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Michel et son petit chien

Michel, Bruno, Itigo et Sam, les protagonistes de notre histoire

Depuis quelques temps, impossible de sortir en ville sans entendre parler d’un livre curieux qui vient de sortir, « Michel et son petit chien ». « Comment, tu ne l’as pas lu ! C’est très intéressant !  Cela parle de la rue du Général De Gaulle et de ses habitants. C’est une suite de toutes petites histoires, qui se lisent très rapidement. Il s’appelle « Michel et son petit chien » à cause du personnage principal, Michel Horlac’h. Tu connais ? »  Si je connais Michel ? Bien entendu ! Je connais aussi son petit chien !  D’ailleurs, lui aussi, il me reconnaît ! Me voici soudain pris de remords, d’ignorer un événement littéraire qui s’est passé juste à côté chez moi et dont je suis le seul à ne pas avoir été prévenu. Je contacte Michel. Me voici bientôt au rendez-vous obtenu, grâce à son intermédiaire, chez Bruno Villalba, l’auteur du livre. Michel est présent aussi… ainsi que son petit chien Itigo et, pour faire bonne mesure, Sam, le petit chien que Bruno a adopté récemment. Nous étions là, entre gens et animaux de bonne compagnie… tous concernés par la même histoire.

Michel et son petit chien, photographiés en Janvier 2020

 Bruno Villalba est professeur en Sciences Politiques.

Il lui arrive d’écrire des ouvrages qui concernent sa spécialité.  Mais des livres sur les Monsois, jamais ! Et sur les chiens ? Encore moins ! Cette histoire de « Michel et son petit chien », débute mal… un certain 2 novembre, vers 11 heures. Bruno est terrassé par un Accident Vasculaire Cérébral. Son voisin, Michel, comme tous les jours, promène son petit chien. Ils sont tous les deux sur le trottoir pour voir partir Bruno dans l’ambulance. Un AVC, c’est toujours délicat. Suit une période de doutes et de fatigue pendant laquelle, sortir de son canapé n’est pas facile. Le kiné qui accompagne le convalescent est plein de bons conseils : « Faites des petites balades dans votre quartier ! », propose-t-il. Mais les balades, tout seul, c’est triste, voire limite louche ! Bruno ne connaît pas vraiment Michel Horlac’h, sauf dans son rôle de Trésorier de l’association du quartier, l’Ass’haut de Mons, lorsqu’il tardait à régler sa cotisation.

Malgré tout, Bruno propose à Michel de l’accompagner et de prendre le train quotidien de la promenade du petit chien. C’est ainsi que va débuter un cycle de plusieurs mois de balades situationistes basées sur les itinéraires et les points de vue de Michel. Bruno a commencé à écrire à propos de Michel et de son petit chien – au début sans prévenir l’intéressé -, puis, il le lui a avoué. « J’ai plutôt été flatté », commente Michel. Michel à ses habitudes dans le quartier.

Sur son itinéraire, il y a toujours la même vieille dame

à sa fenêtre, qui regarde les passants. La rue, c’est sa télé, à elle ! A un moment, il quitte la rue du Général De Gaulle pour s’engager dans la rue Franklin, où se trouve le magasin Intermarché. Il y achète son pain – toujours une baguette – ainsi que le journal Le Monde– jamais le journal local – : « Y’a rien dedans »,dit-il. Outre le marchand de journaux – canal officiel – il y en a un autre qui vend un drôle de magazine à l’intérieur. C’est une manière de survivre pour les très pauvres et aussi un business pour ceux qui impriment le journal. Le tarif n’a pas changé depuis des lustres : toujours deux euros ! Cela fait des plombes que cela dure. Il était déjà là du temps de l’ancienne direction du magasin. A l’entrée, on trouve aussi un Roumain avec un accordéon qui joue toujours le même air. « Boujour monsieur, boujour madame, ça va la familia ? ». Il fait la manche au profit d’on ne sait qui. Depuis quelques temps, il a disparu. 

