Portraits croisés, le Pont du Lion d’Or, entre Lille (59000) et Mons-en-Barœul (59370)

La route de Lille à Roubaix passait par la commune de Mons-en-Barœul. Au début du XXe siècle, cette voie passante traversait un pont au-dessus de de la voie de chemin de fer qui menait à la gare de Lille. Aujourd’hui, le pont existe toujours mais les automobiles ont remplacé les charrettes à bras et les fiacres.

Cette image date du tout début du XXe siècle. Nous sommes à l’entrée du Pont du Lion d’Or. Son nom vient d’un ancien cabaret qui se trouvait là. Ce pont permet de franchir la voie de chemin de fer qui date de 1846 et qui reliait la Gare Centrale (actuellement Lille-Flandres) au reste de France… et à la Belgique. Le pont de la photo a été, comme tous les autres ponts de Lille, détruit, en octobre 1918, par l’armée allemande en déroute. C’est, à ce niveau de la ville que, dans les années 1850, se trouvait la gare provisoire de Lille. On l’appelait « le Débarcadère ». Dans ce temps où « le Grand Boulevard » n’était pas encore percé, cette route était le seul chemin pour aller de Lille à Roubaix. Côté Lille, on la nomme « rue du faubourg de Roubaix », tandis que, côté Mons-en-Barœul, on la désigne sous le nom de « Grande route de Roubaix ». La photo est prise côté Lille (c’est-à-dire sur le territoire de la ville de Lille, en regardant direction de Mons-en-Barœul). Les gens photographiés appartiennent à des couches différentes de la société avec des ouvriers, des ménagères, des commerçants, un bourgeois et un fonctionnaire (un douanier ou un policier). Tout près de cet endroit se trouvait le dépôt des tramways ou les locomotives étaient rechargées en vapeur pour pouvoir continuer le trajet. On voit parfaitement le rail qui relie Lille à la station terminus, située aux confins de la commune de Mons-en-Barœul. Le grand bâtiment, à gauche, c’est la « Maison maternelle Julia Bécour » qui se trouvait à l’extrémité lilloise de la voie. C’était un refuge pour les femmes abandonnées.

À notre époque contemporaine, le pont existe toujours. Il a même été agrandi ! Désormais, en plus de la voie de chemin de fer, il enjambe une rocade autoroutière qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing. Elle apporte dans la capitale des Flandres et sur ses voies de contournement une ribambelle d’automobiles et de camions. C’est un endroit à éviter si l’on ne souhaite pas respirer de gaz à particules ! Sa construction a été la Saint Barthélémy de la rue du Pont du Lion d’Or qui se trouvait là et de la maison maternelle Julia Bécour, qui a disparu. Paradoxalement, alors qu’en 1900 le grand boulevard Lille-Roubaix-Tourcoing n’existait pas encore et qu’il s’agissait d’une route principale, il y passait moins d’automobiles ou autres véhicules qu’aujourd’hui. Malgré son étroitesse, l’axe qui passe par l’ancienne route de Roubaix (désormais rue du général De Gaulle) est un endroit très couru entre Villeneuve-d’Ascq et Lille. Suivant les heures, de longues files de voitures s’y pressent, dans un sens, puis dans l’autre. Le trottoir a été élargi pour accueillir une voie piétonne, de chaque côté de la chaussée, et une piste cyclable, ce qui permet à quelques Monsois d’aller faire leurs courses dans le quartier Saint-Maurice, où se trouvent de nombreux commerces.

Post-scriptum :

À la suite de la publication de ces deux images, séparées par plus d’un siècle, des internautes se sont interrogés sur l’angle des deux prises de vue et se sont demandés comment il était bien possible qu’une gare ait pu se trouver dans cet endroit inhospitalier pour les piétons. Cette photographie du lieu, prise sous un autre angle, répond – mieux qu’un commentaire – à ces questions…

Il existe un sujet similaire sur le dépôt du Pont du Lion d’Or, situé à deux-cent mètres de cet endroit sur ce même blog :

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Alain Cadet, journaliste
Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !
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Un commentaire

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