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Portraits croisés : Le tramway du Trocadéro, 59370, (1905-2023)

Le tramway du Trocadéro

Le quartier du Trocadéro doit son nom à un café

qui barrait la route de Roubaix (actuellement rue du général de Gaulle). On le voit très bien, en arrière-plan, sur la photo. La route faisait un coude pour contourner l’édifice. Le Trocadéro faisait office de relais de poste, de guinguette, de halte pour les voyageurs depuis des lustres. C’était une véritable institution pour la petite commune de Mons-en-Barœul. En 1880, le Département décide de prolonger la ligne de tramway (Ligne F) qui va de la Grand-Place de Lille à la station du Pont du Lion d’Or, jusqu’à la Grand-Place de Roubaix. La route de Roubaix devient, de facto, l’itinéraire de ce tramway. Cette cohabitation avec les charrettes hippomobiles et fiacres, parfaitement illustrée par la photo du début du XXe siècle, est l’occasion d’une grande polémique.

Le tramway – à vapeur – déclenche la fronde du « lobby » des Cochers de fiacres.

Il a l’oreille de beaucoup d’élus municipaux, à Lille comme dans sa banlieue. Dans ce combat contre la vapeur, le maire de Mons-en-Barœul de l’époque, Alexandre Delemar, charron de son état, va particulièrement s’illustrer en freinant des quatre fers contre cette invention diabolique qu’est la locomotive. Selon lui, « Ces machines bruyantes avec leur panache de fumée risquent de faire emballer les chevaux provoquant ainsi une série incontrôlable d’accidents hippomobiles. » La Compagnie des tramways du Nord gagne le bras de fer qui l’oppose au cartel des élus et des cochers de fiacres. Comme pour narguer le maire, le tramway traverse désormais la commune de Mons-en-Barœul, de part en part. Pire, en 1903, la ligne sera électrifiée, ce qui va contribuer à son succès. Au début des années 1900, ce quartier du Trocadéro mêle, l’habitat traditionnel, les commerces et quelques belles maisons bourgeoises, très récemment construites

En 1956, le tramway F est supprimé

En 1956, le tramway F est supprimé.

On le remplace par l’autobus. On va faire disparaître rails et pavés en coulant tout simplement une couche d’enrobé superposée à la chaussée et sa voie ferroviaire. En août 2023, à l’occasion de travaux de rénovation du secteur, les rails disparus vont  réapparaître : un travail d’archéologie, d’une certaine manière. La rue du général de Gaulle reste dominée par l’habitat ancien. On compte encore quelques commerces : une pharmacie et un tabac-marchand-de- journaux qui, s’il a changé légèrement de place, est implanté là depuis des lustres. Dans les années 1950-1970 il comptait dans sa clientèle Maurice Dagbert, le plus grand calculateur prodige de tous les temps.

Le café du Trocadéro a été démoli dans les années 1960 pour faire place à une ZUP. 

La Manivelle le plus grand immeuble de ce nouveau quartier, construit à sa place a lui-même été détruit par implosion dans les années 1980. La Brasserie Coopérative de Mons inaugurée en 1905, à l’époque de la photographie noir et blanc, perdure sous une autre forme. On distingue sa cheminée jaune et contemporaine à l’extrémité de la rue. Elle bat désormais le pavillon Heineken. Le quartier du Trocadéro, entre modernité et tradition, poursuit sa mue.

Remerciements : Merci au mystérieux lanceur d’alerte qui m’a fourni les arguments et les photos clé en main

BONUS :

La galerie photo des Monsois :

Le tramway du Trocadéro
Le tramway du Trocadéro
Le tramway du Trocadéro

La ligne « F » en chiffres :

RéseauTramway de Lille
Histoire
Suppression15 juillet 1956
ExploitantTELB, CGIT
Infrastructure
Ecartement des railsstandard : 1435 mm

Histoire de la ligne :

Il était une fois le tramway, entre Lille (59000) et Roubaix (59100)

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