Éole a perdu sa boussole, bien malin celui qui va la retrouver, Hauts de France (02, 59, 60, 62, 80)

Éole a perdu sa boussole, bien malin celui qui va la retrouver, Hauts de France (02, 59, 60, 62, 80)

Faut-il développer le secteur éolien aux dépens des autres énergies et notamment du nucléaire ? La politique menée dans ce domaine depuis 20 ans est-elle la bonne ? Selon un clivage très curieux, les avis sont partagés. Mettre une nouvelle pièce dans les tuyaux d’orgue du vent, est-ce raisonnable ? Mais, rester silencieux, est-ce responsable ?

Le principe de ce blog est d’être apolitique.

Ce positionnement est totalement assumé. Partant du principe qu’il existe beaucoup de Français de droite tandis que d’autres restent ancrés à gauche, positionner politiquement un article, c’est se couper d’une bonne partie de ses lecteurs. C’est une originalité de nos jours, où la Presse d’Opinion règne en maître absolu sur la quasi-totalité des titres et des médias. C’est une des raisons qui font que les thèmes récurrents de ce blog (histoire ancienne, histoire locale, actualités de proximité) ne fâchent d’ordinaire que très peu de monde.

Il y a pourtant un domaine où j’ai dû déroger à ma règle de conduite, c’est celui de la pollution par les Champs Electromagnétiques (antennes-relais, smartphones, routeurs wifi, objets connectés, lignes Haute tension, transformateurs 10 000 V dans les immeuble d’habitation, éoliennes, etc.) Si l’industrie des Ondes est incontestablement une forme de progrès, elle est aussi une nuisance et un défi pour la santé du public. Le nombre des personnes intolérantes aux ondes, ne cesse de croître en corrélation avec le développement des outils connectés et l’absence d’encadrement raisonné de leur usage. Je suis devenu moi-même, – ainsi que mon épouse – électro-sensible. C’est presque un devoir d’informer sur cette réalité désagréable, qui sera partagée dans les années à venir par de plus en plus de gens.  Cela, m’a amené à évoquer l’action des lobbys des ondes, la mainmise des Opérateurs sur les décisions politiques ou à encore à dénoncer la décision récente du président Macron d’interdire toute recherche sur les Ondes et leurs nuisances. Bien entendu, tout cela va à l’encontre de la bonne conscience de ceux qui pensent que le temps qui s’écoule et le progrès sont intimement liés… quoi qu’il advienne. Mes mauvaises nouvelles troublent leur quiétude.

L’article qui va suivre ne va pas arranger mon cas.

Le 16 juin prochain aura lieu « la Journée européenne de l’Electrosensibilité ». Les Associations demandent à leurs adhérents de sensibiliser le public à l’électro-sensibilité. L’occasion m’en est fournie par une décision controversée du Conseil Régional des Hauts-de-France. Il va financer les Associations de riverains, opposées aux éoliennes qui n’hésitent plus à traîner les Opérateurs du Vent devant les tribunaux. Le journal local titre « La subvention du conseil régional qui fâche »De quoi s’agit-il ? D’une subvention de 170 000 € sur trois ans pour la fédération « Stop-Éoliennes Hauts-de-France » afin de financer des recours en justice contre les implantations de nouveaux mâts. « L’opposition écologiste est vent debout contre cette décision », commente le journal. « Ça va souffler, ce jeudi, à la commission permanente du conseil régional », tente-t-il, même, audacieusement. Effectivement, les noms d’oiseaux ont fusé lors du débat qui fut houleux : « Trumpiste, climatosceptique, clientéliste ». L’article présente cet épisode de vie démocratique régionale comme un affrontement Gauche-Droite. Le résultat du vote – approbation par la majorité LR, RN – semble lui donner raison. Mais le positionnement des partis politiques face à l’Eolien est sans doute beaucoup plus complexe que ne le suggère ce débat made in Hauts-de-France.

