Les tonneliers de Mons

La bière à Mons-en-Baroeul 3/4

Histoire du patrimoine brassicole de la commune de Mons en Baroeul : les origines

 L’histoire de la bière, dans la commune est récente, au vu de très anciens documents qui y font référence (première recette connue, Babylone, 2001 av. J.-C). Pourtant nul ne connaît exactement ses origines. Un texte, mentionne l’existence d’une brasserie, en 1749 (le toit, vétuste, doit être remplacé). C’est l’époque d’Alexandrine de Brandt, seigneur de la communauté villageoise de Mons-en-Baroeul. Elle avait fait installer, route de Roubaix, des débits de boissons très lucratifs. Sous l’ancien régime, alors qu’à Lille la fabrication et la consommation d’alcool était strictement réglementée, à Mons, qui appartenait au Tournaisis, l’alcool coûtait tiers de prix. Au fil des ans, à mesure que croit la population, les cafés et estaminets se multiplient. Au début du XXe siècle leur liste est impressionnante. Certains d’entre-eux vendent la bière qu’ils fabriquent eux-mêmes. Il y a aussi quatre établissements industriels dont le plus connu est la Brasserie Coopérative de Mons. Fondée en 1903, elle n’est coopérative que de nom. En réalité elle est contrôlée par les époux Waymel qui, dès la fin des années 20, en font  la première brasserie de la région. En 1939, devenue officiellement société anonyme, elle prend le nom de Brasserie de Mons. Elle produit alors plus de 250 000 hl de bière par an.

Les tonneliers de Mons
Les tonneliers de Mons

Avant-guerre, le travail est beaucoup moins mécanisé qu’aujourd’hui. L’industrie brassicole génère beaucoup d’emplois dans ses ateliers. Il y a aussi, «  les Cartons », qui livrent particuliers et estaminets en véhicules hippomobiles ou camions électriques. Les tonneliers sont aussi très nombreux tout autour des usines. La bière fait vivre beaucoup de familles monsoises.

 L’histoire locale de la bière passe aussi par Lille. Juste avant la guerre de 14,  Louis Boucquey, possède une brasserie et une malterie, fondées par son grand-père. Il a le sens des affaires mais n’est pas un grand technicien de la bière. « C’était un businessman », commente Christian Deflandre. « La fabrication, dans sa brasserie, avait besoin d’être rationalisée. Il avait appelé Armand, mon grand-père, brasseur à Braine-le-Comte, en Belgique pour remettre les choses d’aplomb. » Cette collaboration va pleinement se concrétiser après guerre. L’occupant allemand s’est emparé du cuivre des cuves pour fabriquer ses munitions. Les dommages de guerre ne sont pas à la hauteur du préjudice commis. Ainsi Armand Deflandre et Louis Boucquey vont-ils regrouper leurs forces et s’associer avec Raoul Bonduel qui possède de nombreux estaminets et dépôts de boissons. En 1921, ils fondent la Brasserie du Pélican (du nom d’une danse à la mode).

 Pendant la guerre (1939 – 1945) tandis que la vaste Brasserie de Mons périclite, la Brasserie du Pélican, sous l’impulsion de Jean Deflandre (le fils d’Armand qui a pris sa succession), est à l’étroit dans son établissement lillois. Progressivement, la petite brasserie de Lille va prendre le contrôle du site de Mons. En 1970, elle possède 95 % du capital. Dans ce nouveau berceau, le Pélican fait sa mue. La production, va se moderniser, s’automatiser, se doter de machines performantes. La marque fait l’acquisition de plusieurs brasseries du Nord et du Pas-de-Calais. L’essentiel  de leur production et recentrée à Mons en Baroeul. En 1968, la brasserie produit 1 million d’hectolitres.

Alain Cadet

Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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