démuni, est déclassé. Pour survivre ou se développer, il existe bien des solutions : se passer des manuels, supprimer la bibliothèque, fermer la cantine, augmenter le nombre d’élèves par enseignant, embaucher des professeurs non qualifiés avec des salaires inférieurs et… naturellement, à chaque fois que c’est possible, remplacer le personnel coûteux par des tablettes et ordinateurs reliés à l’Internet ou à des logiciels dédiés. 

Depuis peu, le Gouvernement suédois pointe du doigt les écrans. Ils seraient responsables de la baisse du niveau des élèves. Il s’oriente vers un retour aux manuels scolaires. Sa ministre des écoles a retoqué la stratégie de l’Agence nationale de l’enseignement scolaire qui, comme tous les ans, encourageait, encore et encore, le développement du numérique dans les classes. Selon la ministre cet usage intensif du numérique serait une « expérimentation… une attitude dépourvue d’esprit critique qui considère avec désinvolture, la numérisation comme bonne, quel que soit son contenu ». D’où sa volonté de revenir aux manuels scolaires qui auraient « des avantages qu’aucune tablette ne peut remplacer ». Le gouvernement suédois va débloquer 685 millions de couronnes (60 millions d’euros) cette année et 500 millions (44 millions d’euros) par an, en 2024 et en 2025 pour mener sa nouvelle politique. 

“ C’était mieux avant ! 

La ministre des écoles a jugé que les écrans étaient les principaux responsables du recul des compétences des jeunes Suédois en lecture et en compréhension, ce qu’avait mis en évidence l’étude « Progress in International Reading » publiée à la mi–mai 2023. Naturellement cette mesure ne va pas modifier le champ éducatif suédois comme d’un coup de baguette magique. Les élèves, qui ont perdu l’habitude d’écrire ou de compter ne vont pas instantanément retrouver les compétences perdues. Une étude de 2018, a montré que près de la moitié des enfants de 3 ans utilisaient quotidiennement Internet et 20 % des 5-8 ans avaient leur propre smartphone, tandis que 32 % possédaient une tablette. 

C’était mieux avant ! 

Cela doit être bien plus encore en 2023 !  Même si l’association suédoise des pédiatres s’inquiète pour sa part, de l’exposition de plus en plus systématique aux écrans des plus petits, dès la maternelle, la surexposition numérique des tout petits n’est pas prête de s’arrêter. La pression de l’industrie des ondes et de l’Internet dont les moyens sont considérables risque d’être déterminante.  Mais, la démarche mérite d’être saluée. Elle bat en brèche le dogme du numérique partout. La Suède va devenir un champ d’expérimentation intéressant pour ses voisines européennes. 

“ La France, aussi, a changé de modèle éducatif 

En France, aussi, les ondes et les écrans ont envahi l’Ecole, depuis longtemps. Le phénomène, initié dans les années 1970, sous l’impulsion des innombrables ministres de l’Education qui se sont succédés s’est développé à la manière d’un mille-feuilles : plan « 100 000 micros », plan « Informatique Pour Tous » (Laurent Fabius,1985) ; plan pour « Les nouvelles technologies dans l’enseignement » (Claude Allègre, 1997) ; plan « École Numérique Rurale » (2009), plan « Le développement des usages du numérique à l’École » (Luc Chatel, 2010) etc. Ces différents plans ont des objectifs très louables : « mieux préparer les élèves à être acteurs du monde de demain » ; « aider les enseignants à faire évoluer leurs pratiques pédagogiques », etc. On va désigner officiellement cette dernière conquête de l’école comme celle des « technologies de l’information et de la communication à l’école » (TICE). Cet avènement des TICE répond à la nécessité « d’adapter l’école à l’évolution du Monde »

La France, aussi, a changé de modèle éducatif

Mais les effets collatéraux de ces politiques n’ont pas été anticipés. On a assisté à une fuite vers le futur où la qualité de l’enseignement était évaluée d’abord au nombre d’ordinateurs mis en batterie. Pour la plupart des Politiques, du Gouvernement, des Assemblées, des Collectivités territoriales… et même pour les cadres de l’Education Nationale, l’informatique à l’Ecole est un progrès en soi, un dogme qu’il serait mal venu de contester. Or, à l’issue de ce demi-siècle où les écrans se sont imposés à l’école et dans la sphère du quotidien, l’évolution de la situation devrait susciter une légitime inquiétude. Naturellement, en France, pas question de remettre en cause la dictature des écrans. Cette impudente ministre de l’Education suédoise est une complotiste avérée. Chez nous, la Religion du Progrès grâce à la multiplication des écrans et des technologies micro-ondes est un dogme qui ne souffre aucune contestation. Penser différemment, serait vouloir revenir « à la lampe à huile », suivant un élément de langage bien connu. 

“ Le « Petit d’Homme » face à l’Ogre numérique

Mais, sur le terrain, les professionnels de l’éducation relèvent des symptômes très inquiétants. Ainsi, Annick Appetito, enseignante suisse relève : « Comme nombre de mes collègues, j’observe un appauvrissement graduel de certaines compétences chez l’enfant. Pour certains, l’écran se substitue aux histoires du soir, aux promenades en forêt, au premier coloriage. Devant ce constat, je confesse un certain scepticisme face à la « stratégie numérique ». Le problème est transfrontalier ! Les stratégies du développement du numérique, à l’Ecole ou dans la sphère familiale, ne s’embarrassent pas de leurs effets induits. Pourtant en 2012, presque 40 ans après les premiers balbutiements du numérique dans le champ éducatif, un constat d’étape tire la sonnette d’alarme. Selon le rapport PISA de l’0CDE, 2012, « Les pays qui ont consenti d’importants investissements dans le domaine des TIC dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. » Les pays les plus performants sont « non seulement les pays les plus en pointe des technologies numériques mais également ceux qui intègrent le moins ces mêmes technologies numériques en classe, […] ceux dont les élèves utilisent le moinsl’ordinateur à la maison pour le travail scolaire ». 