Le rapport de forces a évolué ces dernières années. Malgré l’effort de communication soutenu des industries du Vent, le doute s’est insinué, dans des pans entiers du paysage politique. Il y a désormais les partisans résolus du « tout nucléaire » : LR, RN mais aussi le PCF. Leur analyse est pragmatique. Le nucléaire produit du courant pas cher tandis que l’éolien qui coûte « un pognon de dingue » ne produit pas grand-chose. En plus, les habitants des campagnes défigurées n’en peuvent plus des nuisances des mâts éoliens et comme ils votent tous les cinq ans on ne peut complètement les ignorer. Le président Macron et LaREM, partisans du « en même temps » comptent  construire ces prochaines années, au moins 4 réacteurs de type EPR2 ainsi que de nombreux  SMR (petits réacteurs modulaires), tout en continuant à subventionner à fond le secteur éolien. Pour les Insoumis qui longtemps ont été proches de la position des Verts, exit les éoliennes terrestres mais vive les éoliennes en mer. Seuls EELV et le PS campent sur leurs positions historiques en faveur de l’éolien au détriment du nucléaire. Il en résulte que l’approche par le politique du problème de l’énergie éolienne est complexe et mouvante. 

Personnellement, devant le concert de louanges de la majorité des politiques et des médias, J’avais tendance à faire confiance à tous ces braves gens et me dire que les effets dévastateurs des éoliennes sur les paysages de la France étaient largement compensés par le fait que, puisque le Vent se substituait au Nucléaire, c’était bon pour la Planète. J’ai commencé à creuser sérieusement le problème lorsque, m’étant découvert électro-sensible, j’ai été informé d’un projet d’implantation d’une éolienne, à 500 mètres derrière une maison que je possède dans l’Oise. A force de potasser la question, j’ai retourné ma veste et j’ai changé de camp. Dans un rayon de 200 m autour d’un mât éolien, toute vie est impossible. Exit les insectes, les oiseaux, les rongeurs, les lapins. Ces animaux des plaines ne sont pas les seuls à être les victimes de ces inquiétantes machines. Ainsi, à Nozay (Loire-Atlantique), à proximité d’un champ éolien, 200 vaches en pleine forme décèdent subitement ! Rien à voir, selon les Opérateurs du secteur, avec l’implantation de leurs engins. Les fermiers, ruinés et malades, ont beaucoup de mal à se faire entendre auprès des tribunaux qui ont tendance à suivre le lobby du vent, textes de loi à l’appui. 

La raison évidente de cette hécatombe

est la distance minimale entre une éolienne et la première habitation. Selon la loi française, elle est de 500m (code de l’Environnement), alors qu’aux Etats-Unis elle est de deux kilomètres ! L’Assemblée nationale avait proposé un kilomètre, mais le Sénat, sous la pression du lobby éolien l’a réduite de moitié. La législation française est l’une des plus favorable à l’Eolien au détriment de la santé des gens. Ces éoliennes, trop proches des habitations, produisent des champs électromagnétiques (CEM) de basses fréquences comparables à ceux produits par les lignes à Haute-Tension et qui ont les mêmes effets mortifères sur les troupeaux environnants. 

Dans beaucoup de ces villages, trop proches des champs électromagnétiques, surgissent des problèmes de santé récurrents, inconnus auparavant : vertiges, céphalées, troubles du sommeil, épilepsie, etc. C’est la raison pour laquelle en Allemagne, dont la réglementation, sous l’autorité des Lander était très proche de celle de la France, le Gouvernement fédéral a promulgué, l’an dernier, une loi selon laquelle il sera interdit désormais d’implanter les mâts éoliens à moins d’un kilomètre des habitations. En France, le problème est nié. Lorsque les habitants et les élus d’un secteur menacé tentent un recours, ils sont mis en défaut par les Préfectures et les Tribunaux administratifs. On comprend pourquoi les riverains ressentent le besoin d’un soutien financier pour conforter leurs actions juridiques.  