Le square du Monument aux morts et la rue Rollin, où habite Michel

Des personnages à la marge, on en trouve aussi

rue du Général de Gaulle, comme cet homme qui avait établi son campement dans le square du Monument aux morts. Il était toujours là, assis sur un banc, sirotant sa bière. Il ne parlait jamais à personne et ne demandait jamais d’argent. Des riverains qui n’appréciaient guère sa présence ont mis la pression pour que les arbustes derrière lesquels il s’abritait la nuit soient élagués. Cela n’a rien changé. A toute heure, il était toujours là ! Un jour, il a disparu. On a appris qu’il était mort ! De quoi ? de froid ? de faim ? de maladie ? Pourtant, il n’était pas très vieux. Personne n’en a parlé. C’est comme s’il n’avait jamais existé. La rue du Général de Gaulle, c’est un endroit où l’on rencontre une foule de gens de toutes tailles, de tous âges, de toutes les couleurs. Certains sont carrément excentriques.  C’est un peu comme si des personnages de films différents s’étaient échappés pour se donner rendez-vous à cet endroit. D’ailleurs, l’un d’entre eux ressemble furieusement à Jacques Tati, avec une démarche raide de des longues jambes qu’il manie comme les branches d’un compas. Il range sa pipe d’un geste sec dans la poche de son pardessus, avant de s’engouffrer dans la station de métro. 

Devant la station de métro, Mons-Sarts

On rencontre aussi des Monsois bien connus et identifiés.

Certains sont seuls, tandis que d’autres promènent également leurs chiens.  En général, les chiens ressemblent à leur maître… à moins que cela ne soit l’inverse ! Les chiens, c’est un grand sujet de conversation… parfois de friction ! Il est vrai qu’il est difficile de faire plus de dix mètres, rue du Général De Gaulle, sans rencontrer une crotte de chien ! Michel ramasse toujours scrupuleusement les crottes que son petit chien, Itigo, produit durant la promenade. Il sait que c’est un sujet sensible. Un riverain a apposé sur sa fenêtre une affiche sur laquelle on peut lire : « Ceci est un trottoir et non pas un crottoir ».  Malgré ces précautions, il a retrouvé un jour, un torchon, mal écrit, punaisé sur sa porte : « La prochaine fois que tu fais chier ton clébard devant ma porte d’entrée je te fais bouffer ses crottes. A bon entendeur. » Pas facile d’habiter un quartier résidentiel ! Les gens y sont parfois des chiens !

La rue du Général-De-Gaulle, à Mons-en-Baroeul

La rue du Général De Gaulle, c’est l’ancienne voie commerçante de la ville avec toutes ses petites boutiques, disparues au fil des ans. Certaines ont résisté. On ne sait pas trop pourquoi ! Avant, il y avait un fromager, un fleuriste, deux bouchers qui ont baissé leurs volets en quelques mois. L’une des deux boulangeries est toujours là ainsi que deux cafés et deux pizzerias. Le salon de coiffure est situé juste en face du domicile de Michel. Il y est client depuis des dizaines d’année et a contribué à la préservation de ce commerce. « La même coupe que d’habitude »,annonce-t-il toujours en rentrant dans l’échoppe. Peu à peu, la rue est devenue le paradis des agences immobilières et des banques, mais depuis, quelques années même les agences bancaires ferment leurs portes !

Le livre de Bruno Villalba, c’est une chronique du Haut-de-Mons

et singulièrement de la rue du Général De Gaulle, sur les petites choses du quotidien, un regard porté avec l’aide de Michel Horlac’h et de son petit chien, sur la vie des gens et le temps qui fuit.

Si on est intéressé par le livre « Michel et son petit chien » on peut se le procurer via l’Ass’Haut du Haut-de-Mons : 

`Facebook@AssHautdeMons ou pierrem.guerin@gmail.com

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