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Cassien Debray, photographe et éditeur de cartes postales à Crèvecœur-le-Grand, à inondé de sa production, de 1900 à 1935, les communes du canton. C’est un homme de l’Art exceptionnel. Pourtant, concernant les photographies de la commune de Cormeilles, nous avons quelques doutes sur l’identité du photographe.

Cette photo représente la rue Notre-Dame. Nous sommes à la sortie du village en direction de Breteuil-sur-Noye, l’un des chefs-lieux de canton proches de la commune. C’est un endroit où les habitations commencent à s’espacer et où la densité de population est inférieure à la plupart des autres lieux du village. Pourtant, le photographe est arrivé à réunir pas moins de dix-huit personnages de toutes les générations dans sa photo. Les enfants des écoles, vêtus impeccablement, sont dans la rue de même qu’un moissonneur avec sa faux. Visiblement, la photo a été prise un dimanche. C’est pourquoi on peut se demander si cette carte postale éditée par la maison Debray – Bollez de Crèvecœur-le-Grand, n’a pas été sous-traitée auprès d’Ovide Traversier, excellent photographe, habitant de la commune et, de plus, presque le seul capable de mobiliser tout ce monde à une heure négociée. Pour quelqu’un venu de l’extérieur, même de Crévecoeur, ce serait une chance extraordinaire. Par ailleurs, le soin maniaque mis à composer l’image rappelle tout à fait le style d’Ovide.

Une production Debray-Bollez, dans un style plus sobre et plus économique

Dans cette photo du quartier du Bas c’est beaucoup plus humain pour l’Opérateur : seulement sept personnages. Il s’agit aussi d’un jour où les enfants ne sont pas à l’école. Mais, pas d’homme d’âge mûr, capable de travailler aux champs. Le cliché a probablement été pris un jeudi. C’est sans doute le travail de Cassien Debray, une photo voisine de celles prises habituellement dans les autres communes du canton.

Mais, l’éditeur de Crèvecœur-le-Grand avait une concurrente à Cormeilles, en la personne de Madame veuve Hucher. Il s’agit du café-tabac-épicerie du quartier du Bas. Il existait encore sous une autre forme dans les années 1960. Sans doute, était-ce plus avantageux pour ce commerce d’être son propre éditeur que de vendre les cartes postales de Cassien Debray, en ne touchant qu’un faible pourcentage.
Ainsi cette carte postale de la rue Neuve a-t-elle pour éditeur Madame Veuve Hucher. On retrouve les mêmes caractéristiques que sur la photo de la rue Notre-Dame, avec beaucoup de personnages (pas moins de dix-huit) dont beaucoup d’enfants des écoles (pour mémoire rappelons que le métier d’Ovide était celui d’instituteur). On peut se demander si le photographe n’est pas encore une fois Ovide Traversier, d’autant plus que cette photo de la rue Neuve est prise juste devant sa maison. Le seul personnage que l’on puisse identifier avec une quasi-certitude, c’est Marie, la sœur d’Ovide, repérée sur d’autres photographies.

Histoire - Noir et blanc
Une autre photo de la rue Neuve qui ressemble beaucoup au style d’Ovide

Elle a un dos voûté et une façon de se tenir très particulière. Ce qui est certain c’est que le photographe n’est pas Cassien Debray : il ne va pas organiser lui-même la concurrence à son activité ! Il y a quelques petits défauts d’équilibre du cadre et d’étagement des plans dans cette prise de vue – ce n’est pas le style d’Ovide – ce qui pourrait plaider pour l’intervention d’un troisième photographe inconnu. Mais c’est peu probable à cause de la mobilisation de tous les habitants de la rue et de la qualité du matériel de prise de vue. À part ces deux, ci-dessus cités, on ne voit pas trop qui aurait pu prendre cette photographie !

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