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Mons en Baroeul

Le 11 novembre

1918 – 2018 la cérémonie du centenaire

Le 11 novembre 1918, dans toutes les communes, du moins celles qui avaient encore des cloches – ce qui n’était pas le cas ici – le tocsin a retenti pour annoncer la fin de quatre années terribles de guerre. Si la mémoire flanche bien souvent, ce n’est pas le cas ici. Le square du Combattant, où se trouve le Monument aux morts de la commune s’est révélé presque trop petit pour contenir la foule. On n’avait pas connu ça depuis 1924, date de l’inauguration du Monument.

Pour chaque nom prononcé de soldat disparu on dépose une fleur devant le monument
Photo, Alain Cadet

Tout le monde était sur le pont : la Mairie, l’Association des Anciens Combattants, les écoles et collèges de la ville – Montaigne, Hélène Boucher, Guynemer, Provinces, Ronsard, Institution Lacordaire -, les sociétés de musique – Orchestre d’Harmonie, chorales Dominique Savio, du Haut de Mons et du Conservatoire -. Le programme musical particulièrement riche à mêler quelques morceaux de circonstances avec d’autres plus inattendus la « Neuvième Symphonie » de Beethoven avec chœur et orchestre.

Une foule nombreuse s’était rendue square du Combattant
Photo, Alain Cadet

Un vent d’émotion à soufflé sur cette succession de discours, de musique, de lecture des noms de toutes les victimes de la guerre. Pour chacun d’entre eux on a déposé une fleur. Francis Bossut, premier adjoint et la cheville ouvrière de cette cérémonie pouvait être satisfait. « C’est une très belle fin d’un cycle qui a commencé il y a quatre ans » a-t-il expliqué. « En 2014, nous avons rénové le monument aux morts à l’occasion de son 80e anniversaire ». Devant la présence massive des habitants il n’en revient pas.  « Je n’ai jamais connu cela en plusieurs décennies de participation », ajoute le maire, Rudy  Elegeest. « Chaque nom de disparus a été prononcé n’est pas seulement celui d’un soldat. C’était tous des habitants de la commune. Leurs voix ont résonné dans les rues des alentours, aux comptoirs des commerces, dans leur lieu de travail, dans l’intimité des foyers. Aujourd’hui, ils sont revenus chez eux, chez eux. » Les « J’espère que parmi ces enfants venus déposer une fleur à l’occasion de cette cérémonie du centenaire, certains d’entre eux reprendront le flambeau pour perpétuer le souvenir de nos anciens », conclut Francis Bossut

La chorale devant le monument
Photo, Alain Cadet

Les « onze novembre » du centenaire

La période 2014 – 2018 a permis un retour mémoriel sur ces années terribles que furent celles de la guerre 1914 – 1918. C’est ce qu’on a appelé la période du « centenaire ». Ces quatre derniers « onze novembre » ont donné lieu à des cérémonies mémorables.

Le 11 novembre 2014
Photo Alain Cadet

Pour organiser les cérémonies commémoratives, chacun a sa méthode. Celle de Francis Bossut, cheville ouvrière de ces dernières cérémonies, consiste à réunir tous les acteurs prêts à s’impliquer dans l’organisation de l’événement : ses collègues du conseil municipal, l’Association des anciens combattants, les écoles et leurs enseignants, les chorales et les sociétés de musique de même que les bonnes volontés de la société civile. 2018, donna lieu à une cérémonie exceptionnelle, mais les années précédentes on avait déjà pu voir de très belles choses. « Nous avons commencé ce cycle en 2014 avec la rénovation du « Monument » qui avait bien souffert », explique Francis Bossut.

L’inauguration du Monument en 1924

« Nous avions déjà mobilisé plusieurs chorales et orchestres ». 2018 fut le point d’orgue. Une foule considérable était venue. On a joué la Marseillaise mais aussi la Neuvième symphonie de Beethoven. La liste des morts, inscrite dans la pierre, et répartie dans les différentes écoles de la commune, a été le point de départ d’un travail de reconstitution du parcours de chacun de ces soldats « morts pour la France ». À partir de ces données, la commune a pu éditer une brochure distribuée dans les écoles et aux différents membres du comité d’organisation.

Francis Bossut, premier-adjoint au maire et cheville ouvrière de ces cérémonies mémorielles, avec la brochure du centenaire des cérémonies du 11 novembre
Photo, Alain Cadet

Chaque soldat, avec une courte biographie, figure dans cette publication. « Je voulais marquer le coup », poursuit Francis Bossut, «qu’il reste une trace du travail accompli. » Alors, tous ces efforts ont-ils un sens ? « Je le crois », répond l’adjoint au maire. « Bien sûr, il y a les gens de la génération de ceux qui ont connu la guerre et pour qui cette cérémonie du 11 novembre était un jour de communion nationale. Ensuite, il y a la génération de ceux qui les ont connus – ce qui est mon cas puisque mon grand-père maternel qui avait fait la guerre n’est mort qu’en 1976 – et puis il y a ceux qui suivent. Bien sûr, je sais qu’avec le temps, cela va s’estomper peu à peu, mais j’ai pu lire dans le regard de ces élèves déposant une fleur sur le monument à la lecture de chaque nom de disparu, une profonde implication. Cette cérémonie du 11 novembre est un moment où sont exprimées notre appartenance à la Nation et la continuité de la République. Elle a un sens profond. »

Le 11 novembre 2019, hommage à Marcel Pinchon « mort pour la France » en mai 1940
Photo, Alain Cadet

En 2019, changement de décor : froid, pluie et parapluies ! Mais un noyau d’irréductibles Monsois n’a pas hésité à affronter les éléments pour commémorer ce 101e anniversaire de l’armistice de la Grande guerre

Galerie

L’esquisse du projet de monument dans les années 1920
En 1924, on inaugure le monument
En 1945, Monsieur Cnudde, le directeur de l’école Rollin, toute proche est photographié, accompagné de ses élèves, par Madame Cnudde, institutrice dans la même école
Le 11 novembre 1951 devant le monument de Marcel Pinchon
Photo, Henri Prévost
En 2014, le monument est rénové
Photo, Alain Cadet
Un travail de poncage…
Mais également de réécriture
Photo Alain Cadet

Par Alain Cadet

Enseignant une quinzaine d’années et se réoriente vers la photographie puis la réalisation de films documentaires. Ayant connu toutes les évolutions techniques de la profession du cinéma 16 mm juste qu’à la vidéo haute définition, Alain Cadet finit par faire valoir ses droits à la retraite en tant que salarié. C’est un retraité très actif puisqu’il continue à faire des films dans le secteur privé.

Il écrit aussi désormais beaucoup pour des journaux locaux et surtout sa collaboration avec la presse écrite lui a permis de renouer avec la passion de sa jeunesse : la photographie !

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