Michel Horlac’h 1939-2024, 59370

Michel Horlac’h 1939-2024, 59370

Michel, très connu dans sa commune d’adoption, Mons-en-Barœul, est décédé le 15 février 2024, à l’âge de 84 ans.

Michel Horlac’h est né en 1939. Avec un nom comme le sien, qui fleure bon la Bretagne, il n’avait pas forcément vocation à habiter la métropole lilloise. Il effectue ses études secondaires à Paris. Au début des année 1960, on le retrouve à l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims (promotion 1960 – 1964). Il fera le choix d’une carrière d’enseignant et sera pendant plus de trente ans professeur d’économie et gestion dans la ville voisine, au lycée d’Epernay. Au début des années 2000, à la retraite, pour des raisons familiales, il change de région et déménage à Mons-en-Barœul, dans le cœur du bourg historique. Ses qualités de gestionnaire ne vont pas être très longtemps inemployées. Il devient le trésorier très rigoureux de l’Ass’Haut de Mons qui regroupe les riverains du quartier. Il aura aussi un rôle très actif dans la section locale des Délégués Départementaux de l’Education Nationale. On pouvait le voir intervenir dans les écoles de la ville et chaque année travailler avec la Police Municipale à la réussite des journées consacrées à la Sécurité Routière en direction des classes primaires. Michel était un militant convaincu du Parti socialiste. Il n’y a jamais brigué la moindre fonction officielle mais sa voix était écoutée et respectée. Michel, a construit sa vie au service des autres en essayant de travailler à un monde qu’il voulait meilleur. Il a été l’un des premiers dans la commune à faire l’acquisition d’un véhicule électrique parce qu’il pensait que c’était bon pour la planète et pour lutter contre le réchauffement climatique. Parfois, il pestait parce qu’il avait beaucoup de mal à trouver des bornes de rechargement lorsqu’il se déplaçait. Tous les matins, il faisait le même itinéraire pour acheter son pain – toujours une baguette – et son journal chez le buraliste du supermarché voisin. Il lisait exclusivement « Le Monde » et n’appréciait guère les autres journaux, sauf lorsqu’on y parlait de lui. 

Il y a quelques années il s’était rendu à la SPA pour adopter un petit chien. La bête était farouche mais adorait son maître. Les promenades à pied étaient plus agréables… plus longues aussi. C’est ainsi qu’un voisin, Bruno Villalba, a eu l’idée d’écrire un livre « Michel et son petit chien » qui parlait de ces itinéraires monsois. C’est devenu un best-seller dans la rue du général de Gaulle, de telle sorte que ceux qui ne connaissaient pas Michel, le saluaient, car ils savaient que c’était lui le personnage du livre. Michel prenait ces hommages avec la modestie qui convenait. Il aimait discuter de tout, de l’enseignement, de la vie locale et bien sûr de la politique ! Il avait un humour froid et beaucoup de retenue. Michel ne ratait jamais une cérémonie patriotique. Il habitait tout près du monument aux Morts, mais ce n’était pas la principale raison de sa fidélité. Michel avait beaucoup d’amis et faisait l’unanimité dans tous les lieux où la vie l’avait mené. Ces derniers temps ont été plus difficiles. Il a perdu son petit chien. Sa santé s’était détériorée. Il avait du mal à respirer. Mais il faisait encore des projets. Il voulait adopter un autre petit chien et se faisait soigner les dents. La veille de sa mort, je l’ai croisé dans la petite rue qui mène de la rue du général-de-Gaulle à l’église. Lui, toujours partant pour de longues conversations sur tout et rien a continué sa route : « je ne m’arrête pas, je suis épuisé, j’ai le cœur qui s’emballe, j’ai hâte de rentrer à la maison. » Le lendemain après-midi, en revenant de chez son dentiste qu’il s’est écroulé à quelques pas de chez lui. Les Secours n’ont pas pu le ranimer. Il n’y aura pas de cérémonie en son honneur car Michel avait décidé de donner son corps à la Science.

Michel et son petit chien, rue Franklin, en janvier 2021
La promotion 1960 – 1964 de l’Ecole supérieure de Commerce de Reims où figure Michel
Michel et l’une de ses classes du lycée Godard Roger, d’Epernay

Michel et Itigo, son petit chien ont été les héros d’un livre

Michel et son petit chien

Alain Cadet, journaliste
Alain Cadet, journaliste

Il a débuté dans la vie professionnelle comme enseignant. Après avoir coché la case du métier de photographe, il s’est orienté vers la réalisation de films documentaires, activité qui a rempli l’essentiel de sa carrière. Arrivé à la retraite, il a fait quelques films… mais pas beaucoup ! Les producteurs craignent toujours que, passé 60 ans, le réalisateur ait la mauvaise idée de leur faire un infarctus, ce qui leur ferait perdre beaucoup d’argent ! La suite a montré qu’ils se sont peut-être montrés un peu trop frileux, mais cela fait partie du passé. C’est ainsi que l’ancien réalisateur – un peu photographe, sur les bords – s’est mis à collaborer avec différents journaux. Il a aussi écrit des livres sur la guerre de 1914 – 1918 où l’image a une place importante. C’est ainsi que dans ce blog, on trouvera beaucoup d’articles sur des peintres ou des photographes anciens ou contemporains, des textes relatifs aux deux guerres, mais aussi des articles opportunistes sur différents événements. Comme les moyens du bord sont très limités, cela a obligé l’auteur à se remettre à la photographie – sa passion de jeunesse – pour illustrer ses textes. Il ne s’en plaint pas !

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Un commentaire

  1. Michel était quelqu’un de profondément gentil avec un sacré caractère, j’ai eu le plaisir de faire sa connaissance alors qu’il animait l’équipe de volley senior de Mons. Il ne lâchait rien et quelle joie de voir un homme de son âge avec ce sourire malicieux quand il mettait un petit coup bien placé derrière le filet.
    Merci pour ces bons moments.
    ♥️

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