Portraits croisés : le vieil estaminet de la rue Thiers, 59370

Le Vieux-Mons a bien changé et il est parfois difficile de faire la correspondance entre les images du passé et celles d’aujourd’hui…

Portraits croisés : le vieil estaminet de la rue Thiers, 59370

La rue Thiers, de Mons-en-Barœul se prolongeait jusqu’à Lille, avant de changer de nom, pour devenir, Jules Vallès. Ce rapprochement est bien curieux, car, ce dernier, élu de la Commune de Paris, fut condamné à mort en 1871 par le gouvernement du premier. Quoi qu’il en soit, cette rue Thiers, par l’intermédiaire du pont du même nom, permettait d’atteindre l’autre rive de la voie de chemin-de-fer qui va de la gare de Lille à la Belgique. Un peu après la première Guerre mondiale, l’endroit était très peuplé… en témoigne l’estaminet de Léon Lesoing qui pose fièrement avec sa famille. Les commerces des angles de rues étaient très prisés à l’époque. On pouvait prétendre à la clientèle des deux voies adjacentes. Il y avait même un boucher de la commune qui rachetait les maisons d’angle afin d’éviter que ne s’installe un concurrent. Chez Léon, on buvait les bières de la « Semeuse » (Hellemmes) et non pas celles de la « Brasserie Coopérative de Mons-en-Barœul », pourtant proche. Juste à côté de chez Léon s’était installée la société « Nord-Bouteilles » spécialisée dans le recyclage des verres. On peut dire de ce vieux quartier qu’il  « avait de la bouteille. »

Aujourd’hui, la rue est en sens unique : on peut se rendre de Mons à Lille mais pas l’inverse. L’estaminet de Léon Lesoing s’est transformé en maison particulière. Les « chiens-assis » du deuxième étage ont été remplacés par des « velux » de formes sobres. Il n’y a pas que l’estaminet de Léon qui ait disparu. « Nord-Bouteilles », aussi, a fermé ses portes. Cela a permis d’ériger sur son terrain l’Hyper « Intermarché », ainsi que son concurrent low-cost, « Aldi » . Dans ce triangle sont désormais concentrées les seules activités commerciales du secteur. Jusque dans les années 1950 le quartier avec la rue Thiers, mais surtout la rue Franklin, qui lui est perpendiculaire, était l’un des plus commerçants de la ville.

Remerciements :

Merci à Jacques Desbarbieux qui a eu cette idée qui ne manque pas de cachet

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Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

Publications: 262

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