Portraits croisés, le Square du Combattant à Mons-en-Barœul (59370)

Un peu avant la Grande guerre, nous sommes à l’angle de la Grande route de Roubaix (actuellement, rue du Général de Gaulle) et de la rue Rollin. C’est dans cette dernière avenue que se trouvait l’école publique des garçons. Au fond, on voit Saint-Pierre, l’église de la paroisse, érigée en 1844. L’époque est insouciante. Même si le tramway emprunte le parcours, le photographe a pris le temps d’agencer sa photo avec quatre personnages (deux ouvriers, un enfant et un bourgeois qui traversent la chaussée en rang), tandis qu’un cycliste et un douanier viennent compléter le tableau. Le bâtiment qui fait l’angle, c’est le bureau et la caserne des Douanes. Dans le coin, la douane, est une activité particulièrement florissante. La frontière avec la Belgique n’est pas loin, de même qu’un octroi aux portes de Lille qui n’a été supprimé qu’en 1943. Au XVIIIe siècle, tandis que Lille était sous la juridiction du roi de France, Mons-en-Barœul demeurait une enclave Tournaisienne de l’empire hispano-autrichien, de telle sorte que les taxes sur les alcools y étaient trois fois moins élevées qu’à Lille. Dans cette commune, véritable petit paradis fiscal, la fonction de douanier était de la plus grande importance.

Après la Guerre de 1914 – 1918 et ses millions de victimes, la commune est à la recherche d’un endroit pour y installer son « Monument aux morts », témoin de cette période de drames et de souffrances qu’elle vient de traverser. La caserne des douaniers vient d’être désaffectée. Cela tombe bien ! On va pouvoir la démolir, pour ériger en lieu et place, le « Monument ». Il sera inauguré le 24 août 1924. Au bout de la rue Rollin, on voit toujours la même église Saint-Pierre mais ce n’est plus le même bâtiment qu’au début des années 1910. L’église initiale qui tombait en ruines – peut-être à cause du souffle de l’explosion des Dix-Huit Ponts de 1916, survenue à quelques kilomètres de là – a été agrandie, avec une façade reconstruite à l’identique en 1931.

Si l’endroit est pourvu de tous les « passages cloutés » nécessaires, il n’est pas bon de s’y aventurer sans avoir pris beaucoup de précautions si on ne veut pas être renversé par les engins nombreux et variés qui y circulent à toute heure du jour.

Image par défaut
Alain Cadet, journaliste
Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !
Publications: 140

Vous pouvez écrire un commentaire