Bienvenue au « Musée des écoles de Lille »

A deux pas du Beffroi, dans l’ancienne école Ruault, on peut découvrir l’un des lieux le plus curieux de la ville : une salle de classe identique à celles qui avaient cours avant et après la Seconde Guerre mondiale.

Bienvenue au « Musée des écoles de Lille »

Dans l’aile nord de l’ancienne école Ruault-Récamier, est implanté le Musée des Ecoles

Dans une ancienne école de filles du quartier de l’Hôtel-de-Ville, l’école Ruault, s’est installé le Musée des écoles de Lille, qui, comme son nom l’indique, témoigne de la réalité scolaire passée de de la ville. Mais, les missions de son association-support vont bien au-delà…

Si l’on est pas prévenu, on peut passer devant, rue Frédéric Mottez, et ne pas le voir. Une simple plaque indique son existence. Bien entendu, l’imposante façade trahit l’usage scolaire de ce bâtiment, typique de la fin du XIXe siècle. Cette ancienne école Ruault-Récamier était l’école des filles de ce secteur du quartier Saint-Sauveur. Elle se composait de huit classes primaires avec, en plus, trois classes de « maternelle infantile » dites aussi « Petite Ecole ». Les écoles lilloises de l’époque se ressemblaient toutes. Elles étaient souvent l’œuvre de deux hommes : Alfred Mongy, le chef du service des travaux municipaux – qui s’illustrera ensuite dans les travaux du Grand Boulevard, au point de donner son nom au tramway qui le dessert – et  Alexandre Walare, architecte en cour à la Mairie. A cette période, la ville connaît un développement économique et démographique considérable. Les besoins en matière d’infrastructure scolaire suivent cette évolution. Aujourd’hui, l’endroit est en passe de devenir le lieu d’hébergement de la Police Municipale. Le Musée se trouve dans une partie de l’aile-nord du bâtiment. C’est un lieu unique à Lille et dans sa région. 

Dans la classe-musée 1930, Michel Bodin, le président de l’association, « le Denier de l’école laïque » se transforme en instituteur du temps jadis.

On y conserve les reliques et les souvenirs de plus d’un siècle d’activité scolaire. Les collections du « Musée de l’Ecole » sont impressionnantes. Pas moins de 5000 livres s’y trouvent, mais aussi les outils de toutes les époques : cartes de géographie, planches de sciences, projecteurs de diapositives, objets usuels de la classe (plumes, plumiers, encriers, ardoises) ainsi que de plus étonnants comme ces fusils qui servaient aux élèves à faire de « l’exercice » pendant la période qui a précédé la Première guerre mondiale ! Le « clou » du musée est sans conteste cette « classe 1930 », soigneusement reconstituée. Tout y est : le poêle au fond de la classe, les pupitres en bois, le tableau noir, l’estrade qui permet au maître de surplomber les élèves. Seul, le « bonnet d’âne » est caché dans le pupitre du maître pour ne pas effaroucher le visiteur. Cet endroit permet un véritable voyage dans le temps.  Les élèves découvrent tandis que les adultes redécouvrent la bonne vieille école du temps jadis. L’écolier d’un jour, après avoir enfilé sa blouse, peut, armé de sa plume « Sergent Major » s’adonner aux plaisirs de la calligraphie, avec pleins et déliés, et les doigts tachés d’encre violette dont il faut plusieurs jours pour s’en débarrasser. Lignes d’écriture pour les petits… ou dictée d’époque pour les grands sont un grand plaisir pour ces écoliers d’occasion, menés de « main de Maître » par l’un des animateurs experts de l’Association. 

Les nombreux visiteurs, français mais aussi étrangers, peuvent saisir cette occasion pour avoir des explications sur les rites scolaires d’antan où l’usage des matériels disparus. Cette immersion dans la « classe 1930 » est un moment ludique mais aussi un outil de réflexion sur l’Ecole et son évolution. 

La dictée du musée des écoles de Lille

Le musée a vingt ans !  

Vingt ans, c’est à la fois peu et beaucoup : pour la majorité des élèves qui s’assoient sur nos bancs, qui écarquillent leurs yeux devant nos vitrines, c’est de la préhistoire.  En revanche, pour les seniors de quatre-vingts ou quatre-vingt-cinq ans qui trempent leur porte-plume dans l’encrier, c’est la réminiscence de souvenirs et d’images gravés à jamais. Les décennies qui se sont succédé ne les ont pas effacés !

L’un se remémorera son maître, adepte des coups de règle sur les doigts, les menaces qu’il avait si souvent entendu proférer, mais aussi les bons conseils qui lui avaient été donnés ; un autre évoquera les effluves subtils que dégageaient la colle ou l’encre. Sans oublier l’émerveillement que suscitait la jolie boite d’aquarelle : ses pastilles rouges, bleu azur, orange égayaient es yeux de gamins habitués aux teintes ocre de leur masure. Quelles que soient ces évocations, nous garderons une tendresse infinie pour ces années lointaines.

Le Denier des écoles laïques de Lille

L’association porteuse de ce projet s’intitule : « Le Denier des écoles laïques de Lille » Elle a été fondée en 1879 et reconnue d’utilité publique en 1928. Le « Musée des Ecoles » a pu ouvrir ses portes dans l’école Récamier-Ruault en 1995. Il a pu bénéficier des collections et de l’expertise de l’un des membres de l’association, Jacques Naveaux, à la fois ancien enseignant du primaire et historien. L’action du « Denier » ne se limite pas à la gestion de la « Classe – musée ». Le « Civic tour », qui s’adresse aux élèves de CM2, permet aux classes lilloises de découvrir l’histoire de la ville et son architecture. Au programme : le centre-ville, le quartier de la gare et le Vieux-Lille. Avec « les Classes civiques urbaines » les élèves découvrent la ville, l’évolution de la scolarité, les archives municipales, la mairie, les autres musées, la vie des Lillois d’hier et d’aujourd’hui. 

Il existe encore bien d’autre activité à découvrir sur le site de l’association et sur Facebook.

Contacts :

Denier des Ecoles Laïques de Lille, ex-école Ruault, 2 rue Frédéric Mottez 59800 Lille / Mails : Asso, denier.ecole@free.fr ; Président, mbodinlille@yahoo.fr / Facebook : Musée des écoles de Lille / Tél : 03 20 52 33 15 ; 03 20 71 02 11 ; 06 64 44 53 02

Pour poursuivre la lecture :`

Histoire de l’école primaire, à Lille, selon Michel Bodin

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Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

Publications: 262

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