Mais, que reprochent les habitants des campagnes de la région des Hauts-de-France à ces mâts décoratifs qui ornent la périphérie de leurs villages et tournent au gré du vent à l’instar des moulins de leurs ancêtres ? D’abord, la région des Hauts-de-France est un endroit spécial. Avec, 2049 mats installés et 635 dans les tuyaux, le parc ne représente pas loin de 30% de la production nationale française. Les départements de l’Oise et de la Somme, en Picardie, sont particulièrement impactés. Leurs paysages bucoliques sont devenus, en quelques années une zone industrielle, dédiée à cette déesse éco-phage qu’est devenue l’Electricité. 

C’est une de raisons pour lesquelles, l’an dernier, une dizaine d’associations de riverains de cette Région Hauts-de-France ont demandé la fin de l’”invasion” des éoliennes. « Nous avons besoin de lois et d’une réglementation en urgence afin de protéger nos foyers et notre environnement de ce que nous vivons comme une invasion ou un harcèlement », écrivaient-elles dans un communiqué. « Les projets se multiplient, encore et encore, et cela toujours sans aucune fin annoncée.Cette saturation, transforme nos campagnes en une centrale industrielle électrique géante, engendre inexorablement son cortège d’impacts sur la biodiversité, le patrimoine naturel, historique ou immobilier. » Ce communiqué résume les griefs des habitants de ces villages défigurés desHauts-de-France.

Les chasseurs et les défenseurs des animaux, pour une fois unis

condamnent les atteintes à la biodiversité qui raréfient la faune du secteur. L’impact visuel défavorable est regretté par tous, à l’exception des agriculteurs qui louent leurs terres aux Opérateurs du Vent et qui sont persuadés d’avoir fait « la bonne affaire ». Ce qui saute d’abord aux yeux des riverains c’est que leurs biens immobiliers subissent d’emblée une décote qui peut atteindre 30 %. En effet, les éoliennes sont un système de vases communicants. Les importants bénéfices qui tombent dans l’escarcelle des Promoteurs des Champs éoliens impliquent une soustraction des poches de villageois riverains par la dévaluation de leurs biens. 

Quant à l’action néfaste des Champs Electromagnétiques sur la santé des gens, personne n’en pipe mot. Ni les habitants, ni les Elus, ni la Préfecture, ni les Journalistes, ni même les Associations de défense contre les méfait de l’éolien ne semblent être au courant. Le problème n’existe, ni sur le champ politique, ni sur le champ médiatique. Dans ces conditions on pourrait se demander quelle mouche a piqué Xavier Bertrand le Président de la Région des Hauts-de-France, de prendre la tête de cette « Jacquerie » des habitants du Nord contre les grands groupes privés internationaux de l’Industrie du Vent. Il a même qualifié le système des éoliennes de « Scandale français ».

Ses adversaires ont une explication toute trouvée : il défend les chasseurs, adversaires déclarés de l’Eolien ! C’est un peu court ! Bien entendu, comme les habitants de la Région élisent leur président, il n’est pas exclu qu’il puisse avoir l’arrière-pensée de ne pas fâcher ses électeurs. Mais, les présidents de Région ont une raison impérieuse qui les conduit à se positionner contre le système éolien. Elle tient à son mode de financement. L’exploitant agricole qui loue ses terres reçoit 6000 euros par an et par éolienne : un véritable pactole, alors que le travail de la terre est beaucoup plus pénible et rapporte moins ! Il est persuadé d’avoir réussi un très bon coup ! Mais il y a un vice caché dans ce contrat juteux : c’est à lui qu’il reviendra la responsabilité de financer le démantèlement (de 500 000 à 700 000 euros, par mât). Bravo aux juristes français et communautaires ! Ce n’est pas vous et moi qui seriez capables d’imaginer des systèmes politico-financiers aussi farfelus ! Le résultat, c’est que ces agriculteurs, qui accueillent ces parcs éoliens, seront bien incapables d’honorer la facture ! Alors, qui paiera le démantèlement ? La Région ?