Le « Petit d’Homme » face à l’Ogre numérique

Le rapport ne met pas pour autant de côté l’intérêt évident de ces nouvelles technologies pour l’Ecole : « Si les élèves ne sont pas capables de naviguer dans un environnement numérique complexe, ils ne pourront plus participer pleinement à la vie économique, sociale et culturelle du monde qui les entoure. ». AinsiIl conviendrait de mieux former les enseignants aux enjeux et aux usages du numérique pour une meilleure pédagogie. Former les élèves, c’est aussi former leurs enseignants. Ces sages conseils n’ont pas été suivis d’effets. Les Instituts de formation des maîtres (IUFM), mis en place à cette époque n’ont pas la côte chez leurs anciens étudiants. D’aucuns vont jusqu’à prétendre qu’ils n’y ont rien appris. Il y a même eu un moment, où l’on a purement et simplement supprimé la formation des enseignants. En même temps, on continuait la distribution des ordinateurs et des tablettes à tout va ! 

“ Former les enseignants au numérique ! Pour quoi faire ? 

Dans la sphère familiale, c’est la même chose. Aujourd’hui, dès l’âge de 3 ans, les jeunes enfants reçoivent une tablette connectée sans que leurs parents ne puissent imaginer les effets nocifs. La surexposition aux champs électromagnétiques cumulées est une nuisance non seulement pour les apprentissages fondamentaux mais aussi pour la santé. Les ondes électromagnétiques, à une fréquence de plusieurs milliards de Hertz, polarisées et pulsées détruisent nombre de neurorécepteurs dans le cerveau… des élèves et des adultes ! Cela libère des particules calcaires qui vont produire l’oxydation de cellules du cerveau et une réaction en chaîne. L’effet immédiat sera une altération de la mémoire, qui peut, à la longue, conduire à de graves pathologies. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, a-t-on vu apparaître aux Etats-Unis un nombre significatif de cas d’Alzheimer chez les patients de 30 à 40 ans. En France, ce sont quelques adolescents de 13 à 15 ans atteints par cette pathologie qui interrogent. Du jamais vu ! L’équipe médicale qui les suit suspecte que la cause ne puisse avoir été la présence permanente de leur smartphone, sous l’oreiller, pendant toute la nuit. 

Former les enseignants au numérique ! Pour quoi faire 

Une salle de classe avec la trentaine de smartphones des élèves, la Box de l’établissement boostée pas ses répéteurs, des liaisons wifi dans tous les coins font de l’environnement scolaire un lieu hautement toxique. Nul doute que la surexposition aux ondes en milieu scolaire a une part de responsabilité dans ces désordres. Quelle est la part de la sphère scolaire et de la sphère privée dans ces désordres ? Difficile à dire ! Il faudrait pour cela reconnaître le problème et mettre en place des études. Ce n’est pas pour demain… ni même pour après-demain. L’Omerta est une solution bien moins onéreuse !

“ L’Irlande aussi  se pose des questions 

Il n’y a pas qu’en Suède qu’on se pose des questions sur le bien-fondé des politiques de multiplication des ondes et des écrans en milieu scolaire. Ainsi, en Irlande, les parents et enseignants des écoles primaires de Greystones, une petite ville côtière, ont-ils adopté le « Greystones act ». Il consiste à supprimer le smartphone et autres écrans connectés pour les moins de treize ans. Cette décision a été prise à la suite du niveau croissant d’anxiété des enfants attribué à l’usage immodéré de cette technologie. L’objectif est d’éviter les comportements addictifs et de protéger les plus jeunes des effets nocifs des écrans. La mesure a aussi été étendue au temps passé à la maison. Cette expérience, unique en son genre, interpelle les Irlandais. Des élèves du secondaire confient à l’Irish Times que « Les smartphones et les réseaux sociaux détruisent la santé des enfants. Leur surutilisation nuit à la capacité d’étudier. » Le ministre de la santé de la république d’Irlande, Stephen Donelly, devant les succès de cette initiative souhaite même la dupliquer à l’échelle de la nation. Il déclare au Guardian : « L’Irlande peut être et doit être un leader mondial pour s’assurer que les enfants et les jeunes ne sont pas ciblés et ne souffrent pas de leur interaction avec le monde numérique. Nous devons permettre aux parents de limiter plus facilement le contenu auquel leurs enfants sont exposés ».  Ici, ce ministre, serait taxé de complotiste par le microcosme des Ondes et des Médias et se trouverait en grand danger. Remarquons que si, devant la chute vertigineuse du niveau des élèves, leur grande nervosité, des politiques d’autres pays européens comme la Suède ou l’Irlande commencent à se poser des questions et soupçonnent les ondes et les écrans – sans doute à juste titre – d’être la cause des nuisances constatées, en revanche, le problème de santé publique et de mise en danger des élèves en milieu scolaire n’est pas identifié. Mais, c’est tout de même un début… modeste : un premier pas ! Comme il se dit et même se chante en Irlande : « It’s a long way, It’ a long way to go ! »

Sujet voisin :

L’étincelle de Greystones


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Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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