Je me suis amusé à calculer la note de Xavier Bertrand, ou de son successeur.  A un prix moyen de 600 000 euros pour les 2684 mâts existants (sans compter ceux à venir), on arrive à la coquette somme de 1 610 400 000 Euros. Bonjour les futurs impôts des Hauts-de-France et des autres régions ! Dans ces conditions, le plus vraisemblable c’est que personne ne paira cette facture pharaonique. Personne n’en aura les moyens ! Les Hauts-de-France et singulièrement la Picardie risqueront fort de se trouver dans la situation actuelle de la Californie où 12 000 éoliennes abandonnées rouillent, transformant la campagne en cimetière industriel. 

Mais, me direz-vous, les centrales nucléaires sont un danger mortifère pour l’environnement comme nous l’ont enseigné les deux dernières catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima. Il faut bien mettre en place une source d’énergie alternative ! Le problème, c’est que l’énergie éolienne n’a rien d’alternatif. Au mieux, c’est une solution d’appoint. Les éoliennes ne fonctionnent que lorsque le vent souffle. Pas de vent, pas de courant ! L’Eolien est une énergie intermittente qui ne fonctionne que pendant 25% du temps. Ainsi malgré toutes ses nuisances, la part de production d’électricité du secteur éolien ne représente que 7,9 % du « mix énergétique français ». 

Mais, ces mâts éoliens avec leurs pales tournant avec la seule force du vent ne serait-elle pas une énergie bon marché ? Pas du tout. L’association « Eolienne 60 », une des structures soutenues par la région des Hauts de-France a fait le calcul qu’entre 2011 et 2018 la filière du vent a reçu entre 72 et 90 milliards d’Euros de subvention. Bien plus que pour toutes les autres filières réunies ! Elle l’a écrit au Préfet et publié sur son site. Elle n’a jamais été démentie. Le Lobby des éoliennes, bien implanté dans les Assemblées, dans les couloirs des ministères de la France et auprès du Parlement de Bruxelles, connaît la manière de faire souffler le vent dans la bonne direction. La multiplication de ces parcs éoliens est un leurre dispendieux, une bombe à retardement, que l’on lègue sans états d’âme aux futures générations. 

Les éoliennes n’ont rien d’écolo.

Subventionnées à tous les échelons de la production, elles contribuent au renchérissement du prix des énergies. Elles sont inopérantes pour satisfaire la folie du « tout électrique » (chauffage, batteries de l’industrie automobiles de plus en plus puissantes, appareils connectés en tous genres). Quand on est concerné par les nuisances des ondes on est forcément sensibles aux outils de pollution par les CEM tels que l’Internet et la Téléphonie. Ils mobilisent à ce jour 10% de la consommation mondiale d’électricité.

On prévoit 20% dans 10 ans. Pour un électro-sensible c’est un peu rageant de voir que l’on développe en guise d’alternatives, de fausses solutions globalement inopérantes pour pallier le besoin croissant d’électricité. En outre, elles constituent une source de pollution supplémentaire pour les habitants des campagnes. Pendant ce temps, aucune consigne de prudence, de précaution ni de prévention n’est donnée par qui que ce soit. La nuit, une foule d’appareils qui ne servent à rien (y compris dans les entreprises et dans les administrations), continuent à user du courant et à produire des ondes préjudiciables à la santé du public, sans que quiconque ne s’en offusque. Un peu de sobriété ne serait pas inutile ! 

Le secteur éolien, toujours prêt à faire ce qu’il faut pour s’attirer les bonne grâces des partis politiques, des Assemblées, des Administrations, des riverains-ciblés et de la Presse a toujours de chauds partisans. Mais il en a moins qu’avant. Il s’étiole et son statut est fragile. Pour revenir à cette subvention du Conseil Régional des Hauts-de-France qui a suscité la polémique, on est dans le paradoxe. On dépense de l’argent public pour limiter les effets néfastes du secteur éolien qui vit sous perfusion avec le même argent public. Ainsi le contribuable est perdant trois fois : en subventionnant la construction de champs éoliens ; en payant hors de prix l’électricité du vent subventionnée et contournant les règles du marché…  et en finançant les actions en justice destinées à limiter les effets pervers du lobby du Vent.   

Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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